AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand ParisL'éolien cherche son second souffle

L'éolien cherche son second souffle

L'industrie éolienne française est en perte de vitesse. Les capacités installées diminuent depuis deux ans : 1 253 MW (mégawatts) en 2010, 825 en 2011 et 200 au premier semestre 2012.

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A ce rythme, il est illusoire d’espérer que l’éolien terrestre fournisse 10 % de la consommation électrique de notre pays en 2020, objectif fixé par le Grenelle de l’Environnement. FEE (France Energie Éolienne), association rassemblant plus de 230 professionnels français de ce secteur, déplore les incertitudes juridiques de la filière, concernant notamment le tarif de rachat par EDF. L’État oblige en effet, depuis 2000, les distributeurs d’électricité à acheter l’électricité produite à partir de l’énergie éolienne aux exploitants qui en font la demande, à un tarif fixé par arrêté ministériel. Le distributeur en répercute le surcoût à ses clients par une contribution proportionnelle à l’électricité qu’ils consomment. Depuis plusieurs années, ce prix est fixé à 82 € par MWh (mégawattheure) pour l’éolien terrestre.

Constatant que ce tarif est sensiblement supérieur au prix de gros de l’électricité en France (soit environ 50 € le MWh), les anti-éoliens pointent une distorsion aux règles de la concurrence. Ils ont saisi le Conseil d’Etat, qui a décidé en mars de s’en remettre à la Cour européenne de justice. Selon Nicolas Wolff, président de la FEE, la Cour va sans doute confirmer que ce tarif constitue bien une aide d’Etat, donc illégale au regard du droit européen. Du coup, les établissements bancaires ne financent plus les projets éoliens. Le développement d’un parc prend actuellement huit ans en France contre quatre en moyenne en Europe. Le Sénat, qui vient de rendre un rapport classant l’éolien terrestre parmi les énergies renouvelables les moins coûteuses, se penche actuellement sur des mesures pour raccourcir ce délai.

Va-t-on étouffer cette jeune filière, créatrice d’emplois (11 000 actuellement en France) et qui participe au développement durable ? L’argument économique n’est pas crédible car, d’une part le coût du KWh éolien tend à se rapprocher de celui du KWh nucléaire, d’autre part, le surcoût attribuable à l’énergie éolienne dans la facture d’électricité des Français ne représente guère que 3 euros par an.

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