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Les droits des femmes à l'honneur au barreau de Paris

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Les droits des femmes à l'honneur au barreau de Paris
@ AP - Nathalie Roret

À l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, le barreau de Paris a organisé un colloque intitulé “Faire avance les droits des femmes”, accueillant d'éminentes personnalités venues témoigner de la coopération internationale et interprofessionnelle des femmes.

Introduit par Nathalie Roret, vice-bâtonnière de Paris, et suivi de quelques mots introductifs de Jean-Marie Burguburu, nouveau président de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, le colloque du barreau de Paris a réuni de nombreux professionnels du droit autour du thème “Faire avancer les droits des femmes : coopération internationale, coopération interprofessionnelle”.

« Pratiques révoltantes » qui persistent à travers le monde

Lors de ses propos introductif, Nathalie Roret a rappelé toute l‘importance des deux thématiques de ce colloque : la collaboration internationale et interprofessionnelle.

Internationale d'abord car « le combat pour l'égalité des femmes (…) transcende les nations et les frontières ». « La réponse aux injustices, aux discriminations ne peut être que forgée dans l'universalité », souligne la vice-bâtonnière.

Interprofessionnelle ensuite car « nous avons le devoir de travailler à l'élaboration de solutions concrètes, à l'émergence d'améliorations tangibles, ici et maintenant », ajoute-t-elle.

Ce colloque a été l'opportunité de mettre en avant les combats menés et soutenus par le barreau de Paris et dont « l'unique finalité » est « l'émancipation pleine et entière de toutes les femmes. ». Or, il reste de nombreuses améliorations à faire en matière de droits des femmes, malgré les « progrès remarquables » constatés.

Selon les mots de Nathalie Roret, « nous vivons toujours dans un monde dominé par les hommes. La représentation politique des femmes dans les parlements du monde entier est inférieure à 25 % et leurs salaires des femmes sont inférieurs de 23 % à ceux des hommes dans le monde. ».

« Rappelons-nous que dans le monde 70 % des femmes sont confrontées à des violences que, selon la Banque mondiale, dans la plupart des cas, cette violence est exercée par le conjoint de la victime, à tel point que les cas de viol et de violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis », a-t-elle relevé.

Les inégalités que subissent les femmes restreignent leurs droits et sont un frein à leur développement professionnel, alors même que « des femmes au marché du travail et à des activités rémunératrices, stimulent la croissance économique et a un impact sur la société dans son ensemble. ». Preuve en est, les entreprises qui comptent trois femmes ou plus parmi leurs directeurs ou leurs cadres supérieurs obtiennent une production 53 fois plus élevée que celle des entreprises qui ne comptent pas de femmes.

La vice-bâtonnière a clos ses propos sur une invitation à la prise de conscience. « En tant qu'avocat, en tant que magistrat, en tant que juriste, pouvons-nous être satisfaits lorsque 219 000 femmes sont reconnues victimes de violences conjugales ? Pouvons-nous être satisfaits lorsque les femmes, à compétences égales, gagnent toujours 19,2 % de moins que les hommes ? Les acteurs du droit que nous sommes doivent pleinement jouer leur rôle pour que cessent ces coups de poignard insupportables portés à notre pacte républicain », a-t-elle conclu

Coopération féminine extraterritoriale et extra-professionnelle

Les deux tables rondes organisées ont fait intervenir d'éminentes personnalités féminines, venues aborder la coopération internationale des femmes mais aussi interprofessionnelle, en faveur d'un meilleur accès au droit et à la justice.

La première table ronde fut l'occasion du témoignage d'une femme des Nations-Unis, Sima Samar, défenseuse des droits Afghane et ancienne présidente de la Commission indépendante pour les droits de l'homme en Afghanistan, dont la vice-bâtonnière a loué le courage et la combativité.

Interviewée à cet effet par Rusen Aytac, membre du Conseil de l'Ordre, Sima Samar est revenue sur son statut de réfugiée qui a influencé ses combats, notamment celui pour que les femmes interviennent davantage dans le processus de règlement des conflits.

La seconde table ronde a réuni différentes actrices du droit, venues s'exprimer sur la coopération des femmes exerçant dans le domaine juridique « pour un meilleur accès au droit et à la justice », qu'il s'agisse de membres du Conseil de l'Ordre, à l'image de Clotilde Lepetit et de Anne-Laure Casado, de magistrats, représentées par Gwenola Joly-Coz, présidente du Tribunal judiciaire de Pontoise ou encore de juristes, professionnels que représentait à la table Gwenaëlle Thomas-Maire, également directrice de Droits d'urgence.

Ces femmes ont abordé les enjeux de l'accès au droit pour les victimes de violences conjugales mais également la nécessité de créer des liens entre les professions pour améliorer cet accès à la justice et l'importance d'une formation interprofessionnelle magistrat.e.s/avocat.e.s, s'agissant notamment de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Encourager la représentation des femmes dans le monde du droit

Lors de ce colloque, qui participe à la validation des heures de formation continue obligatoire des avocat(e)s, l'association caritative The First 100 Years, qui s'est associée avec le Barreau de Paris, y a ouvert un studio photo éphémère, dans le cadre de son projet international « Face the Future » qui vise à encourager et valoriser la représentation des femmes dans les professions juridiques et, à travers leur photo, à célébrer leur réussite.

Avocates, juges, greffières, huissières, notaires, juristes d'entreprise, professeures ou encore étudiantes en droits, mais également soutiens masculins, tous avaient la possibilité de se faire photographier, et même maquiller en amont. En 2020, ce projet s'ouvre à l'international puisque de tels studios éphémères s'ouvriront simultanément avec Paris, en Hongrie, en Australie, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas, en Roumanie et au Canada. n




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