AccueilEntrepriseLes écarts de revenus ne cessent de s'accroître dans le monde agricole

Les écarts de revenus ne cessent de s'accroître dans le monde agricole

L'année 2012 est "hors norme" pour les céréaliers dont le revenu par exploitant devrait avoisiner les 72 000 euros, un record. En face, les éleveurs bovins auront gagné à peine plus de 15 000 euros, soit à peu près cinq fois moins, selon des chiffres officiels.
Les écarts de revenus ne cessent de s'accroître dans le monde agricole
anne lazarevitch - Photo Flickr

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Le sécheresse aux Etats-Unis et en Russie notamment a fait craindre une pénurie des matières premières, à l'origine d'une flambée du prix des céréales (+18%) et des oléagineux (+12%). Du coup, le revenu moyen avant impôts des producteurs de céréales et oléo-protéagineux (colza, tournesol) devrait dépasser son record de 2007 et atteindre 72 100 euros, selon des prévisions d'Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture.

Le revenu des producteurs de betteraves et pommes de terre devrait quant à lui frôler les 80 000 euros, un pic historique là aussi.
Une performance qui tire vers le haut le revenu moyen de toute la profession puisque les agriculteurs auront gagné en moyenne 36 500 euros en 2012, en hausse de 4% en euros constants.


Mais le climat n'a pas profité à tout le monde et les disparités s'accroissent dans le monde agricole. La flambée des prix des matières premières a renchéri le coût de l'alimentation animale et pesé sur les charges des éleveurs. Ainsi, le revenu des producteurs de viande bovine devrait reculer de 8% à 15 400 euros, celui des éleveurs laitiers de 10% à 26 500 euros et celui des éleveurs de moutons et de chèvres de près de 20% à 15 300 euros annuels.

La hausse du prix du porc devrait en revanche permettre aux éleveurs porcins de tirer un revenu supérieur de plus de 30% à 46 700 euros. Dans l'aviculture, la flambée des prix de l'oeuf (+43%) a tiré le revenu de la profession, à 40 500 euros. Les viticulteurs sont quant à eux "confrontés à une baisse historique des récoltes" cette année. Et même si les prix du vin s'affichent à la hausse, leur revenu devrait s'effondrer à 22 800 euros, contre 46 500 euros en 2011.

"Ces variations extrêmes traduisent la volatilité des prix qui s'est installée dans le paysage agricole depuis 2006, depuis que la PAC (Politique agricole commune) ne joue plus son rôle de régulateur et abandonne ses instruments de gestion de marchés", a accusé la FNSEA, syndicat majoritaire et les Jeunes agriculteurs.

L'Union des associations des céréaliers (Orama), branche de la FNSEA, reconnaît elle-même que ces chiffres rendent "particulièrement d'actualité la mise en place d'outils de régulation des marchés".
Ils assurent par ailleurs que cette bonne année va leur permettre d'investir pour produire plus et produire mieux et de lisser leurs revenus face aux aléas.

La Commission européenne, qui a publié le niveau des revenus agricoles dans l'Union européenne, remarque elle aussi cette volatilité : +15% entre 2005 et 2007, -2,8% en 2008, -9,5% en 2009, avant de remonter de 17% en 2010 et de 8% en 2011. Ceci malgré les subventions, qui représentent en moyenne 30% des revenus.

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