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Le Schéma de cohérence territoriale de la MGP adopté

Après quatre années de discussions et de compromis entre les différents groupes composant le Conseil métropolitain du Grand Paris, le Schéma de cohérence territoriale (Scot) a pu être définitivement voté et adopté.
Le Schéma de cohérence territoriale de la MGP adopté
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Les cinq groupes qui composent le Conseil de la Métropole du Grand Paris (MGP) ont réussi à se mettre d’accord sur un schéma de cohérence territoriale après de vives discussions lors des derniers débats concernant le texte qui régira l’organisation du territoire. Le texte adopté a été validé par 92,4 % des conseillers métropolitains présents pour le vote. Il reste encore plusieurs étapes pour que le Scot soit totalement approuvé. Durant le premier trimestre 2022, les communes seront consultées ainsi que la Mission régionale d’autorité environnementale (Mrae). Viendra ensuite le temps de la procédure qui se tiendra sur tout le second semestre 2022. L’approbation du Scot est prévue pour le début d’année 2023.

Les 12 orientations du Scot métropolitain

Le texte adopté contient douze orientations principales visant principalement à rendre la Métropole du Grand Paris plus égalitaire et à lutter contre le dérèglement climatique tout en conservant la compétitivité de cette dernière.

  1. Conforter une Métropole polycentrique, économe en espaces et équilibrée dans la répartition de ses fonctions

Le constat de l’ensemble des groupes est que la Métropole est marquée par de nombreux déséquilibres dans la répartition des espaces verts, des équipements, des logements ou encore pour ce qui concerne l’emploi ou les commerces. Ce Schéma de cohérence vise à garantir la mixité des fonctions sur l’ensemble du territoire pour réduire ces inégalités au maximum. Sur un plan environnemental et de la qualité de vie, cet axe du Scot vise également à limiter la consommation d’espaces naturels, forestiers et agricoles pour arriver à un équilibre entre espaces urbanisés et naturels.

  1. Embellir la Métropole et révéler les paysages, renforcer la présence de la nature et de l’agriculture en ville

Actuellement, les espaces naturels ne représentent que 14 % de l’ensemble du territoire métropolitaine contre 86 % de territoires artificialisés. Les élus du Scot souhaitent préserver et créer de nouveaux espaces verts et préserver la biodiversité afin de lutter contre les effets du dérèglement climatique.

  1. Permettre aux quartiers en difficulté de retrouver une dynamique positive de développement

Avec cette orientation, la MGP souhaite entre autres désenclaver les quartiers isolés, par une meilleure desserte en transports en commun, la réduction des coupures urbaines et le développement des mobilités douces.

  1. S’appuyer sur les nouvelles technologies et les filières d’avenir

Pour accélérer le développement économique du territoire, la MGP parie sur les nouvelles technologies et souhaite favoriser le développement des lieux de rencontre et d’espaces de travail partagés. Une politique de développement des infrastructures fixes et mobiles dans les territoires est également prévue par le texte.

  1. Mettre en valeur la singularité culturelle et patrimoniale de la Métropole du Grand Paris

Parce que la MGP est la première destination touristique mondiale, les conseillers métropolitains souhaitent mettre en valeur le patrimoine du territoire mais également le rendre toujours plus accessible aux habitants de ce dernier. L’objectif de cette orientation est de rendre les différents équipements culturels plus visibles et accessibles, au service de tous les habitants et usagers de la Métropole.

  1. Offrir un parcours résidentiel à tous les Métropolitains

Alors que le marché immobilier est de plus en plus tendu, la Métropole doit permettre à l’ensemble de ses habitants de trouver un logement adapté à leurs besoins dans des prix acceptables. Pour cela, le Scot cherchera à encourager la production de logements, notamment sociaux, pour proposer une offre qualitative, diversifiée, bien desservie et adaptée à tous les Métropolitains, quels que soient leur âge, leurs revenus et leurs besoins spécifiques.

  1. Agir pour la qualité de l’air et transformer les modes de déplacement

L’objectif de cette orientation est de réduire l’usage de véhicules individuels et de développer pour cela l’offre de transports en commun et les mobilités douces. Aujourd’hui, 1,4 million de Métropolitains sont exposés à un air de mauvaise qualité et 77 % des habitants du territoire sont exposés à des niveaux élevés de bruit, le principal facteur de bruit étant les véhicules individuels. La mise en place du Plan climat air énergie métropolitain (PCAEM), de la Zone à faibles émissions (ZFE) et du Plan de prévention du bruit (PPBE) aideront à atteindre les objectifs fixés.

  1. Renforcer l’accessibilité de tous à tous les lieux en transports en commun

Afin de favoriser l’inclusion des personnes à mobilité réduite dans la vie métropolitaine et de leur permettre d’accéder aux différents lieux culturels, sportifs ou plus largement à toutes les infrastructures qui composent le territoire, la MGP souhaite améliorer l’accès de ces personnes aux transports en commun pour qu’elles puissent plus facilement se déplacer en autonomie.

  1. Confirmer la place de la Métropole comme une première créatrice de richesse en France

Pour tenir cet engagement, il s’agira de maintenir et renforcer la diversité économique sur le territoire, en veillant au bon équilibre des activités productives artisanales, servicielles et commerciales ainsi que de préserver et consolider les sites logistiques existants et réserver des espaces fonciers pour la création de nouveaux sites nécessaires au bon fonctionnement de la Métropole.

  1. Engager le territoire métropolitain dans une stratégie d’économie circulaire

Toujours dans un objectif de réduction de la pollution, la MGP souhaite développer l’économie circulaire et repenser les moyens de production et de consommation pour limiter le gaspillage. Pour cela elle s’engage à favoriser le réemploi et l’utilisation de matériaux recyclés, biosourcés ou locaux pour limiter la consommation de ressources en matériaux.

  1. Organiser la transition énergétique

La lutte contre le réchauffement étant un axe majeur du Schéma de cohérence territoriale, la MGP s’est engagée à travers le PCAEM à atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour cela, elle doit réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre. Pour répondre à cet enjeu, il a été décidé de développer les systèmes mutualisés de récupération et de production d’énergie pour tendre à un système multi-énergies plus durable.

  1. Maîtriser les risques et lutter contre les dégradations environnementales

Si la lutte contre le réchauffement fait partie du Scot, la prévention des catastrophes environnementales que ce dernier va engendrer dans les années à venir est également une orientation importante du texte final. La MGP souhaite construire un territoire résilient face aux risques d’inondations, en luttant contre l’imperméabilisation des sols et en favorisant la nature en ville.

Un document « pas parfait » mais acceptable

Si les conseillers sont finalement parvenus à se mettre d’accord sur un texte, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Le 24 janvier en milieu d’après-midi, le Scot a même bien failli ne pas être voté après que les groupes écologistes et socialistes ont appris l’ajout au vote de plusieurs amendements par le groupe représentant la droite. Ces derniers ont finalement accepté le texte final soumis au scrutin en fin de journée après quelques moments de flottements dans l’hémicycle.

Ludovic Toro, président du groupe centriste, s’est félicité de la finalisation de ce texte : « Ce Scot est le fruit de quatre années de travail des élus, j’en suis très heureux, ce n’est cependant pas parfait. Notre groupe est favorable à son adoption en très grande majorité. » Même ambiance du côté du groupe socialiste qui note les imperfections du texte mais l’approuve dans son ensemble : « Nous pouvons nous réjouir d’assister à un moment aussi important dans la métropole. Le Scot n’est pas parfait certes, nous nous dirigeons vers l’adoption d’un Scot à l’image de la gouvernance, c’est-à-dire, porté collectivement. Il n’est bien sûr pas exactement conforme à ce que nous aurions rédigé si nous avions la majorité mais j’ai plutôt tendance à me réjouir de ce document. », a affirmé Emmanuel Grégoire.

Le regard le plus critique est venu du groupe Front de gauche représenté par Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, qui a évoqué un texte manquant d’ambition tant sur le plan social que sur le plan écologique. Son groupe a finalement voté en grande partie pour l’adoption de ce texte qui, selon Patrice Leclerc, « aurait pu être pire ».

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