AccueilLe réseau Experts France-Maghreb veut aider les jeunes experts-comptables

Le réseau Experts France-Maghreb veut aider les jeunes experts-comptables

Lamia Allouli vient d'être élue présidente du réseau Experts France-Maghreb réunissant les experts-comptables et commissaires aux comptes des deux rives de la Méditerranée. Son action à la tête de l'association se décline autour de trois axes : l'accompagnement des jeunes confrères, la mise en place de structures régionales et le renforcement des relations avec les consoeurs et les confrères à l'international.
Le réseau Experts France-Maghreb veut aider les jeunes experts-comptables
Bureau REFM

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Affiches Parisiennes : Vous venez d'être élue présidente du réseau Experts France Maghreb, comment envisagez-vous votre action ?

Lamia Allouli :Tout d'abord, je remercie toutes et tous de l'honneur et la confiance qu'ils m'ont témoignée pour être à la tête d'un réseau comme le nôtre. Mon programme tourne, essentiellement autour de trois points : les jeunes, l'international et le développement de la proximité. Les jeunes : notre profession doit se développer, innover et répondre aux besoins de sa clientèle.

Pour atteindre ses objectifs, elle doit devenir plus attractive et plus performante et donc séduisante pour attirer vers elle les jeunes talents des grandes écoles de commerce et des universités. Le constat que nous avons pu faire est simple. Nous avons d'un côté nos adhérents, cabinets de taille moyenne, qui ont beaucoup de difficultés à trouver du personnel qualifié et de l'autre côté des jeunes en formation qui ont de la peine à trouver du travail et des stages.

Notre objectif est de jouer notre véritable rôle et de mettre en valeur notre vocation, qui est de servir de lien par le développement de la formation, du coaching et de l'accompagnement pour une transmission « win-win ». Une grande partie de notre travail va également être spécialement axée sur les stagiaires, ou mémorialistes, et les jeunes consoeurs et confrères experts-comptables et commissaires aux comptes qui s'installent ou qui désirent le faire.

L'international : mes prédécesseurs ont réalisé un travail important et ont établi un lien très fort entre les professionnels du Nord Afrique et de la France. Notre ambition est de consolider et renforcer ces liens et d'en créer d'autres à travers l'Europe (Belgique, Luxembourg, etc.) et les confrères du Moyen-Orient.

La proximité : pour peser et devenir plus visible, il faut être présent sur le terrain. Notre projet est d'avoir des antennes régionales et nous allons commencer par Lille, Montpellier, Lyon et éventuellement Marseille.

« L'isolement est le signe de l'abandon. Notre profession est active, attrayante et prometteuse. »

A.-P. : Allez-vous également prendre en compte le développement de l'interprofessionnalité ?

L.A. : Oui, l'interprofessionnalité est dans les textes. Nous l'avons espérée et nous devons la développer. Elle est aussi au coeur de l'action que nous mettons en place, en partenariat avec nos amis avocats, notaires et administrateurs. L'isolement est le signe de l'abandon. Notre profession est active, attrayante et prometteuse. Le full service est un challenge qu'il faut relever avec nos amis dans la transparence et l'amour de la qualité et du service rendu.

A.-P. : Comment est composé le nouveau bureau de l'association ?

L.A. : Comme vous avez pu le constater par vous-même, la parité est plus qu'assurée. La présidente est une femme et les membres du bureau et du conseil d'administration (lire encadré) sont tous des jeunes consoeurs et confrères. Je vous fais remarquer que le passage du relais est une volonté de tous les membres de notre réseau. Si je suis à mon poste, c'est que j'ai été portée par mes pères, qui restent membres de notre conseil pour nous apporter les expériences, leur savoir-faire et leur soutien.

A.-P. : Pouvez-vous nous présenter les différentes commissions mises en place ?

L.A. : Pour lancer les actions que j'ai précédemment détaillées, nous avions déjà des commissions, notamment la commission « confrères » qui travaille sur la formation, l'accompagnement et la mise en relation de nos adhérents avec les institutions. Nous avons également la commission « international et relations publiques » qui gère les relations avec les institutions, en France et à l'étranger.

La commission « communication » va, quant à elle, prendre en charge l'organisation de tous les événements qui vont ponctuer cette année 2017. A ce titre, nous participons aux congrès professionnels de l'Ordre et des syndicats, tant en France qu'à l'étranger.

A.-P. : À ce propos, quel est l'événement phare qui se profile ?

L.A. : Cette année, nous allons fêter les 15 ans de l'association. Pour cette célébration, nous allons organiser, après le congrès de l'Ordre, un événement- conférence avec un côté festif. Cet événement ne doit pas occulter les autres qui sont d'importance, à savoir la mise en place de formations homologuées à l'étranger comme en France et l'organisation d'une conférence franco-maghrébine en binôme avec nos confrères de la Chambre nationale des CAC Algériens et qui aura lieu en Algérie.

A.-P. : Quels sont les grands thèmes qui seront abordés lors des prochains événements que vous organisez ?

L.A. : Comme je viens de le préciser, la profession comptable est une profession vivante, évolutive et qui doit s'adapter à son marché. Nos cabinets doivent être numériques et ouverts sinon ils disparaissent. Notre rôle, comme celui des instances ordinales, est de les accompagner. Nous multiplions donc les formations sur ce sujet majeur.

Notre conviction est que rien ne peut se faire sans la formation et le renforcement des liens. C'est pourquoi nos premières actions vont se concentrer sur le développement des relations intra-professionnelles par la mise en place des work-shops qui vont devenir des événements supports. L'évolution de la réglementation à l'international est également à l'ordre du jour de ces rendez-vous formation et information.

A.-P. : Le nouveau président du Conseil supérieur, Charles-René Tandé, met l'accent sur la spécialisation de l'expert-comptable et le développement du conseil. Que pensez-vous de ces initiatives ?

L.A. : Il me semble que nous nous situons sur la même trajectoire. La comptabilité, plus précisément la tenue, n'est que le support et c'était le reflet de la situation économique et légale du moment et une expression d'une législation fiscale du pays. La tenue reste nécessaire et répond encore à un besoin en attendant que notre fiscalité puisse être révolutionnée. Le full services est le prélude à une imminente révolution dans les professions libérales et leurs rapports à l'entreprise.

Pour développer nos cabinets, nous devons élargir notre offre en l'orientant davantage sur le conseil. Nos clients entrepreneurs ont davantage besoin de conseil, surtout lorsqu'ils affrontent les contraintes économiques et les changements de réglementation. L'avenir est dans l'accompagnement, surtout pour les entreprises qui interviennent à l'international.

A.-P. : Que diriez-vous au patron d'une PME que vous conseillez ?

L.A. : Qu'il est l'alpha et l'oméga de la vie économique. Il est l'acteur et le créateur de la richesse et qu'il doit être présent là où se trouvent les opportunités. Pour réussir, il doit s'entourer de professionnels et conseils compétents et aguerris. Le professionnel qui pourrait être le maître d'oeuvre et le coordinateur est son expert-comptable.

La première femme à la tête du REFM
Inscrite à l'Ordre des experts-comptables de Paris et de Casablanca, Lamia Allouli a forgé son expérience professionnelle au sein de cabinets parisiens d'expertise-comptable et de commissariat aux comptes de taille humaine. Elle a choisi de se spécialiser dans la comptabilité anglo-saxonne, droit et fiscalité, et les normes internationales afin d'accompagner des investisseurs et des chefs d'entreprise à l'étranger, notamment au Maroc, Afrique de l'Ouest et Moyen-Orient. Elle est aujourd'hui la première femme à assurer la présidence du réseau Experts France-Maghreb.

Les nouveaux conseil d'administration et bureau du REFM
L'assemblée générale du réseau a élu les nouveaux administrateurs : Alexandre Touami, Habib Kefi, Mostafa Guissa, Said Khadiri, Samira Elkhattabi, Amal Taour, Karim Kharrat, Mourad Mameri, Sanaa Mousaid, Janat Messaoudi, Charif Benadada, Lamia Allouli, Nora Vartanyan, Yann Chaker, Karin Karkour. De son côté, le conseil d'administration a élu son nouveau bureau : Lamia Allouli, présidente, Yann Chaker, Mourad Mameri, Karim Kharrat,et Said Khadiri.
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