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Bâtonnat: les candidats Cousi/Roret dévoilent leurs dernières propositions

Olivier Cousi et Nathalie Roret ont présenté dernièrement leurs "ultimes propositions" concernant « l'avocat 3.0 ».
Bâtonnat: les candidats Cousi/Roret dévoilent leurs dernières propositions

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Les candidats au bâtonnat et au vice-bâtonnat, Olivier Cousi et Nathalie Roret, ont récemment fait part de leurs « ultimes propositions » au cours d'un déjeuner-débat consacré aux legaltechs.

S'agissant d'une part de la création d'outils numériques par les avocats eux-mêmes, les candidats Cousi/Roret souhaitent créer l'institut du barreau de Paris. « Ce lieu de formation, d'excellence » serait également ouvert sur la société civile. En effet, pour Olivier Cousi, les avocats « ne doivent pas réfléchir tous seuls », et ont besoin d'ingénieurs, de partenaires pour mener à bien cette transition numérique.

Concernant d'autre part les relations entre avocats et les prestataires d'outils technologiques, le binôme envisage de renforcer la protection de l'indépendance, de la compétence et de la confiance. Une cellule de surveillance des réseaux serait mise en place, afin de veiller à la sécurité informatique des avocats et de préserver le secret professionnel. Une cellule de recherche et développement est également prévue, afin d'aider les avocats à mieux comprendre ces outils et à les protéger dans les échanges quotidiens avec le client.

Quant aux prestataires de services juridiques en ligne qui ne sont pas avocats, les candidats feront preuve de « pragmatisme, mais avec détermination ». L'interdiction pure et simple d'exercer n'étant pas envisageable, Nathalie Roret et Olivier Cousi fondent leur approche du problème sur la distinction entre les services d'informations/de documentation juridique, et le conseil juridique proprement dit.

« Nous demanderons aux robots de respecter nos règles », a illustré Olivier Cousi avec humour, précisant qu'il faudra, lorsque les opérateurs offriront des services juridiques concurrents à ceux des avocats, « passer des accords clairs avec le barreau sur les règles déontologiques et sur le respect du périmètre de la profession ».

« Ne confier qu'aux avocats le travail des avocats »

Pour lui, s'il n'est évidemment pas possible de réglementer toutes les legaltechs, reste que « l'Ordre de Paris a été en première ligne et le premier à avoir traité ces sujets avec la mise en place d'accords, de chartes et des partenariats ». Il s'agit par là-même de « ne confier qu'à des avocats le travail des avocats », et de faire respecter la dignité contenue dans le serment.

En effet, pour Olivier Cousi, la valeur ajoutée ne doit pas être captée par ces organismes ou leurs actionnaires, mais « partagée de manière équitable avec le prestataire de service final qu'est l'avocat ».

Pour toutes ces raisons, l'Ordre est « l'autorité naturelle de régulation des services juridiques en ligne », selon le candidat au bâtonnat. Nathalie Roret a ajouté que la justice prédictive devra également être suivie avec attention, puisqu'elle risque de changer de manière « considérable » la manière dont travaillent les avocats.

En ce sens que la connaissance de l'aléa judiciaire impliquera l'organisation d'un maillage territorial, d'un réseau « pour être en mesure de porter un dossier dans telle juridiction si celle-ci vous est plus favorable ».

Nathalie Roret suggère ensuite de développer dès l'EFB et en formation continue l'enseignement des modes alternatifs de règlement des conflits, afin de mieux armer ses confrères face à un client qui refuserait d'ester en justice du fait de faibles chances de gagner un procès.

Afin de mettre en œuvre ces différentes propositions, le binôme mise sur un système de « contribution collaborative », développé lors de la campagne. Un procédé original qui permettrait de peser davantage lors des opérations de lobbying, grâce aux compétences de certains experts du barreau dans différents domaines.

Et qui redonnerait, comme l'espèrent Nathalie Roret et Oliver Cousi, une certaine confiance des avocats en leur Ordre, alors qu'à l'heure actuelle ceux-ci ont « l'impression que rien ne change, que rien ne bouge ».


Les propositions points par point:

Un Ordre plaçant l'avocat au centre de l'économie numérique du droit et protégeant la profession contre les concurrents déloyaux :
• Mise à disposition d'un « Kit de l'avocat Connecté »
• Formations aux outils numériques
• Instauration d'une labélisation
• Poursuite systématique des Legaltech non respectueuses de la déontologie et du périmètre de l'activité des avocats

Un Ordre incitant les avocats à s'approprier de nouveaux marchés et à développer de nouveaux partenariats :
• Renforcement du lobbying auprès des pouvoirs publics (compliance, protection des données... )
• Formation des avocats aux techniques de développement de leur activité
• Création par l'Ordre d'une cellule R&D constituée d'informaticiens, de chercheurs et de juristes internationaux

Un Ordre encourageant le développement des structures interprofessionnelles, nouvelle opportunité de croissance :
• Instauration de séances d'information régulières et de permanences assurées par des praticiens expérimentés.
• Organisation de rencontres interprofessionnelles régulières pour favoriser les échanges et l'élaboration de projets communs.
• Nomination d'un délégué interprofessionnalité à l'Ordre

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