Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Les directeurs juridiques revendiquent leur rôle de business partner

le - - Droit - Actualité du droit

Les directeurs juridiques revendiquent leur rôle de business partner
© A.P.

Le congrès annuel de l'Association of corporate counsel (ACC) Europe, s'est tenu récemment à Paris sur le thème de la place prépondérante des juristes dans la nouvelle économie. Intitulés « Developing leadership for uncertain times », ces trois jours de colloque international ont donné des clés aux directeurs juridiques afin qu'ils puissent traiter les réformes majeures et prendre place au comité stratégique de leur entreprise.

D'éminents juristes, issus de grands groupes tels qu'IBM, Google, Amazon ou Facebook, y ont présenté les enjeux juridiques majeurs que représentent l'entrée en vigueur du Règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD), l'utilisation de la blockchain ou encore de l'Intelligence artificielle (IA).

Majoritairement sponsorisé par les grands cabinets d'avocats affaires K&L Gates, Bird & Bird et le célèbre cabinet de conseil EY, ce congrès international a réuni de nombreux directeurs juridiques et juristes d'entreprise durant trois jours de conférences, ateliers et moments de networking au cœur de Paris. Ouvert sur une conférence plénière, intitulée “Securing a seat at the table”, relative à la nécessité pour les juristes de prendre part aux décisions stratégiques de leur organisation, le congrès a ensuite tenté de donner à l'auditoire les clés pour y parvenir.

Pour cela, le conseil d'administration de l'ACC a organisé cet événement en proposant des ateliers et conférences suivant trois axes bien distincts, chacun complémentaire pour faire du juriste un business partner incontournable.

Il y avait ainsi un angle intitulé “Lead yourself” sur le développement personnel, un autre “Lead the law” abordant les réformes récentes impactant les juristes, le RGPD en tête. Les grandes évolutions normatives du droit du travail, de la concurrence et du droit commercial notamment, ont aussi été abordées, tout comme l'impact du Brexit, des smart contracts et de la gestion des cyber-risques.

RGPD : l'implication des juristes

Enfin, le dernier axe “Lead the Business” était consacré au versant stratégique de la fonction de directeur juridique, avec des ateliers sur le management, le lobbying, l'anticipation, la restructuration…

La grande conférence intitulée “Preparing for GDPR“, donnée par des avocats du cabinet d'affaires international Bird&Bird a eu un succès retentissant.

La gestion de la mise en conformité avec la nouvelle Réglementation européenne sur la protection des données est en effet un enjeu majeur pour les juristes d'entreprises.

De fait, conduite auprès de 617 juristes basés dans 33 pays, la dernière étude menée par l'ACC intitulée State of Cybersecurity Report 2018, montre l'implication croissance de ces derniers dans la cybersécurité et la mise en conformité avec le RGPD.

L'enquête se penche sur les réponses apportées par les entreprises aux grands enjeux de cybersécurité, tels que la lutte contre la violation de données ou la mise en conformité avec la nouvelle réglementation européenne sur les données à caractère personnel.

Plusieurs tendances fortes se dessinent au fil de l'étude dont la croissance des budgets alloués à la cybersécurité, l'augmentation des accidents de violation de données subis par les entreprises, l'importance du RGPD et l'implication exponentielle du département juridique.

Sur ce dernier point, 69 % des juristes interrogés anticipent une plus grande contribution du département juridique à la cybersécurité de leur entreprise au cours des 12 prochains mois.

En outre, si 86 % des participants à l'enquête en zone Europe - Moyen-Orient indiquent que le département «IT» est en charge de la cybersécurité de leur entreprise, 71% d'entre eux notent qu'un membre du département juridique fait désormais partie de l'équipe en charge des incidents touchant aux données.

Toutefois, si une large majorité (94 %) répond que leur entreprise est concernée par le RGPD, seuls 8 % des juristes interrogés déclarent que leur direction engagerait un responsable de la protection des données personnelle à plein temps.

Achevé sur une plénière de clôture intitulée “Transforming busy lawyers into business leaders“, ce grand rendez-vous de la profession a donc tourné autour des moyens favorisant le développement d'une posture de business partner.

L'objectif final étant que les juristes d'entreprise parviennent à se faire respecter et considérer par le conseil d'administration de leur entreprise.

Les grands défis des directeurs juridiques

La dernière enquête annuelle réalisée par l'ACC - Chief legal officer survey 2018 - conduite auprès de 1 300 directeurs juridiques basés dans 48 pays, donne un aperçu unique des défis auxquels sont confrontés les services juridiques des grandes entreprises, en France et à l'international.

Ainsi, plusieurs tendances fortes se dessinent. Alors que le nouveau Règlement européen sur la protection des données est entré en vigueur le 25 mai dernier, 74 % des directeurs juridiques interrogés considèrent que les évolutions réglementaires et les changements politiques seront des enjeux extrêmement ou très importants dans l'année à venir.

Dans un contexte où près d'un tiers (27 %) des directeurs juridiques indique que leur entreprise a subi une violation de données en 2016 ou en 2017, la protection de la confidentialité des informations (70 %) et la lutte contre les violations de données (68 %) apparaissaient comme des défis majeurs pour 2018 – 34 % des professionnels interrogés les considèrent même comme extrêmement importants, soit 12 points de plus que l'année dernière.

Par ailleurs, 56 % des directeurs juridiques s'attendent à une augmentation du budget global de leur département, en raison du retour de la croissance économique, c'est 13 points de plus que l'année précédente.

En outre, près de la moitié des directeurs juridiques (47 %) prévoit que leur entreprise sera l'actrice d'une fusion ou d'une acquisition en 2018.

Malheureusement, l'inégalité salariale entre femmes et hommes perdure : 39 % des directeurs juridiques interrogés déclarent recevoir un salaire fixe de moins de 200 000 dollars, contre 48 % des directrices juridiques.




Anne MOREAUX
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer