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Les écarts de salaires entre femmes et hommes cadres persistent

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Les écarts de salaires entre femmes et hommes cadres persistent
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Selon une récente étude de l'Apec, le salaire et la carrière des femmes évoluent plus lentement que pour les hommes, avec un écart persistant de rémunération médiane, à poste et caractéristiques équivalents, de 8 %.

L'Observatoire de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) réalise des études sur le fonctionnement du marché de l'emploi des cadres et anticiper les tendances à venir.

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, l'Apec a analysé les écarts de salaires entre les hommes et les femmes chez les cadres en s'appuyant sur le baromètre annuel de la rémunération des cadres, réalisé auprès d'un échantillon de 17 000 salariés cadres, en poste, du secteur privé.

Une différence d'emploi occupé

Selon l'étude, la moitié de l'écart salarial entre les femmes et les hommes cadres ne peut s'expliquer par les caractéristiques de l'emploi occupé. En 2018, la rémunération médiane des hommes cadres était 16 % supérieure à celle des femmes, un écart qui s'est, depuis, stabilisé mais qui n'illustre pas le principe « à travail égal, salaire égal ». La moitié de cet écart de rémunération médiane est dû à la différence d'emploi occupé par les femmes et les hommes et à la surreprésentation de ces derniers dans les fonctions les plus rémunératrices. Il subsiste donc un écart de 8 % entre la rémunération des hommes et des femmes, à profil et caractéristiques identiques, qui s'explique par des caractéristiques « non observables » telles que la situation familiale, l'existence de discrimination, etc.

Un écart qui se creuse durant la carrière

À l'entrée sur le marché du travail, l'écart salarial entre hommes et femmes est de 5 % et l'on constate une évolution de la rémunération des femmes cadres inversement proportionnel à l'avancée de leur carrière : entre les moins de 30 ans et les plus de 50 ans, le revenu médian augmente de 10 000 euros pour les femmes, contre 20 000 pour les hommes, qui, à plus de 50 ans, gagnent 25 % de plus que les femmes cadres du même âge. Cet écart s'explique par le fait qu'elles occupent moins souvent des postes de responsables hiérarchiques, confrontées au processus du « plafond de verre », et lorsqu'elles y accèdent, subissent un écart de rémunération de 10 %.

Autre facteur d'écart, la difficile conciliation entre vie professionnelle et vie privée, notamment à l'âge de la maternité, en raison de leur investissement dans les tâches domestiques et familiales ainsi qu'une flexibilité moindre, qui impactent leur évolution salariale.

Cet écart est davantage présent dans les métiers du commerce et du marketing, pour atteindre 11 %, voire 13 % dans les postes de direction commerciale. Ces métiers nécessitent des compétences de « savoir être », difficilement mesurables et qui favorisent les biais inconscients des recruteurs au détriment des femmes.

Des facteurs de réduction des écarts

Toutefois, certains facteurs réduisent les écarts salariaux comme le nombre de salariés dans l'entreprise, la filière et le niveau d'études des femmes. S'agissant de la taille de l'entreprise, les plus grandes sont mieux informées sur les inégalités salariales et plus enjointes à les combattre, notamment par leur service des ressources humaines. Les entreprises de plus de 50 salariés doivent conclure un accord relatif à l'égalité professionnelle être les femmes et les hommes et celles de plus de 300 doivent former leurs chargés de recrutement à la non-discrimination depuis l'entrée en vigueur de la loi Egalité et citoyenneté de 2017. Inversement, les actions de lutte contre la discrimination à l'embauche sont plus limitées dans les petites structures. Ainsi, à profil identique, si l'écart salarial entre les femmes cadres et les hommes cadres est de 7 % dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, il atteint 10 % dans celles de moins de 20 salariés.

Par ailleurs, les compétences et le niveau de diplôme sont d'autres remparts à l'inégalité salariale. Les femmes cadres aux compétence techniques, d'informatique ou d'ingénierie connaissent le moins d'inégalités vis à vis de leurs collègues masculins : l'écart salarial y est de 5 %. Les jeunes diplômées d'école d'ingénieurs entrant sur le marché du travail touchent un salaire presque équivalent à celui de leurs homologues masculins. Un constat qui se vérifie aussi selon le niveau d'études : les femmes cadres, de niveau bac +5, subissent un écart salarial moindre
(7 %) que celles de niveau bac +2 (11 %).

Si les écarts de salaires persistent, et ce quelle que soit la tranche d'âge, ils semblent diminuer pour les plus jeunes. Entre 2013 et 2018, cet écart a légèrement diminué chez les jeunes cadres de moins de 40 ans, s'est stabilisé à
8 % pour les 40-50 ans et a augmenté chez les 50 ans et plus. Une tendance qui illustre une prise de conscience et une évolution des mentalités chez les jeunes cadres et qui pourrait laisser présager une amélioration dans les années à venir.






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