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Les petits patrons présentent un livre blanc pour les Municipales à Paris

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

Les petits patrons présentent un livre blanc pour les Municipales à Paris
@ DR - Frédéric Dabi et Bernard Cohen-Hadad.

« Des entrepreneurs dans la cité », tel est le portrait que dresse Bernard Cohen-Hadad des dirigeants de TPE et PME qu'il représente à la CPME Paris Île-de-France, des entrepreneurs concernés en première ligne par de nombreuses problématiques sociales qui dépassent la simple sphère économique. Aussi souhaitent-ils faire entendre leur voix dans la campagne des Municipales de Paris.

Alors qu'ils ne sont pas satisfaits par l'offre électorale, c'est un quasi-programme davantage que des propositions qu'ils énoncent au sein d'un livre blanc. « Qui n'a pas rêvé, en flânant sur le boulevard des villes, d'un monde qui, au lieu de commencer avec la parole, débuterait avec les intentions ? » se plaît Bernard Cohen-Hadad à citer René Char.

Retour sur enquête

En amont de la rédaction de ce livre blanc, la CPME avait réalisé avec l'Ifop une enquête auprès des patrons des entreprises employant plus de 10 salariés. à l'aube de la campagne, les résultats ayant été collectés entre les 10 et 20 septembre, les petits dirigeants renvoyaient une bonne image de la ville de Paris, vue dynamique et moderne, attractive notamment pour les services. Frédéric Dabi de l'institut de sondage souligne toutefois certains contrastes. Ainsi, si sont mis en avant de nombreux points positifs comme le nombre d'espace de coworking, l'offre de transports publics, et s'ils portent un regard moins critique que la moyenne sur les questions de sécurité, les petits patrons dénoncent les problèmes liés à la propreté, au logement, au stationnement et à la circulation. Alors qu'il s'agit plutôt d'un électorat de droite, ils sont néanmoins une bonne moitié à se dire satisfait du premier mandat d'Anne Hidalgo, mais seulement 2 % à en être très satisfait. En septembre, ils étaient quatre sur dix à ne pas savoir pour quels candidats se positionner. Sondage trop loin des élections ou inadéquation des programmes avec leurs aspirations ? Toujours est-il que les petits patrons semblent convaincus que le maire de Paris possède un véritable potentiel d'action, d'où le livre blanc que la CPME porte auprès des candidats en leur nom. Ce « quasi-programme » de la CPME s'articule autour de six grands thèmes qui, comme annoncés, dépassent largement les pures priorités économiques d'un chef d'entreprise.

Repenser les relations avec les Pouvoirs publics

Le livre dresse sur cette première thématique le constat suivant. « La prise de décision à l'échelle de Paris est perçue et vécue comme unilatérale et verticale. Le dialogue est rare et n'implique que très rarement, ensemble, les acteurs économiques et sociaux qui connaissent et vivent les réalités du terrain ». Aussi la plaquette affiche-t-elle comme proposition phare la mise en place d'une sorte de CESE, « un conseil économique et social à l'échelle de la mairie de Paris pour fluidifier et renforcer la communication entre les différents acteurs publics, privés et citoyens ». Il est même proposé que cette instance soit déclinée au niveau de chaque arrondissement. Elle pourrait également avoir une fonction de médiateur en cas de litige.

Accompagner le développement de l'activité

« L'économie parisienne, c'est 99,8 % de TPE-PME ». Autour de cette thématique qui les concerne directement, les petits patrons de la CPME ont pour priorité la mise en place d'un “Parisian Small Business Act” qui « facilite l'accès des TPE-PME aux marchés publics de la ville de Paris en augmentant la part de la commande qui leur est réservée, en nombre comme en valeur ». La CPME propose aussi des mesures de plafonnement des loyers des baux commerciaux dans certains quartiers, d'étendre les zones touristiques internationales à tout Paris pour les rendre plus accessibles aux TPE-PME (elles concernent actuellement des quartiers dont les prix du logement sont dissuasifs pour ces entreprises), ou encore de mettre l'accent sur le développement d'une “industrie 4.0” (propre autour du numérique) « source d'inclusion sociale et créatrice d'emploi », précise Bernard Cohen-Hadad.

Faciliter le trajet domicile-travail

La contrainte du trajet domicile-travail fait aussi l'objet d'une section du livre blanc, sujet naturellement connexe à celui du logement. « Pour l'attribution des logements sociaux, notre priorité est de mettre au point une grille de cotation dédiée aux employés des métiers en tension et en horaires décalés et leur réserver un logement social sur quatre, à l'instar de la réserve mise en place par la Mairie de Paris pour les agents de la collectivité », affirme la CPME avant de formuler d'autre proposition comme « faire du temps de trajet domicile-travail un critère dans l'attribution des logements sociaux ».

Créer les conditions d'une qualité de vie durable

Ce chapitre s'articule autour de trois grands thèmes : pollution, propreté, sécurité. Comme ailleurs, une priorité est affichée : « Etendre largement le plan “éco-rénovons Paris” qui subventionne la réalisation d'audits énergétiques et encourage les rénovations ». En la matière, les entrepreneurs semblent avoir besoin d'une aide particulière. Par exemple, un commerçant qui n'optimise pas ses déperditions de chaleur avec les portes d'accès à sa boutique. Il est également proposé de déléguer les pouvoirs de propreté aux maires d'arrondissement pour une action plus adaptée aux besoins locaux et de créer une vraie police municipale de proximité rattachée aux maires d'arrondissement, de développer l'ilotage dans tous les quartiers, de renforcer les patrouilles et de disposer d'un maillage étroit de vidéo protection dans les zones sensibles. L'idée est de combattre autant l'insécurité que le sentiment d'insécurité qui, même s'il n'épouse pas forcément la réalité, existe bel et bien. Enfin, on notera l'idée d'expérimenter l'installation de radars sonores sur les grands axes de circulation pour évaluer la pollution sonore

Devenir plus mobiles avec moins de voitures

Tout en reconnaissant l'urgence écologique qui est aussi sanitaire, la CPME appelle à introduire plus de souplesse et à sortir d'un régime de sanction et de contrainte systématique. Sa priorité est ainsi formulée : « installer un péage urbain diurne (8h-20h) autour de Paris avec une tarification différenciée suivant la taille du véhicule et son émission de CO2, ainsi que la gratuité partielle ou intégrale pour certains publics – PMR, professionnels du transport, véhicules indispensables pour lesquels il n'existe pas encore d'alternative propre (bétonnières, pelleteuse, goudronneuse, etc.) ». Bernard Cohen-Hadad souligne d'ailleurs que les véhicules propres promus par la Mairie ne sont pas forcément compatibles avec les contraintes des entrepreneurs. Ainsi, les voitures électriques ont-elles une autonomie trop faible et un temps de charge trop long pour qui tourne de client en client.

Favoriser un tourisme durable

Alors que la ville lumière a accueilli un nombre record de 38 millions de personnes en 2018, la CPME veut attirer l'attention sur les répercussions qu'a le tourisme sur la pollution et les transports, notamment par autocar, et sur le logement avec des offres comme celle d'AirBnB. Elle propose en premier chef de « limiter la location meublée touristique saisonnière à 60 jours par an pour les particuliers, renforcer la surveillance et le contrôle des plateformes de location et durcir les sanctions contre les locataires en infraction ». Pour le reste, elle imagine par exemple d'« interdire les autocars de tourisme dans tout Paris et mettre en place des navettes pour relier la périphérie de Paris aux sites touristiques majeurs », et développer des réseaux secondaires, en mettant en avant le fluvial notamment.

Un livre blanc, et après ?

Bernard Cohen-Hadad attend des candidats « écoute et respect » et s'interroge sur la pertinence d'organiser un débat avec ceux-ci au sein de la CPME, des débats qui, d'après son expérience, tournent davantage à la « promo » qu'à l'échange : « Je ne veux pas tomber dans le meeting qui ne dira rien sur nos propositions ». Il s'est même posé la question de candidater lui-même avant de constater avec humilité qu'il ne « sait pas faire » : « je sais aussi ce que je perds en laissant ma boîte ». La problématique reste d'« avoir accès au débat ». La CPME attend ainsi de voir ce qu'il y aura derrière les premières réactions au livre blanc, comme ce tweet de Benjamin Griveaux (voir ci-dessous) et annonce qu'elle se prononcera en faveur d'un ou plusieurs candidats, encourageant les petits entrepreneurs à rejoindre les listes candidates.




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