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Les médiateurs, du lien social contre l'insécurité dans les transports

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Ni bombe lacrymogène ni carnet d'amendes : avec pour seule arme la parole, la centaine de médiateurs qui sillonnent les lignes du RER et des trains de banlieue parisienne tentent d'empêcher les incivilités et d'apaiser les tensions.

"Bonjour Madame. Faites très attention à votre tablette, il peut y avoir des vols". Très poliment, d'une voix douce, Goma Damasco, chef d'une équipe qui déambule dans le RER B, dans la banlieue nord de Paris, alerte une voyageuse sur les tentations qu'elle suscite en sortant sa tablette tactile dernier cri. Il demande à un autre de retirer ses pieds de la banquette, immédiatement obéi.

A l'heure où près de la moitié des Franciliens déclarent avoir peur dans les transports en commun, selon une enquête récente publiée par l'institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France, et cela alors que les chiffres de la délinquance sont en baisse, le rôle des médiateurs est de rassurer, par leur présence, les usagers. Ils dissuadent voleurs, mendiants et resquilleurs. Ils œuvrent aussi pour la ponctualité des trains en luttant contre les signaux d'alarme abusifs et les tentatives d'empêcher la fermeture des portes. En Île-de-France, 126 médiateurs de Promévil (Promotion des métiers de la ville) parcourent huit tronçons de lignes, empruntant plus de 5 200 trains par mois. Cette association, qui emploie des personnes en insertion, a été créée après les émeutes urbaines à Chanteloup-les-vignes (Yvelines) au début des années 90, pour adoucir le climat.

Pieds sur les banquettes, cigarette au bec ou musique écoutée à plein régime: voilà le genre de comportements discourtois que traquent du lundi au samedi, de 7h à 22h30, des médiateurs dont une partie est issue de quartiers sensibles. "Le sentiment d'insécurité, c'est très subjectif. Un endroit sombre, une porte mal fermée... Certaines personnes vont considérer comme inquiétant ce qui ne l'est pas pour d'autres", commente Bénédicte Tilloy, directrice générale de Transilien. "Les médiateurs savent très bien le traiter en se mettant au niveau des usagers", estime-t-elle.

"Je connais une grande partie des usagers", témoigne Wilfried Gavarin, 26 ans, originaire de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui travaille dans les trains et sur des gares du RER B, en banlieue nord de Paris. En fonction de la clientèle, le jeune homme "adapte (son) langage et ça se passe très bien", explique-t-il, confiant parfois croiser ses "petits frères", ses "parents" ou d'"anciens amis" dans le RER. Selon son chef d'équipe, "parmi les usagers, les plus vulnérables sont les personnes âgées". "Le fait de nous voir leur apporte une certaine sérénité", décrit M. Damasco, qui porte un blouson bordeaux indiquant sa fonction. "Avant qu'on s'installe sur la ligne, la peur était palpable mais nous avons réduit les incivilités, l'insécurité", assure-t-il.

Selon Robert Lababsa, responsable "tranquillité" sur la ligne B, les vols -essentiellement de portables- ont diminué de 25 % entre la période de janvier à mai 2011 et la période de janvier à mai 2012. Cet apaisement a été salué par SNCF Transilien qui a proposé aux douze meilleurs médiateurs un "parcours passerelle" d'un an vers le métier d'agent SNCF. L'un d'eux, Philippe Noirot, 51 ans, est fier d'avoir participé à "humaniser" les transports. Il en est sûr, "la ligne B avait besoin de lien social".




Jean-Paul VIART
Journaliste

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