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Les directrices juridiques gagnent 22 % de moins

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Les directrices juridiques gagnent 22 % de moins
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La dernière enquête menée par l'Association of Corporate Counsel (ACC), intitulée Global Compensation Survey 2018, montre que les directrices juridiques touchent seulement 78 % de la rémunération de leurs homologues masculins. Un écart criant qui tend toutefois à se réduire.

Conduite auprès de 5 000 professionnels basés dans 65 pays, cette enquête met en lumière des écarts de rémunération femme-homme qui persistent chez les juristes d'entreprise, à l'image de nombreuses professions qualifiées.

Ces écarts sont plus importants au niveau des directeurs juridiques que chez les juristes débutants, révèle ainsi l'ACC, une association professionnelle représentant 43 000 juristes d'entreprise basés dans 85 pays.

La rémunération totale médiane des directrices juridiques s'élève à 210 000 $, soit 78 % de celle de leurs homologues masculins

Le Global Compensation Survey 2018 fournit des données sur les salaires, les primes et bonus de performance, la rémunération à base de titres de participation, les avantages sociaux et les régimes de retraite.

Il s'agit de la plus complète des enquêtes disponibles sur la rémunération totale des juristes d'entreprise.

Premier enseignement de l'enquête : la rémunération totale médiane des directrices juridiques s'élève à 210 000 $, soit 78 % de celle de leurs homologues masculins (270 000 $). Cet écart pourrait cependant être en train de se réduire : la disparité homme-femme en matière de rémunération chez les directeurs juridiques diplômés à partir de l'année 2010 est presque deux fois inférieure à celle observée chez les directeurs juridiques diplômés avant l'an 2000.

« Bien que les résultats ne nous aient pas surpris, il est assez décourageant de voir l'ampleur des écarts de rémunération homme-femme au sein de la communauté des juristes d'entreprise », déclare Veta T. Richardson, présidente d'ACC.

« Pourtant, le rapport nous donne bon espoir de voir cet écart se réduire pour les nouvelles générations de juristes d'entreprise. Nous espérons que les données de l'enquête mèneront à plus de transparence », ajoute cette dernière.

En moyenne, le groupe des juristes débutants est celui pour lequel la parité en matière de rémunération est la plus forte, les femmes juristes touchant 91 % de la rémunération de leurs collègues masculins. À l'inverse, l'écart de rémunération est maximal parmi les juristes ayant entre 11 et 20 ans d'expérience en entreprise : les femmes recevant seulement 69 % de la rémunération de leurs homologues masculins.

D'autres postes au sein des services juridiques se démarquent également par leur quasi-parité en matière de rémunération, tels que les directeurs de la conformité (écart limité à 5 %) ou les directeurs des opérations juridiques, seul poste pour lequel aucune disparité femme-homme n'a été observée. Elément notable, parmi les participants à l'enquête, les directeurs des opérations juridiques sont en majorité des femmes.

Au niveau mondial, les plus grands écarts de rémunération se situent en Amérique latine et au Moyen-Orient/Afrique, où les femmes juristes gagnent en moyenne respectivement 38 % et 45 % de ce que gagnent leurs collègues masculins. Les États-Unis, le Canada et l'Australie ont enregistré les écarts de rémunération moyens les plus faibles (85, 83 et 81%).

D'autres tendances notables ressortent également de ce rapport :

• Dans l'ensemble, le salaire de base médian est de 172 000 $; la rémunération totale médiane est de 205 000 $.

• En outre, un peu plus de trois quarts des juristes ayant participé à l'enquête (75,4 %) ont reçu une prime basée sur leur performance en 2017, d'un montant médian de 33 000 $.

• Alors que 15 % des participants à l'enquête ont déclaré que leur premier emploi avait été obtenu au sein du département juridique d'une entreprise, le rapport montre que seulement deux ans d'expérience « externe », dans un cabinet d'avocats ou une administration, font augmenter la rémunération des juristes d'entreprise.

• La couverture santé est l'avantage social le plus couramment accordé aux juristes d'entreprises, de même que la mise à disposition d'un téléphone portable est le plus généralisé des avantages en nature.

• Près de la moitié (46 %) des participants à l'enquête reçoit au moins 25 jours de congés payés et 43 % ont des horaires de travail flexibles.

• Plus des trois quarts des juristes interrogés dans le cadre de l'enquête s'attendent à voir leur salaire augmenter. La majorité d'entre eux anticipe une augmentation oscillant entre 1 et 2,9%.

• 2 % des participants à l'enquête sont des expatriés. Leur rémunération totale médiane est supérieure de 24 % à celle des juristes d'entreprise travaillant dans leur pays d'origine.

• Les trois pratiques juridiques les plus rémunératrices sont les marchés des capitaux/titres/finance, les fusions et acquisitions et les réglementations antitrust/commerciales.

• Les biotechnologies/sciences de la vie, les hautes technologies /recherche et les services d'hôtellerie et de restauration sont les industries les plus rémunératrices pour les directeurs juridiques.

• Les salaires de base, les primes basées sur la performance et la rémunération totale sont plus élevés dans les entreprises publiques que dans les sociétés privées. L'écart médian s'élève à 48 000 $.

Pour plus d'information sur le Global Compensation Report 2018, rendez-vous sur le site www.acc.com/compensation.

Un réseau professionnel international

Nous avons pu rencontrer Veta T. Richardson, la présidente dynamique de l'Association of corporate counsel (ACC), lors du congrès annuel de l'ACC Europe, qui s'est tenu récemment à Paris. Cette dernière
nous a expliqué les objectifs poursuivit par cette association professionnelle forte de 43 000 membres et les priorités de son mandat.

« Notre association s'est fixée pour but de promouvoir l'intérêt des avocats en entreprise et des directeurs juridiques tout en créant un réseau où ces derniers peuvent partager des informations, leurs expériences et leurs ressources. Et ce, à un niveau international, car l'association a des membres présents dans 85 pays et sur six continents. Les membres de l'ACC s'inscrivent pour trois raisons principales : le réseau, la formation et les ressources.Ils souhaitent d'abord intégrer un réseau de confrères international pour partager des expériences et s'ouvrir à des opportunités à l'étranger. Ils veulent ensuite se tenir informer des dernières réformes et des enjeux internationaux. Enfin, il s'agit d'avoir accès à des ressources documentaires, partage de modèles de contrats, de clauses, chartes internes… et des guides pratiques. Mes objectifs principaux sont d'offrir le meilleur service aux membres de l'association et de parfaire les trois principales raisons pour lesquelles les juristes deviennent membres de l'ACC. Je passe ainsi la majeure partie de mon temps à réfléchir avec le conseil d'administration sur la manière dont nous pouvons être le plus serviables auprès des directeurs juridiques. Nous essayons aussi de faire en sorte que leur rôle soit davantage respecté au sein de leur entreprise, car nous savons qu'ils représentent des talents pouvant apporter beaucoup à la stratégie business. Nous souhaitons que nos membres intègrent la table des négociations de leur organisation et puissent participer à leur développement. Aujourd'hui, être un business partner est essentiel.»




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