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Les experts-comptables accompagnent les créateurs

Bruno Le Besnerais, président du comité création et entreprises innovantes du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, aborde l'aide à la création d'entreprise. Pour le responsable du dispositif Business Story, le secret est d'être bien accompagné.
Les experts-comptables accompagnent les créateurs

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Affiches Parisiennes : Quel est l'écueil à éviter lorsqu'on crée son entreprise ?

Bruno Le Besnerais : Ce qu'il faut éviter à tout prix est de se lancer tout seul. Il est très important d'être accompagné. La création ne peut pas être l'œuvre d'une solitude, il faut être entouré et faire part de ses projets à son entourage. Vouloir agir seul est une erreur car il faut pouvoir confronter son projet au regard des autres pour qu'il puisse mûrir.

A.-P. : Est-il indispensable de se faire accompagner par des professionnels ?

B. L. B. : Tout dépend de la nature du projet. Si le créateur souhaite développer une activité qui reste dans les seuils prévus pour l'auto-entrepreneuriat par exemple, il n'a pas vraiment besoin de conseils de professionnels car les choses sont déjà très bien expliquées en ligne et les déclarations de chiffre d'affaires sont très simples.
En revanche, si le projet est plus important et nécessite des choix sur la forme et les statuts de l'entreprise, le professionnel, qu'il soit expert-comptable, avocat, conseil de boutique de gestion ou des CCI, vont être de bons conseils. Chaque cas étant particulier, il n'y a pas de règle générale. Se faire accompagner par des professionnels est alors indispensable. La crainte des créateurs est d'être surfacturé dès qu'il passe la porte d'un cabinet. C'est à nous, professionnels, de lever cette crainte et cette inhibition au conseil.

Les experts-comptables ont donné des centaines de consultations gratuites lors du Salon des entrepreneurs 2019. © A.P.

A.-P. : L'offre d'aides à la création est-elle développée en France ?

B. L. B. : Oui, il y a beaucoup de dispositifs d'accompagnement aux créateurs, même si en général ce sont les discours contraires que l'on entend comme “tout est fait pour écraser l'entrepreneur qui doit payer des charges sociales et fiscales dès qu'il fait le premier euro de chiffre d'affaires et il n'y a pas assez de dispositifs d'aide”. Ce discours est complètement faux, il suffit d'aller sur internet et taper “aide création d'entreprise” pour voir qu'elles ne manquent pas. Toutefois, le nombre ne fait pas la qualité.
Malgré tous les dispositifs d'aide on voit trop souvent des entrepreneurs ayant démarré seuls qui viennent nous voir au bout de quelques mois alors qu'ils ont déjà pris des initiatives pas du tout optimales par rapport à leur activité et à leur contexte.

A.-P. : Quel dispositif d'accompagnement les experts-comptables proposent-ils ?

B. L. B. : Le Conseil supérieur des experts-comptables a mis en place le dispositif Business Story en 2016 pour répondre à la demande de conseil et comme facilitateur pour les créateurs. C'est très simple car le porteur de projet n'a qu'à se connecter sur le site Business Story, renseigner son adresse ou sa commune, et trouver les experts-comptables adhérents au dispositif les plus proches de lui afin de prendre rendez-vous.
Business story est une démarche volontaire faite par des experts-comptables bénévoles ce qui garantit qu'ils sont à l'écoute des créateurs. J'insiste sur le fait que la consœur ou le confrère qui va accueillir le créateur, va pouvoir apprécier le degré de maturité de son projet. C'est ça le but du dispositif. Sur 21 000 experts-comptables inscrits à l'ordre sur toute la France, à peu près 4 500 participent et c'est très bien comme ça car on cherche des experts intéressés par le dispositif.

"Agir seul est une erreur car il faut pouvoir
confronter son projet au regard des autres
pour qu'il puisse mûrir."


L'Ordre des experts-comptables a mené une enquête de satisfaction il y a un an. Ce qui m'intéressait surtout, en tant que responsable du dispositif au sein de l'Ordre, était de connaître l'avis des créateurs. On a été assez étonné par le très bon taux de satisfaction de ces derniers car plus d'un sur deux a transformé les visites en lettre de mission. Il y a déjà eu plus de 20 000 prises de contacts, sans publicité particulière avec un simple référencement sur Google.
Ce n'est pas avec ça que les experts-comptables vont faire du chiffre d'affaires significatif, mais l'intérêt est de pouvoir faire du renouvellement de clientèle.

A.-P. : Sur quelle durée et quelles modalités ?

B. L. B. : En signant une charte, les experts s'engagent à programmer trois rendez-vous, entre une et deux heures, entièrement gratuits. Le créateur pourra alors exposer son projet et ses attentes, et surtout faire le point sur la maturité de son projet puis effectuer les premiers choix juridiques, fiscaux et sociaux. En six heures, on peut, à mon avis, évaluer très finement la maturité du projet.
à l'issue de ces trois rendez-vous, au choix du créateur, sans aucun engagement de sa part, il signera ou pas une lettre de mission demandant à l'expert-comptable de l'accompagner sur son projet. Ce contrat définira clairement le budget alloué à l'expert pour ses missions.
Ce dispositif est donc léger et pratique pour le créateur qui peut toujours faire part de ses interrogations ou sentiments sur la plateforme.
On prévoit aussi de mettre en place un outil d'autodiagnostic pour que le créateur puisse remplir un petit questionnaire en ligne qui va l'aider à s'interroger sur son projet et qui va surtout permettre à l'expert-comptable de préparer sa visite.

Sur 21 000 experts-comptables en France, à peu près 4 500 participent au dispositif Business Story.© A.P.

A.-P. : Les experts-comptables sont-ils compétents pour aider à choisir son statut d'entreprise ou vaut-il mieux consulter un avocat ?

B. L. B. : Avec leurs huit années d'études et leur expérience professionnelle, les experts-comptables sont parfaitement à même d'accompagner les créateurs pour faire le choix de la forme juridique de leur entreprise. Ils peuvent tout à fait les orienter vers les choix de statuts juridiques et sociaux correspondant à leur projet.

A.-P. : L'âge ou le genre des porteurs de projets peuvent-ils être des barrières à la création ?

B. L. B. : Il n'y a pas d'âge ni de sexe pour créer, ce qui importe est seulement la qualité et la maturation du projet. En revanche, la plupart des créateurs que l'on rencontre ont entre 30 et 50 ans. Toutefois, on voit de plus en plus d'anciens cadres plus âgés qui se mettent à leur compte et réussissent avec succès. Finalement l'unique barrière à la création est le projet lui-même. S'il y a un véritable marché et que le créateur a un savoir-faire, sa personne importe peu.

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