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Transport Le train des primeurs sur la bonne voie

Prolongation jusqu’au port d’Anvers, modernisation de la gare du marché…, rappelle que des investissements nouveaux doivent accompagner la bonne nouvelle qu’est la réouverture du train de marchandises “des primeurs” .
Le train des primeurs sur la bonne voie
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ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le , Propos recueillis par Timothée David

Le Premier ministre Jean Castex annonçait récemment, dans le cadre du plan de relance, la remise sur rail du train de marchandises Perpignan-Rungis pour le 18 octobre. Surnommé « train des primeurs », cette ligne historique amenait fruits et légumes depuis le sud de la France et l’Espagne jusqu’au marché international. Elle était à l’arrêt depuis l’été 2019. Maire de Rungis et vice-président de l’EPT Grand-Orly Seine Bièvres en charge du Fret et de la logistique, Bruno Marcillaud s’en réjouit mais rappelle que beaucoup reste à faire pour assurer une viabilité à long terme. Entretien 

La reprise du train des primeurs semble plutôt un soulagement pour l’élu que vous êtes…

Bruno Marcillaud : C’est une très bonne nouvelle. Pour moi, il était indispensable que nous puissions relancer cette ligne Perpignan-Rungis, d’abord pour enlever un certain nombre de camions (ndlr : 9000 par an selon le ministère) sur le territoire de la ville et aux alentours. Je crois beaucoup au transport du fret par rail. Il représente l’avenir même si on a des difficultés à le mettre en place. Il est en effet vrai que cela reste plus simple de prendre un camion et de faire du porte-à-porte car le rail reste toujours confronté au problème du dernier kilomètre, celui qui sépare la gare de l’étalage. 

Je me réjouis aussi du fait que la réflexion semble plus large. Il ne faut pas que cette ligne reste cantonnée à Perpignan-Rungis avec des légumes et des fruits qui viennent à la fois d’Espagne, du Sud de la France, du Maroc et autre. C’est une question de rentabilité. On ne peut pas rester dans le monde des bisounours et dire que l’on fait rouler un train même vide. Il faut trouver une sortie économique à tous les projets à défaut de quoi ils ne durent pas longtemps. Il faut envisager cette ligne plus grande entre Barcelone et le port d’Anvers via Rungis qui permettra d’avoir d’autre type de marchandises que des fruits et des légumes. Cela permettra d’intéresser des chargeurs.

L’intérêt de relier Anvers est aussi que les trains ne fassent pas le retour à vide…

B.M. : Exactement, jusqu’alors, le train montait à plein et repartait pratiquement à vide. Le 18 octobre la ligne est relancée mais aller vers ce dont je parle nécessite également des investissements du côté de la gare du marché de Rungis. Elle a le gros défaut de ne pas être une gare multimodale. Ce qui intéresse les chargeurs est de pouvoir mettre des containers ou des camions sur les trains. Pour cela à l’arrivée il faut des grues, il n’y en a pas à Rungis. Il faut aussi des rampes pour que les camions puissent sortir des trains, il n’y en a pas à Rungis. Aujourd’hui la gare de Rungis ne peut accueillir que des wagons que l’on charge et décharge avec des transpalettes. Pour que la ligne Barcelone-Rungis-Anvers ait un avenir, ces transformations sont nécessaires. Cela veut dire un peu de sous et des partenariats entre divers acteurs, la S.N.C.F., la Semmaris (ndlr, l’entreprise qui gère le marché d’intérêt national), l’Etat, Fret Europe…

La date du 18 octobre n’est-elle donc pas prématurée ? Les causes invoquées pour expliquer la fermeture de la ligne semblent en effet exiger en effet de lourds travaux. Certains disent que l’état du réseau oblige les trains à limiter leur vitesse, ce qui conduit soit à les faire partir trop tôt et insuffisamment pleins de Perpignan, soit à les décharger trop tard à Rungis par rapport aux horaires du marché. D’autres expliquent que l’ouverture à la concurrence rend la ligne inintéressante car les renouvellements de concession ne laissent pas assez de temps pour rentabiliser un investissement…

 

B.M. : Il faut d’abord reconnaître une forte mobilisation du gouvernement et du Premier ministre faisant passer les autres problèmes au second plan. On se rend compte que les wagons que l’on pensait obsolètes ne l’étaient pas totalement. Il y a certes un problème d’horaires mais lorsqu’il y a une volonté publique et un Premier ministre qui tape du poing sur la table et dit « on fait », cela permet d’avancer. Par ailleurs, l’appel d’offres relancé au mois de février a donné lieu à plus de réponses que ce que l’on imaginait. L’attributaire Rail Logistics Europe Europe a montré un vrai intérêt pour ré-exploiter cette ligne.

 

 

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