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Les CAC en pleine transformation au service de la croissance

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Les CAC en pleine transformation au service de la croissance
© A.P. - Jean Bouquot, pdt de la CNCC, ravi d'accueillir Nicole Belloubet, garde des Sceaux, et Charles-René Tandé, pdt du CSOEC.

« Les défis à relever sont nombreux mais vos atouts le sont plus encore », a lancé la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a une salle comble lors des Assises de la compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), le 21 novembre dernier au Palais des Congrès de Paris.

Intitulée « Transformer la profession pour relever les défis économiques de la France », la 30e édition des Assises de la CNCC avait un cahier des charges bien fourni.

Cette profession unie, représentée par 33 compagnies régionales, se dit très fière de son rôle dans la croissance économique et porte haut les couleurs de la transparence et de la confiance. Très sensible au rôle et à l'évolution de son périmètre d'exercice, elle se confronte aujourd'hui à certains bouleversements.

En effet, le président de la CNCC, Jean Bouquot, a expliqué à ses confrères que la profession de commissaire aux comptes (CAC) doit relever trois défis majeurs : la révolution du numérique et l'augmentation des cyber-risques, la définition et l'élargissement de son périmètre d'action, et l'augmentation de son attractivité.

Première rencontre entre les CAC et la garde des Sceaux Nicole Belloubet

Après avoir salué le travail réalisé par les organisateurs de ces 30e assises et ceux qui ont créé le tout premier baromètre économique de la profession, Jean Bouquot s'est réjoui de la présence de la garde des Sceaux venue, pour la première fois, à la rencontre de la profession.

A la suite d'une introduction historique du métier de CAC - unique profession du chiffre rattachée au ministère de la Justice - la ministre Nicole Belloubet a expliqué que ce rendez-vous représente un temps d'échanges et d'analyse pour appréhender les enjeux et les défis de la profession « dont le rôle est important pour l'environnement économique ».

Pour la garde des Sceaux, la science des CAC et leur expertise minutieuse soutient l'expansion économique des entreprises dans un cadre protecteur. Même si la mise en œuvre de la récente réforme européenne de l'audit « n'a pas été facile », la ministre a toute confiance dans la capacité d'adaptation de la profession.

« Les défis à relever sont nombreux mais vos atouts le sont plus encore », a-t-elle lancé à son auditoire. Nicole Belloubet a aussi justifié le rattachement de cette profession du chiffre particulière à son ministère : «Une exception mais certainement pas une anomalie car le CAC participe à l'exercice de missions régaliennes comme le déclenchement d'une procédure d'alerte et la dénonciation de faits délictueux.»

Agilité face à la révolution numérique

Sur ce premier point, Jean Bouquot a précisé que les CAC doivent à la fois adapter leurs méthodes de travail, mais aussi répondre aux nouveaux enjeux causés par la gestion des cyber-risques. Etaient notamment visés l'entrée en vigueur du RGPD en mai prochain et l'augmentation des cyberattaques dont la société Uber a payé tout récemment les frais.

« Nous devons être des vecteurs de sensibilisation et d'alerte sur ces enjeux de cybersécurité auprès de tous nos clients », selon le président de la CNCC.

« Quelle sécurité voulons-nous pour notre économie ? », a interrogé Jean Bouquot pour qui les CAC doivent être « des vigies de la cybercriminalité ».

En outre, une vidéo de Mounir Majhoubi, secrétaire d'Etat en charge du Numérique, a été retransmise devant les CAC afin de les sensibiliser à leur rôle clé dans l'accompagnement des entreprises face à la révolution numérique.

« Le Gouvernement travaille puissamment sur la question des risques de cybercriminalité », a d'ailleurs souligné Nicole Belloubet lors de son intervention, en comptant l'auditoire comme un acteur de premier rang dans cette lutte.

« Comme l'a dit Mounir Majhoubi, nous évangéliserons ensemble les TPE-PME », a ajouté Jean Bouquot dans un élan optimiste.

Elargir son périmètre d'activité

« Notre présence dans la société est cruciale pour apporter transparence et confiance à la croissance économique », a expliqué Jean Bouquot.

La proportionnalité des exigences de l'audit à la taille des entreprises a du sens selon la ministre qui défend à ce titre la réforme. Sur la question des seuils, la garde des Sceaux va toutefois mener une réflexion en confiant une mission à la Direction générale des finances sur l'impact de leur redéfinition.

« Notre intervention n'est pas une charge mais une garantie », a lancé Jean Bouquot en défendant le rôle joué par les CAC dans les petites entreprises.

Quant à la question récurrente de la frontière entre conseil et recommandations posée par les CAC, la présidente du H3C, Christine Guéguen, a rappelé que le CAC doit avant tout certifier les entreprises et pas véritablement donner d'avis ni de recommandations. « Il faut toujours respecter les limites fixées par les textes, sans concession possible », a-t-elle résumé en leur rappelant l'interdiction formelle de faire du conseil, tout en soulignant leur rôle de lanceur d'alerte.

Par ailleurs, Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables (CSOEC), a exprimé auprès de la ministre « le regret de voir les CAC exclus des SPE » (société pluri-professionnelles d'exercices), ce qui empêche tous les cabinets mixtes EC-CAC de se mettre en interprofessionnalité. Une réflexion est donc à mener sur ces sujets d'éthique.

Communication pour booster l'attractivité

Qualifiant l'attractivité de la profession de « un défi constant », la garde des Sceaux souhaite offrir aux CAC un champ d'action étendu « afin que la profession puisse attirer de jeunes talents et passer ce tournant ».

« La France est le seul pays du monde où les missions des CAC dépassent fortement la seule certification des comptes », a souligné Jean Bouquot rappelant le périmètre étendu de la profession et sa capacité à être un véritable ascenseur social.

« Nous connaissons une forte baisse d'attractivité de notre métier. Notre voie d'accès "royale" du commissariat aux comptes est le diplôme d'expertise-comptable et nous avons donc un besoin de rendre cette formation encore plus attractive. La richesse de nos cabinets, ce sont les femmes et les hommes qui les composent. Là encore, l'unité sera synonyme de performance et donc d'attractivité », confiait-il dans nos colonnes en septembre dernier à l'occasion du 72e Congrès des experts-comptables.

L'intervention de Charles-René Tandé, président du CSOEC, allait d'ailleurs dans ce sens. Les institutions des CAC et des EC sont tout à fait sur la même longueur d'onde « à un moment crucial pour les professions ». L'objectif est de participer à la croissance en se mettant au service de ceux qui font l'économie.
« Nous assurons auprès des entreprises le service après-loi mais nous pourrions être un relais encore plus efficace si nous participions au service avant-loi », a-t-il proposé à la ministre.

Ce rôle de lobby pourrait ainsi être davantage mis en avant pour attirer de nouveaux talents.

© A.P.

Réactions de l'environnement sur le baromètre économique des CAC

Quel concours la profession peut-elle apporter au mouvement de retour à la croissance ? C'est pour répondre à cette question que la CNCC a lancé le tout premier Baromètre économique des risques des PME.

« L'économie va vite et nous devons accompagner son mouvement », a expliqué Jean Bouquot. Les CAC peuvent aider les entreprises dans leur développement et leur pérennité.

De fait, « la mise en œuvre de notre procédure d'alerte donne trois fois plus de chance aux entreprises en défaillance de sauver leur activité », a-t-il souligné.

La CNCC a invité un entrepreneur et une députée de la majorité à venir commenter les résultats du baromètre économique. Sans surprise, ils ont confirmé que « les CAC sont au cœur du réacteur » pour pousser les business des entreprises françaises et assurer stabilité et confiance.

La députée Olivia Grégoire, membre de la Commission des finances et d'un groupe de travail composé de 6 binômes parlementaire/chef d'entreprise, a « besoin des CAC » pour orienter les travaux de son groupe sur de nombreuses questions comme celles de la simplification, de l'attractivité et des seuils d'entreprises. Ce groupe rendra des pistes de travail au ministre de l'Economie le 10 décembre prochain, en vue de la préparation d'une loi en mars qui sera votée en avril.

Antoine Flamarion, fondateur de Tikehau, a lancé son fonds d'investissement en commençant par aller voir le commissaire aux comptes de son père. En contact fréquent avec les CAC dans son activité de financement d'entreprise, cet entrepreneur est convaincu qu'ils sont « des partenaires clés dans le développement ». Selon lui, le chef d'entreprise a besoin d'accompagnement et d'aide stratégique, donc de conseils externes, « qu'il soit dans une PME ou une grande entreprise du CAC 40 ». Par ailleurs, souhaitant « trouver les moyens de ramener l'épargne des Français dans l'économie réelle », il appelle les CAC à répondre à une mission de conseil et d'accompagnement à ce niveau.

En rebondissant, Olivia Grégoire a donné rendez-vous à l'auditoire le 22 janvier à un événement organisé par la Banque de France et le Gouvernement pour « imaginer ensemble de nouveaux véhicules de financement des entreprises ».

Les CAC ont ainsi un rôle à jouer dans le changement culturel en marche visant à conforter le placement de l'épargne dans les canaux fertiles de l'économie.




Anne MOREAUX
Journaliste

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