AccueilEntrepriseVie des entreprisesLes indépendants alertent l'Etat sur le risque de faillite des TPE

Les indépendants alertent l'Etat sur le risque de faillite des TPE

Dans le prolongement de l'allocution d'Emmanuel Macron, Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI), analyse la situation vécue sur le terrain par les artisans, commerçants, libéraux et dirigeants de TPE. Au constat que 77 % des TPE déclaraient être en impasse de trésorerie à deux mois selon la dernière enquête du SDI, l'angoisse du lendemain est forte en l'absence de visibilité à ce stade sur une échéance claire et précise de déconfinement.
Les indépendants alertent l'Etat sur le risque de faillite des TPE
@ DR

EntrepriseVie des entreprises Publié le ,

Selon le SDI, les aides et soutiens, d'abord souvent complexes, seront loin de suffire au maintien de notre tissu de 2,1 millions d'entreprises artisanales et commerciales, et notamment parmi les cafés et restaurants chez qui la situation de crise est encore plus marquée.

Le syndicat explique pourquoi la situation est grave et que « Nos TPE ont besoin de mesures simples et rapides, et de messages clairs, sinon c'est FAILLITE ! ».

Des incertitudes sources d'anxiété majeure

L'intervention du Président de la République a permis de fixer une perspective quant à la durée de fermeture des établissements recevant du public. Nous savons désormais qu'aucune réouverture ne sera possible d'ici au 11 mai, voire plus « si nécessaire ». Les cafés et restaurants restent pour leur part dans la plus grande expectative, leur réouverture n'ayant aucun terme défini, même approximatif.
Ces incertitudes sont sources d'une grande anxiété pour les 75 % d'unités commerciales et artisanales fermées de droit ou de fait selon la dernière enquête du SDI.

Des conditions d'accès au fonds de solidarité plus drastiques qu'annoncé

Avec une évolution quasi hebdomadaire des conditions d'accès au fonds de solidarité, les critères deviennent de plus en plus complexes et découragent nombre d'entre eux.
Sont aussi pointés du doigt les « petites lignes » telle que le cumul des bénéfices, de la rémunération du dirigeant, mais aussi de ses charges sociales, non mentionnées à l'origine pour le calcul du plafond des 60 000 €. Ces modalités laissent sur le bord de la route un grand nombre d'entreprises lesquelles, en cascade, n'ont droit ni à la phase 1 ni à la phase 2 du fonds de solidarité.
L'exclusion des professionnels en cumul emploi-retraite malgré la perception de faibles pensions (700 € à 800 €) relève une autre anomalie des conditions d'accès au fonds.
Enfin, nul ne comprend pourquoi des fonds à destination de l'entreprise devraient être soumis à condition de revenus (rémunérations, pensions, indemnités journalières) perçues par le dit gérant.

Une concurrence vécue comme déloyale de la part de la grande distribution

Tandis que nos commerces sont obligatoirement fermés, des filières entières (équipement de la personne, fleuristes,...) dénoncent la vente libre de ces produits dans les grandes surfaces, sans omettre les ventes du e-commerce. Alors que nos commerces sont à l'arrêt, nos concurrents les plus féroces restent en activité.

Un chômage partiel qui tarde à venir

A ce stade, aucun des professionnels indépendants interrogés par le SDI n'a encore reçu le remboursement des sommes avancées au titre du chômage partiel, quelle que soit la date de déclaration ou d'acceptation par les Direccte.
Nul ne sait d'ailleurs quelles directives seront données à terme pour un maintien ou non du dispositif en période de reprise, nécessairement lente, de l'activité à terme. Pour le SDI (syndicat des indépendants) cette prise en charge du chômage partielle devrait durer au minimum au moins jusqu'à la fin du mois de mai pour les TPE qui reprendront le 11 mai.

Des filières entières dans le flou le plus total

Par ailleurs, Les cafés et restaurants n'ont à ce stade aucune visibilité sur une date de reprise : comment, dans ces circonstances, répondre aux exigences bancaires de plan de trésorerie pour l'obtention d'un PGE ?

L'impérieuse nécessité de messages forts et clairs : l'abandon des créances sociales et fiscales

La solution du « cas par cas » prônée par Bruno Le Maire pour la suppression des charges ne répond en rien aux attentes des professionnels indépendants et responsables de TPE. Le seul moyen de rassurer les professionnels et d'éviter une vague de dépôts de bilan faute de perspectives est d'assurer dès maintenant de l'abandon des créances sociales et fiscales pour nos TPE, notamment pour la filière des cafés et restaurants.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 23 septembre 2022

Journal du23 septembre 2022

Journal du 16 septembre 2022

Journal du16 septembre 2022

Journal du 09 septembre 2022

Journal du09 septembre 2022

Journal du 02 septembre 2022

Journal du02 septembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?