AccueilImmobilierLes promoteurs immobiliers craignent "un véritable désastre industriel"

Les promoteurs immobiliers craignent "un véritable désastre industriel"

Les promoteurs immobiliers français, après une chute de 28 % de leurs ventes en 2012, craignent que la crise se poursuive dans les années à venir comme au milieu de la dernière décennie du siècle dernier. "Le risque est grand de voir le secteur subir un véritable désastre industriel et social", a déclaré François Payelle, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
Les promoteurs immobiliers craignent

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Les ventes de 2012, avec 73 700 unités, sont en recul de 28 % sur un an et atteignent "leur plus bas niveau depuis 1996", a souligné le président de la FPI, qui évoque "de grosses inquiétudes de ne pas voir la courbe s'inverser" au cours des prochaines années. Après avoir atteint un record de 180 000 à la fin des années 70, les ventes avaient plongé à 62 280 en 1992 et à 62 882 en 1995 lors d'une crise financière mondiale en provenance d'Asie. Les raisons de l'atonie du marché sont, pour les promoteurs, toujours les mêmes: manque de mise à disposition du foncier public, malgré le vote d'une loi récente; une fiscalité qui décourage les propriétaires privés de vendre leurs terrains constructibles; des critères d'octroi de prêts immobiliers "durcis" par les banques et une envolée des prix, en raison d'une accumulation de nouvelles normes techniques, malgré une relative stagnation en 2012 (+0,9 %).

"La Ligne Maginot des 70 000 ventes"

Pour 2013, M. Payelle, se disant "extrêmement prudent", affirme que les promoteurs vont "essayer de résister sur la « ligne Maginot » des 70 000 ventes" à condition que le dispositif fiscal "Duflot", qui a remplacé le "Scellier" en début d'année, "donne toute son efficacité" avec les 40 000 ventes prévues. Mais le début de l'année, avec un mois de janvier "très mou" selon le président de la FPI, fait craindre le pire pour le secteur des ventes aux investisseurs qui achètent des logements neufs pour les louer. Surtout qu'"il y a encore des incertitudes sur la façon dons le dispositif va être accueilli par les investisseurs potentiels", estime Michel Mouillart, professeur à l'Université Paris-Ouest et expert du secteur. Mais les promoteurs espèrent que les pouvoirs publics convaincront les investisseurs institutionnels, banques et assurances, de revenir sur le secteur du logement, dont ils se sont continuellement désengagés depuis 30 ans. "Si on consacrait chaque année au logement, pendant 5 ans, 1 % de l'encours de l'assurance-vie qui avoisine les 1 400 milliards, cela permettrait une production supplémentaire de 40 000 logements par an en accession à la propriété, soit 200 000 en cinq ans", affirme M. Payelle.

Les assureurs ne sont pas d'accord. "Le logement, pour des raisons qui tiennent notamment au coût du foncier dans les zones tendues, a un rendement faible, autour de 2,5%. Ce taux ne correspond pas à l'attente des épargnants", avait expliqué, la semaine dernière, Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). "Malgré les mesures publiques destinées à freiner leur hausse, les prix de l'immobilier en France se maintiendront à un niveau élevé, dans le neuf comme dans l'ancien", estime, dans une étude intitulée "Maintien des prix de l'immobilier à un niveau élevé", le cabinet Xerfi. Pour Xerfi, le faible niveau des mises en chantier "loin de l'objectif du gouvernement de 500 000 logements ne permettra pas de combler le déficit structurel de logements et contribuera à limiter les baisses de prix". Aussi, M. Mouillart pronostique pour 2013 un nombre de mises en chantier autour de 282 000 contre 304 200 en 2012.

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