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Les experts-comptables, alliés des entrepreneurs dans la recherche de financements

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Les experts-comptables,  alliés des entrepreneurs  dans la recherche de financements
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Thème récurrent dans les nombreuses conférences qui ont rythmé l'édition 2019 du Salon des entrepreneurs et question incontournable pour les créateurs d'entreprises : les financements. Max Peuvrier, commissaire aux comptes et président du Comité financement du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, faisait partie des intervenants de la conférence consacrée aux solutions de financement pour les porteurs de projet.

Affiches Parisiennes : Quel est le profil type de l'entrepreneur d'aujourd'hui ?

Max Peuvrier : Il y a plusieurs profils. Le premier profil c'est, selon moi, les demandeurs d'emploi qui décident de lancer leur entreprise. Ensuite, il y a beaucoup de jeunes qui sortent d'écoles et qui souhaitent monter des start-ups, des étudiants qui se regroupent et qui portent des projets intéressants. Enfin, il existe un troisième profil : les personnes un peu plus âgées qui ont des projets qu'elles n'avaient jusqu'ici jamais menés à bien. C'est une forme de reconversion.

A.-P. : Quelles solutions de financement sont privilégiées ?

M. P. : Pour les demandeurs d'emploi, le premier mode de financement c'est Pôle Emploi qui va l'offrir. Ensuite nous les incitons à demander des prêts d'honneur et puis nous les aidons à trouver des financements bancaires.

A.-P. : Est-ce qu'il est plus difficile pour les entrepreneurs plus âgés d'obtenir un prêt ?

M. P. : Non, cela dépend objectivement du projet. Dans le dossier de demande d'emprunt, les compétences et l'expérience des personnes sont vraiment mises en avant. Une personne de 45 ou 50 ans, qui souhaite monter un projet, qui l'a mûri, ce n'est pas du tout défavorable.

"C'est aussi la forcede l'expert-comptable qui va aider son client
à réfléchir sur la faisabilité de son projet, à mettre en avant ses atouts pour essayer de convaincre le banquier"

A.-P. : Et pour les jeunes, existe-t-il des obstacles ?

M. P. : On va évidemment privilégier un jeune diplômé d'une école de commerce. Mais un jeune diplômé en histoire, ou autre, ayant un beau projet, peut également intéresser. C'est pour cette raison que les prêts d'honneur sont une très bonne chose, puisque les comités d'agrément jugent finalement la personne, le porteur de projet, et non pas seulement le projet.

A.-P. : Qu'en est-il des autres formes de financement, les financements alternatifs ?

M. P. : Il y a le crowdfunding (financement participatif) et les business angels, mais c'est une autre étape. Le crowdfunding est vraiment une niche par rapport aux milliards de prêts bancaires accordés. C'est une solution pour des projets plus risqués. Si vous dites à une banque que vous voulez créer un service totalement innovant dans le secteur du médical par exemple, ce n'est pas sûr que vous obteniez un prêt bancaire. En revanche, un crowfunding, c'est possible.

A.-P. : Et la « lovemoney » ?

M. P. : C'est le premier tour de table que nous allons conseiller, parce qu'il faut donner une certaine crédibilité au projet. Si un entrepreneur est capable de vendre son projet à sa famille et de la convaincre de lui prêter de l'argent, et bien la banque sera compréhensive et acceptera plus facilement de le financer.

A.-P. : Mais la famille n'est pas nécessairement très objective, non ?

M. P. : Le banquier se fera sa propre philosophie. C'est aussi la force de l'expert-comptable, qui va aider son client à réfléchir sur la faisabilité de son projet, à mettre en avant ses atouts pour essayer de convaincre le banquier. L'expert-comptable peut déjà être très utile, apportant des critiques au projet, en posant au créateur les bonnes questions. C'est notre rôle d'être très critique.
L'expert-comptable, lorsqu'il va faire le dossier de demande d'emprunt à la banque, « joue sa crédibilité » aussi. Il doit donc étayer ce dossier avec des statistiques professionnelles et des données le plus fiables possibles.

A.-P. : À quel moment le porteur de projet doit-il chercher un financement ? Et à partir de quand s'adresse-t-on à un expert-comptable ?

M. P. : Nous avons des créateurs qui viennent nous voir très en amont d'un projet. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'ordre des experts-comptables a mis en place le système de Business story. Il y a d'autres créateurs qui viennent nous consulter avec un projet déjà bien avancé, travaillé et mûri avec plusieurs personnes.
Il n'est pas utile de consulter un expert-comptable si le projet est à un stade embryonnaire. Il faut ensuite que le créateur s'imprègne de son projet.

Dispositif “crédit 50 000 euros”

A.P. : Pouvez-vous nous parler du dispositif “crédit 50 000 euros” ?

M.P. : Au mois de juillet dernier, l'ordre des experts-comptables a lancé le dispositif “crédit de 50K€” auprès de neuf principales banques françaises.
L'expert-comptable constitue un dossier de demande d'emprunt jusqu'à 50 000 euros auprès de la banque, mais qui peuvent être complétés de 50 000 euros de financements immatériels si besoin, prêt fourni par BpiFrance et sur lequel le fondateur peut demander des garanties d'emprunt auprès de BpiFrance et de la SIAGI.
Le dossier est totalement dématérialisé. Les experts-comptables l'envoient via une plateforme sécurisée, réservée aux experts-comptables et il le transmet à trois banques choisies parmi les neuf. Elles sont choisies par l'expert-comptable et le créateur, conjointement.
Ensuite, les banques ont quinze jours pour prendre contact avec l'expert-comptable et le créateur ou dirigeant d'entreprise, afin de donner un avis sur le financement. Si aucune des trois banques n'est favorable, nous écoutons les critiques des banques, afin de savoir pourquoi elles refusent de financer le projet.
Dans ce dossier totalement dématérialisé, un budget prévisionnel est envoyé. Nous disposons d'une liste de pièces standards pour toutes les banques et un budget prévisionnel sur trois ans, accompagné d'explications. C'est une grande simplification et les banques sont très satisfaites.




Thuy-My VU
Journaliste

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