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Les commissaires aux comptes se lancent dans le Big Data

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Les commissaires aux comptes se lancent dans le Big Data
© DR - Olivier Salustro, président de la CRCC de Paris, a expliqué les enjeux du Big Data pour la profession comptable.

En pleine tourmente à cause du projet de loi Pacte qui pourrait gravement impacter leur profession, les commissaires aux comptes n'en sont pas moins en train de développer des outils innovants. La Compagnie régionale de Paris vient d'ailleurs d'organiser une matinale dédiée aux opportunités offertes par le Big Data.

Après une brève présentation du Big Data et de ses enjeux pour la profession comptable, Olivier Salustro, président de la CRCC de Paris, a donné la parole à Stéphane Poret, pre-sales manager de la société Talend.

Ce dernier accompagne ses clients dans la mise en place d'architectures de programmes qui traitent et stocks les données, appelée « la data intégration ». Sa société produit aussi une offre de gouvernance de la donnée afin d'accompagner les entreprises sur tout le cycle de mise en place d'une plateforme de traitement de la donnée.

Les principaux cas d'usages se précisent : la collecte d'information pour la monétiser, la participation à l'open data, la gouvernance collaborative, mais aussi mieux comprendre le parcours client et pouvoir fidéliser la clientèle, ou encore créer de nouveaux outils pour de nouveaux marchés.

L'expert a cité divers exemples intéressants de telles utilisations. Les personnes travaillant sur le dossier Panama Papers ont ainsi utilisé un service Talend pour faire leur enquête transfrontalière, menée par 400 journalistes dans 80 pays, afin de dénoncer l'économie offshore.

L'importance du Data lake

Aujourd'hui, les tendances du Big Data tournent autour du traitement des données en temps réel, de l'utilisation du cloud, et surtout du modèle de « Data lake ».

Ce fameux lac de données est un ensemble de données pertinent et agile. Il ne s'agit pas seulement d'un stock de données entreposé dans un même endroit, mais une place pour toutes les données de nombreuses entreprises, souvent mis en place dans le cloud, qui sont traitées puis structurées et mises à disposition pour être consommées.

« Il faut créer un lac de donnée et tout faire pour éviter le marécage de données », plaisante Stéphane Poret.

Selon le rapport Gatner, il y a beaucoup d'échecs avec ce type de projet car seulement 15 % des Data lakes vont être effectivement utilisés.

La mise en place d'un tel dispositif pose de nombreux défis aux entreprises. D'une part, cet outil ne va pas forcément fournir de la valeur métier car il requiert des compétences requises et des architectures complexes. D'autre part, il nécessite une bonne gouvernance et ainsi qu'une dynamique de collaboration.

Comme d'autres éditeurs de logiciel spécialisés dans l'intégration de données, Talend produit plusieurs applications pour différents utilisateurs afin qu'ils puissent tirer parti de leurs données grâce à des Data lake. Cette société qui a déjà de nombreux clients comme des grands groupes bancaires, de l'assurance ou encore de la vente au détail, commencent à démarcher les professions du droit et du chiffre.

D-Clic, un outil pour les CAC

Jean-Marc Marçais a présenté un outil qu'il a développé avec l'équipe IT de Mazars, notamment pour traiter le FEC (fichiers des écritures comptables).

L'idée de base de « D-Clic » était de créer un smart-FEC avec des outils de visualisation des données pour pouvoir « se balader dans les comptes de façon simple et visuelle ».

Ce logiciel a deux intérêts « la visualisation des chiffres et l'association des informations qui nous intéressent », explique l'auditeur. Il offre la possibilité de suivre ses clients de près de façon simple et rapide.

« Par rapport aux outils classiques comme SmartFEC, Idea et ACL, cet outil apporte une couche en plus d'utilisations très intéressantes », ajoute Gary Barbara.

Il permet ainsi d'analyser des milliers d'écritures comptables et de les replacer par nature, en réduisant le travail à faible valeur ajoutée des comptables.

Moins de calcul, davantage d'analyse

Ensuite, Frédéric Burband, vice-président de la CRCC de Paris, a animé une table ronde avec trois intervenants spécialistes en technologie de l'information associés du cabinet Mazars : Gary Barbara, auditeur IT, Jérôme Huber, spécialiste d'audit des systèmes d'information et Jean-Marc Marçais, expert-comptable, commissaire aux comptes (CAC) et auditeur financier, ainsi que Stéphane Poret.

De nombreuses questions ont été soulevées : Quelles sont les stratégies des entreprises en matière de Big Data et qu'en attendent-elles ? Comment l'environnement et la mission du commissaire aux comptes vont-ils évoluer sous l'influence de cette technologie ? Quelles utilisations et applications pour les CAC ? Quels sont les coûts et l'efficience d'outils de traitement de données ? Sécurité, données personnelles ... Comment sous l'influence du Big Data, le panorama de contrôle du CAC évolue-t-il ?

Dans le cadre de la mise en place de la réglementation LME (loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie), les CAC sont en mesure de réaliser des audits plus précis, en ne regardant plus la comptabilité de façon uniquement comptable mais avec une visée analytique et un prisme différent. « Ce qui est important est la qualité de la donnée de base », a martelé Jean-Marc Marçais, ravi de pouvoir automatiser des tâches à faible valeur ajoutée pour passer plus de temps sur l'analyse fine des comptes.

« Grâce au Big Data, la méthodologie des programmes de contrôle à évoluer vers davantage d'autonomie de l'auditeur », souligne Gary Barbara.

Afin d'utiliser de façon efficace ces outils innovants, il faut d'abord définir un cap et un objectif. En effet, les technologies de Big Data ne sont pas magiques, elles apportent simplement des moyens « qu'il faut toujours mettre en regard de ce qu'on souhaite faire avec », explique l'auditeur.

La technologie s'améliore et va désormais très loin. « Notre champ d'intervention peut être beaucoup plus large qu'auparavant », témoigne Jérôme Huber, même si certains outils doivent être certifiés, notamment à travers une blockchain.

Il faut donc que les professionnels du chiffre « appréhendent la meilleure façon d'exploiter ces nouveaux outils », en conclu Frédéric Burband.




Anne MOREAUX
Journaliste

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