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Les femmes dans l'univers des legaltechs

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Les femmes dans l'univers des legaltechs
© A.P. - De gauche à droite, Pete Stone, Marie Abadie, Laura Fauqueur, Eve d'Onorio Di Meo et Clarisse Andry.

Le Village de la Legaltech a également abordé un sujet brûlant : la place des femmes dans l'univers du droit et de l'entrepreneuriat. Que peuvent-elles apporter aux legaltechs ? Quelle place les legaltechs donnent-elles aux femmes ?

La troisième édition de l'événement a permis de faire un premier état des lieux. Encore peu de femmes peuplent le monde des legaltechs.

Parmi les 70 exposants, on dénombrait moins de dix femmes à la tête d'une legaltech. « La legaltech se trouve à la croisée de plusieurs mondes : le droit, l'entrepreneuriat et la tech' », déclare Clarisse Andry, journaliste au sein de la rédaction du Village de la justice. La part de femmes dans ce secteur demeure encore inconnue.

Clarisse Andry s'est entourée d'intervenants venus de divers horizons, pour une conférence intitulée, “EllesLegatech : pour une legaltech avec les femmes !”.

Leurs témoignages soulèvent différentes questions : Qu'est-ce que les femmes peuvent apporter aux legaltechs ? Pourquoi est-il important que les femmes s'impliquent et soient impliquées dans le monde des legaltechs ? à la fin de ces interventions, le constat est pourtant simple : en matière de diversité, les legaltechs sont des entreprises comme les autres.

Des attentes différentes

Les intervenants se sont mis d'accord sur un point : les legaltechs ont tout à gagner en s'adressant aux femmes. Mais pour que leurs offres soient audibles, elles doivent évidemment être constituées d'équipes mixtes.

« Les femmes sont beaucoup plus sensibles à la clarté d'une offre, alors que l'homme est sensible à la quantité d'informations », constate Marie Abadie, ancienne directrice juridique chez Microsoft France et ex-directrice générale de la legaltech SoftLaw.

Observation caricaturale mais néanmoins véridique, les femmes sont également fréquemment à l'origine de la prise de décision dans les ménages ou les équipes, selon Eve d'Onorio Di Meo, fondatrice de la Legaltech MaFiscalite.com. C'est pour cette raison que les legaltechs, comme toute autre entreprise, ont besoin de séduire la population féminine.

Pour cela, le fait d'avoir une « note de sensibilité féminine » dans les équipes constitue un réel avantage.

Des besoins identiques

Au sein du monde des legaltechs, les besoins sont les mêmes, quel que soit le genre de la personne. Lorsque Clarisse Andry interroge les intervenantes sur leurs motivations à entreprendre, ou à s'engager dans une transformation digitale, la réponse est simple et spontanée : le gain de temps.

« On est formé à gagner du temps », souligne Marie Abadie.

Mais l'automatisation des tâches chronophages n'est pas la seule motivation des fondatrices de legaltech ou des femmes juristes à l'origine d'une transformation digitale. L'audace, l'ambition, l'envie d'entreprendre, animent aujourd'hui les acteurs de cette nouvelle dimension du droit.

« On est créatif ou on ne l'est pas », insiste la fondatrice de MaFiscalite.com, concluant que « le cerveau n'a pas de sexe ».

Cette vision des entrepreneurs et des entrepreneures égaux dans le monde de la legaltech a cependant été nuancée par le seul homme de cette table ronde. Pete Stone, fondateur de Just Different, rebondit sur les propos d'Eve d'Onorio Di Meo : « Je suis d'accord, mais la société pense que le cerveau a un sexe ».

« La notion de complémentarité nuit à la carrière des femmes »

Cette discussion sur les femmes et la legaltech a conduit à des constatations plus larges. Comme le montrent de nombreuses études, les équipes des legaltechs, comme tout autre entreprise, doivent être mixtes, pour être plus performantes. Mais comment expliquer les meilleurs résultats des groupes composés d'hommes et de femmes ?

Pete Stone avance deux arguments : « les femmes sont meilleures que les hommes », ou bien « les hommes et les femmes sont complémentaires ».

Cependant, cette dernière possibilité le laisse perplexe. « Si c'est la complémentarité, ça veut dire que femmes et hommes sont différents (…). Si on accentue trop cette différence, on finit par enfermer les gens dans des manières d'être », affirme-t-il, avant de conclure « tant que l'on valorisera des caractéristiques que l'on associe aux hommes et que l'on dévalorisera des traits que l'on associe aux femmes, on ne réussira pas ».




Anne MOREAUX
Journaliste

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