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Les femmes du Medef mobilisées pour la parité

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Les femmes du Medef mobilisées pour la parité
© DR - Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie

Comment faire avancer la place des femmes en entreprise ? Quelles sont les actions qui peuvent être menées pour faire évoluer les mentalités ? Quel rôle peuvent jouer les réseaux féminins ? Autant de questions abordées lors du colloque de rentrée inédit du réseau Femmes du Medef. Entre la récente célébration des 10 ans de la loi Copé-Zimmermann consacrant un seuil de femmes dans les conseils d'administration et la journée mondiale des droits des femmes qui approche, ce débat d'actualité soutenu par l'exécutif a été suivi en ligne par plus de 1000 personnes.

Invitée d'honneur de ce webinaire, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie, commence par faire le constat que la France compte moins de 20 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction des entreprises, a seulement 30 % d'effectif féminin dans l'industrie, et déplore toujours 20 % d'écart de salaire entre les genres à fonctions égales.

Compétitivité et équité social

« Or, nous savons tous que la diversité hommes-femmes en entreprise augmente la performance », déclare la ministre déterminée à faire évoluer les choses sur ce sujet crucial qui « réunit dans un même combat les enjeux de compétitivité et d'équité social ».

Une vision partagée par Dominique Carlac'h, vice-présidente et porte-parole du Medef, qui confie avoir réellement pris conscience du problème lors des dernières élections du Medef auxquelles elle était la seule candidate. Sidérée par des remarques misogynes désobligeantes, elle avait alors pointé la « véritable carence » et le « réel manque de représentation des femmes dans nos instances et nos mandats » avant de lancer le réseau Femmes du Medef début 2019 qui a, dès le mois de juin, avec l'appui de Geoffroy Roux de Bézieux, nouvellement élu, voté une charte pour la mixité du syndicat patronal. C'est avec vigueur qu'elle défend la puissance des réseaux professionnels pour mettre en avant la parité.

Une problématique prise au sérieux par l'exécutif qui a d'ailleurs mis en place un conseil parité pour augmenter la part des femmes dans l'industrie suivant 3 actions principales :

  • travaille sur une charte pour la représentation mixte des jouets pour enfants afin de lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge ;
  • lancement du FrenchFabTour pour booster l'orientation des adolescents, notamment pour les stages de 3e et les visites d'entreprises ;
  • prise de positions sur l'évolution professionnelle notamment sur le congé paternité et les instances dirigeantes.

« L'idée est de porter l'étendard pour faire partager les bonnes pratiques sur la parité en entreprise », déclare Agnès Pannier-Runacher, d'accord sur l'importance du rôle de relai qu'ont les réseaux en la matière.

Natacha Quester-Séméon, porte-parole du mouvement #JamaisSansElles, en est le parfait exemple. « Aujourd'hui les choses commencent à changer car nous prenons conscience de nos biais et le manque de visibilité des femmes est devenu un vrai sujet », estime l'entrepreneure à l'initiative de la charte JamaisSansElles dont les 500 hommes signataires se sont engagés à ne pas participer à des événements professionnels si aucune femme n'appartient au panel d'experts.

Besoin d'initiatives opérationnelles

Son engagement est devenu viral. C'est même « le 4e hashtag marquant lancé par un mouvement collectif depuis 2015 en France », se réjouit-elle en appelant à multiplier les actions concrètes comme la sienne.

« Une véritable transformation est nécessaire dès l'école pour effacer les biais et stéréotypes », dénonce cette dernière en déplorant qu'il n'y ait que peu de femmes au sein du Conseil scientifique Covid-19 et qu'on retrouve toujours des hommes en Une des magazines sur « le monde de demain ».

Des hommes qui pourtant « souhaitent aussi sortir du piège du virilisme ». Un point de vue partagé par Carlo Purassanta, président de Microsoft France et premier dirigeant signataire de la Charte JamaisSansElles qui a ensuite signer un document interne pour élargir les effets de la charte initiale. « En 2 ans d'expérience on a découvert que ce n'est pas si facile que ça à respecter, surtout dans l'environnement tech », confie celui désormais connu pour avoir refuser de parler dans un meeting où le panel avait été changé à la dernière minute ou encore d'avoir passé 20 minutes à promouvoir l'engagement JamaisSansElles à une autre réunion manquant de représentation féminine.

« C'est un engagement donc au-delà des mots ça oblige à repenser l'organisation de l'entreprise et à comprendre si elle est vraiment ouverte à l'inclusion », explique ce patron en constatant que « les hommes s'imposent davantage en réunion » par présentéisme et pour se faire bien voir. « Nous en sommes encore là en 2021. Je pense que nous avons encore devant nous 30 ans de travail pour avoir des organisations à l'image du monde », prévient-il.

Thibault Lanxade, PDG du Groupe Jouve, fait aussi la promotion des actions opérationnelles pour faire de la parité une réalité. Portant ce message fort au Medef depuis 2014 et se souvenant de « moments extrêmement difficiles » où il se sentait « très seul en prêchant le besoin de parité dans les organisations », il met en avant l'efficacité des initiatives opérationnelles comme « Les Déterminés » sur la promotion de l'entrepreneuriat dans les quartiers, et « Patrons champions du changement » sur le parrainage dans les TPE-PME.

Pour Natacha Quester-Séméon, on n'a pas besoin de loi pour agir sur la parité, la softlaw et l'engagement concret des dirigeants suffisent amplement.

Promotion du 8 mars avec des portraits de cheffes d'entreprises

A l'occasion de la journée Internationale des Droits des Femmes, le Medef a lancé en 2019 la campagne vidéo TacOTac au féminin qui donne la parole à des cheffes d'entreprise pour briser les tabous sur l'égalité Femme-Homme. Une série complétée cette année par un webinaire mettant à l'honneur « quatre itinéraires de dirigeantes engagées » : Marie-Claire Capobianco, banquière, ex membre du Comex du groupe BNPParibas, Corinne De Bilbao, PDG de Segula Technologies International, Sarah Ourahmoune, vice-présidente du Comité National Olympique du Sport Français et PDG de Boxer Inside, et Sophie Viger, présidente de l'école 42.

Une initiative originale qui continue de promouvoir la parité dans le milieu professionnel et contribue à casser les stéréotypes genrés. Les plus jeunes y trouveront certainement de la motivation, du courage et des modèles à suivre dans cette vingtaine de vidéos en ligne sur le site du Medef.

Dans l'extrait illustré ici, Dominique Carlac'h, présidente D&Consultants et vice-présidente et porte-parole du Medef, et Catherine Tissot-Colle, présidente d'A3M et co-présidente de la commission animation du réseau adhérents, donnent leurs positions avec humour, complicité et légèreté sur la parité en entreprise, le féminisme, l'écriture inclusive ou encore la galanterie.




Anne MOREAUX
Journaliste

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