Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Les ETI, dans « l'angle mort de la politique économique française »

le - - Entreprise - Vie des entreprises

Les ETI, dans « l'angle mort  de la politique économique française »
© DR

Le Club ETI Ile-de-France et la Banque de France ont récemment présenté les résultats d'une étude conjointe consacrée au rôle de ETI dans l'économie d'Ile-de-France. Ces entreprises de territoire et de long terme ont ainsi été mises sous les projecteurs.

Le Club ETI Ile-de-France et la Banque de France se sont penchés sur la situation économique des entreprises franciliennes en 2018 et sur les perspectives pour l'année 2019. À cette occasion, la première monographie réalisée sur les ETI en Ile-de-France a été présentée.

La première carte, réalisée par le cabinet Mawenzi Partners, consacrée à la répartition des ETI sur la région Ile-de-France reflète l'importance de ce type d'entreprises pour la région. Pas moins de 207 villes sont investies par les entreprises de taille intermédiaire, faisant de l'Ile-de-France une « terre d'ETI ». Créatrices d'emplois, exportatrices, et pérennes, elles sont un acteur clé de l'économie régionale.

L'étude de la Banque de France révèle une bonne année 2018 et des perspectives plutôt encourageantes pour l'année à venir, malgré un contexte international (ont notamment été cités le Brexit et l'approche américaine du commerce international) et national (les mouvements sociaux du printemps et de fin d'année) tumultueux.

De la mise en perspective de cette étude avec la monographie réalisée par le Club ETI Ile-de-France découlent des chiffres percutants. « Au niveau national, les ETI représentent un tiers du chiffre d'affaires et de l'emploi », rapporte Pierre-Olivier Brial, président du Club ETI Île-de-France, se réjouissant de la publication de cette étude comme « grande première ».

Les ETI franciliennes en quelques chiffres

Dans un souci de fiabilité et d'exhaustivité, 3 000 entreprises franciliennes ont été interrogées. « Un travail de fourmis », explique le président du Club, puisqu'il n'existe pour le moment aucune base nationale des ETI. Toutes les informations antérieures à 2014 et les ETI dont les actionnaires majoritaires sont étrangers ont été écartées du champ de l'étude.

Pour réaliser cette monographie, le Club ETI Ile-de-France et le cabinet de conseil Mawenzi Partners se sont appuyés sur la définition de l'Insee : une ETI est une entreprise de 250 à 4 999 salariés, dont le chiffre d'affaires (CA) est inférieur à 1,5 milliard d'euros, ou de moins de 250 salariés avec un CA supérieur à 50 millions d'euros.

Un tiers des ETI françaises possèdent leur siège social en Ile-de-France : 1 768 sur 5 800, représentant 33,9 % des effectifs totaux et 30,5 % du CA total. « On représente globalement, en chiffre d'affaires, 400 milliards d'euros », souligne Pierre-Olivier Brial. Les 1 768 ETI franciliennes représentent également 1 214 800 de salariés.

Les résultats permettent de dresser un premier portrait de l'ETI francilienne. Les ETI de cette région sont majoritairement actives dans le secteur des services (60 %), constituant ainsi de véritables « locomotives d'Ile-de-France ». L'ETI « moyenne » en Ile-de-France est âgée de 30 ans et compte un peu moins de 700 salariés, pour un chiffre d'affaires annuel de 225 millions d'euros.

Les ETI franciliennes contribuent largement au développement économique local et ont notamment permis la création de plus de 100 000 emplois depuis 2012. Les nouvelles ETI participent d'ailleurs à cette dynamique, puisque 65 % des créations d'emplois sont portées par les ETI créées depuis 2012 (97 ETI). Un domaine de prédilection apparaît : 75 % des emplois ont été créés dans le domaine des activités financières et administratives / communication.


Cartographie des ETI en Ile-de-France, élaborée par le cabinet Mawenzi Partners.

La fiscalité et la recherche de talents, points de tension pour les ETI

Pourtant, le président du Club ETI Ile-de-France regrette que les ETI soient dans l'angle mort de la politique économique française. L'étude devrait donc contribuer à mettre en lumière le rôle de ces entreprises dans le tissu économique, dont la France n'a pas encore pris la mesure, contrairement à son voisin allemand. « Il existe une compréhension presque viscérale du Mittelstand en Allemagne », compare Pierre-Olivier Brial.

Les entreprises de taille intermédiaire sont des entreprises « de long terme », dont la longévité est notamment expliquée par la fréquence de la transmission familiale (75 % des ETI sont familiales). Toutefois, alors qu'elle est gratuite en Allemagne, la transmission familiale n'est pas un processus aisé en France.

« Quand l'impôt sur les successions est passé à 40 %, ça a délocalisé énormément d'ETI en dehors d'Ile-de-France, et quand des centres de décisions partent à l'étranger, l'investissement se fait à l'étranger. D'où l'importance du pacte Dutreil qui permet de maintenir les entreprises au sein des familles », explique un membre du Club ETI Ile-de-France.

Autre problématique rencontrée par les dirigeants d'ETI, le recrutement. « Concernant la création d'emplois et la couverture du territoire, chaque département est créateur net d'emplois », souligne Clément Lalanne, de Mawenzi Partners. Par exemple, les ETI ont permis une augmentation de 30 % de création d'emplois en Seine-
et-Marne depuis 2012.

Pourtant, les dirigeants franciliens évoquent les difficultés à trouver des talents. Parmi les obstacles évoqués : la question de la mobilité (certains territoires étant moins accessibles) ou encore la recherche de logement.

Mais une question émerge : qu'en est-il des talents potentiels sur place ? Dans son rapport annuel public de 2019, la Cour des comptes a relevé, dans certains départements, un taux de chômage très élevé, et une population globalement très jeunes. Les magistrats de la rue Cambon constatent « un réel dynamisme économique qui ne bénéficie cependant que peu à leurs habitants dont la formation ne répond souvent pas aux besoins de ces nouvelles activités ».

« Nous sommes en tension d'emploi, c'est-à-dire qu'on cherche des collaborateurs », souligne Pierre-Olivier Brial. Le Club ETI Ile-de-France a lancé de multiples initiatives sur le long terme en Ile-de-France, comme des actions dans les lycées, afin de faire découvrir des métiers aux étudiants, mais également des projets de mises en relation des étudiants de formations existantes avec les entreprises.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer