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Les CAC mobilisés pour une relance robuste et rapide

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Les CAC mobilisés pour une relance robuste et rapide
© DR - « On est arrivé au consensus qu'on a besoin d'avoir accès à une information financière beaucoup plus exhaustive, fiabilisée et plus transparente », explique Yannick Ollivier, président de la CNCC.

« Nous sommes des tueurs d'incertitude et des créateurs de confiance », lance Yannick Ollivier, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), qui vient d'élaborer quatre nouvelles missions pour attester de la santé financière des entreprises et participer ainsi à la dynamique de relance économique.

Face au « sentiment d'inquiétude et d'impatience des dirigeants », relève le président de la CNCC, « il nous appartenait, nous commissaires aux comptes, de faire ce travail d'analyse des besoins des entreprises pour accompagner cette dynamique de relance ».

« Nous avons un message à exprimer en ce moment charnière entre le confinement et la reprise à la fois de la vie courante et de la vie économique, un chantier très important qui se présente devant nous », déclare-t-il solennellement avant de présenter le constat dressé par les commissaires aux comptes (CAC) et les solutions développées.

Stratégiquement intitulé « la confiance au service de la relance », le travail de la CNCC contient des propositions élaborées en consultation avec un réseau d'acteurs impliqués dans la relance économique tels que les entreprises et leurs représentants, les CCI, les élus locaux, les parlementaires, les réseaux bancaires, la Banque de France et les présidents des tribunaux de commerce. Ces propositions auront pour double effet de favoriser la reprise économique mais aussi le rebond de cette profession comptable malmenée par les récentes réformes, notamment par la baisse du seuil d'audit légal.

12 000 tiers de confiance engagés

Le constat est simple : « on est arrivé au consensus qu'on a besoin d'avoir accès à une information financière beaucoup plus exhaustive, fiabilisée et plus transparente », explique Yannick Ollivier en décrivant en détail ce « réel besoin exprimé par l'ensemble de l'écosystème » afin de faciliter l'analyse des risques dans leurs affaires.

A l'heure où les entreprises clôturent leur bilan et travaillent à des scénarios de relance, en comptant notamment sur l'aide des dispositifs publics, comme le PGE, le besoin de fiabilisation des données financières exprimé par l'environnement économique est de plus en plus fort.

« Puisque les comptes 2020 ne seront pas bons, il ne faut pas s'y fier et se focaliser sur les comptes 2021 et les éléments d'analyse prévisionnelle », ajoute le CAC qui rappelle que ses 12 000 confrères et consœurs sont « des acteurs de la confiance par la sécurité et la transparence des informations financières », capables d'identifier les piliers de la reprise, car ils sont au plus près des entreprises sur tous les territoires.

« Cette dynamique de relance va se faire de manière progressive. Il faut qu'elle soit rapide et surtout robuste car c'est la croissance de demain qui financera la dette », souligne Yannick Ollivier.

Attester de la santé financière des entreprises

Dans cette période de crise où la lecture des comptes 2020 est rendue complexe par le caractère extraordinaire de cette année marquée par la Covid-19, la communication financière revêt une importance clé et beaucoup d'éléments figurent en effet dans les annexes des comptes.

Pour mener à bien leurs affaires, les parties prenantes ont donc besoin de garanties plus importantes. Elles souhaitent alors disposer d'une information fiable et actualisée, mais aussi d'éléments prévisionnels et d'analyse des risques, ce que les CAC peuvent tout à fait produire.

« Nous sommes des collecteurs d'informations et on peut attester de la santé financière de nos clients », assure le président de la CNCC.

Les professionnels de l'audit comptable ambitionnent ainsi de contribuer à donner une information plus complète et à sécuriser les dispositifs qui s'inscrivent dans le plan de relance autour de deux axes :

  • sécuriser les dispositifs d'aide, pour une relance durable, robuste, et ciblée ;
  • fiabiliser les informations communiquées et leur bonne utilisation, au service des entreprises et de leurs partenaires, publics et privés.

« L'enjeu principal est d'objectiver la situation financière des entreprises pour orienter et rassurer. Elles ont besoin de la présence d'un tiers indépendant qui leur permette d'aller vite car aujourd'hui on ne peut pas traîner », résume Yannick Ollivier. L'objectif est de leur éviter d'adopter une « posture de prudence » qui retarderait la dynamique de reprise.

Prévenir et orienter les entreprises en difficulté

« Ce travail d'analyse de la santé des entreprises sera aussi l'occasion de faire de la prévention et d'orienter celles qui sont réellement en difficulté vers des dispositifs juridictionnels », ajoute celui-ci en mettant l'accent sur le devoir de prévention des CAC et leur mission d'alerte.

« Aujourd'hui, on ne peut pas envoyer des millions d'euros vers des entreprises qui n'ont aucune chance de survie », souligne l'auditeur.

L'Etat a en effet mis pas moins de 100 milliards d'euros sur la table pour soutenir la relance (30 Mds pour l'écologie et la transition énergétique, 34 Mds pour la compétitivité des entreprises et 36 Mds pour la cohésion des territoires) dispatchés à travers plus de 120 dispositifs (subventions, prêts, garanties, prises de participations, exonérations d'impôts, financement de déficits…). Il relève de la responsabilité des acteurs du monde du chiffre de contrôler la bonne utilisation de ces fonds publics et d'éviter les effets collatéraux et les faillites en cascade.

La CNCC a donc développé quatre nouvelles missions sur mesure adaptées à la taille des entités avec des attestations formatées qui seront bientôt délivrées par les CAC (voir infographie ci-dessus). Si ces services d'audit comptable ne s'adressent pas aux TPE, ils visent toutefois toutes les entreprises, même celles qui n'ont jamais eu à faire appel à un CAC.

« Les banques sont très preneuses et vont communiquer auprès de leurs clients sur la possibilité d'avoir recours à ces attestations », se réjouit Yannick Ollivier. La profession se dit « extrêmement engagée et solidaire » au service de l'intérêt général et « souhaite voir renaître nos entreprises », conclut-il.




Anne MOREAUX
Journaliste

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