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UHBP 2015 / Les époux Klarsfeld : l'œuvre d'une vie

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UHBP 2015 / Les époux Klarsfeld : l'œuvre d'une vie
Pierre-Olivier Sur, Beate et Serge Klarsfeld

Le couple Klarsfeld fait partie de ces rares couples engagés dans une lutte pour la justice avec un grand "J". La vérité a toujours été « le fil rouge de notre action » pour cette « synergie franco-allemande » qui fonctionne du tonnerre depuis plus de cinquante ans, confie Serge Klarsfeld.

« Je suis avocat, historien et militant », raconte Serge Klarsfeld du haut de ses 80 ans. Au côté de son épouse Beate, 76 ans, il a traqué de nombreux criminels de guerre et est à l’initiative des procès Barbie, Bousquet, Papon et Touvier. Ce couple mythique a toujours œuvré pour la mémoire de la Shoah. « Notre famille est celle des avocats mais aussi celle de notre association des Fils et Filles de déportés juifs de France. » Créée en 1979, cette association se charge de perpétuer le souvenir de tous ceux qui ont trouvé la mort par la faute de responsables nazis français ou allemands et d’aider leurs descendants dans leurs démarches.

Tout est parti de la gifle de Beate donnée au Chancelier Kiesinger au cours d’une réunion du parti conservateur allemand en novembre 1968, raconte-t-il. Cet acte politique rondement mené était loin d’être improvisé. Temps et lieu avaient été dûment étudiés par le couple qui avait même demandé conseil à un des professeurs de Serge Klarsfeld à Sciences Po. Lassée de ne pas être entendue, malgré des conférences et la publication de nombreux articles depuis 1966, Beate a souhaité frapper un grand coup contre cet ancien dirigeant nazi pour « faire éclater la vérité scandaleusement ». Ont alors suivi de nombreuses actions qui ont porté leurs fruits.

Quand Pierre-Olivier Sur lui demande, en reprenant une phrase de Vladimir Jankélévitch « le pardon est-il mort dans les camps de la mort ? », Serge Klarsfled est fier de lui répondre que ce philosophe a finalement pardonné, et que selon lui, la grande chance du pardon pour l’Allemagne était Beate. « C’est d’ailleurs une des grandes victoires de Beate d’avoir fait parler Jankélévitch en faveur du pardon ». Le couple a toujours demandé aux criminels nazis de contribuer à la justice. « Même à Barbie, nous lui avons dit ‘venez en France, constituez-vous prisonnier et vous n’aurez pas de meilleurs avocats que nous pour dire que vous avez changé’. Malheureusement, chaque fois que l’on a fait cette proposition aux criminels, aucun n’a répondu. Tous pensaient qu’ils auraient l’impunité. » Malgré cela, le couple a gardé son optimisme. « L’histoire de la solution finale n’a pas que des ombres mais aussi de la lumière », remarque Serge en évoquant la Résistance.

Comme ils le disent si bien, il y a des combats où l’on se tourne vers le passé et d’autres où l’on se tourne vers le présent. Désormais, le couple va de l’avant et alerte l’opinion publique sur « le très grand danger que représente la montée du Front national ». Ces deux-là quitteraient la France si ce parti venait à accéder au pouvoir…

 

Pour davantage de lecture sur les débats qui se sont tenus lors de l'Université d'hiver du Barreau de Paris.




Anne MOREAUX
Journaliste

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