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Le Qatar étudie la possibilité d'investir 10 milliards dans des groupes français

le - - Entreprise

Le Qatar, dont les investissements en France font polémique, étudie la possibilité d'injecter 10 milliards d'euros supplémentaires dans de grandes entreprises de l'Hexagone, a récemment annoncé son ambassadeur en France.

"Les 10 milliards d'euros seront des fonds du Qatar pour prendre des parts dans des grands groupes français, monter des projets ensemble ou faire des partenariats dans des pays tiers", a expliqué Mohamed Jaham Al-Kuwari. "Ce n'est pas finalisé, c'est une idée qu'on est en train d'étudier", a-t-il précisé.

Un accord doit par ailleurs être signé d'ici à la fin de l'année sur la création d'un fonds franco-qatari à destination des petites et moyennes entreprises, dont le montant pourrait atteindre 300 millions d'euros. A l'origne le Qatar avait évoqué fin 2011 un fonds pour les banlieues de 50 millions à la suite d'une visite au Qatar d'élus de quartiers en difficulté. L'annonce a suscité une forte polémique en pleine campagne électorale.

Le nouveau gouvernement de gauche a finalement donné son feu vert à condition d'y être associé. Le fonds sera donc abondé pour moitié par la Qatar Investment Authority, bras financier du petit émirat, "à hauteur de 100 à 150 millions d'euros", et pour l'autre moitié par la Caisse des dépôts (CDC) et éventuellement des partenaires privés, selon l'ambassadeur.

Le Qatar entend diversifier son économie, afin de "garantir des revenus issus de ses investissements supérieurs aux ressources du gaz et du pétrole d'ici 2030", a expliqué M. Al-Kuwari. L'émirat dispose d'importantes réserves en hydrocarbures qui lui assurent un poids économique bien supérieur à sa superficie de 11 500 km2 et sa population de 1,8 million d'habitants.

Déjà très présent en France, ses participations dans les grandes entreprises françaises valent au moins six milliards d'euros. Ce calcul se base sur les parts suivantes : Total 3%, Vinci 7%, Lagardère 12%, Veolia Environnement 5%, LVMH 1%, Vivendi 3%.

Le Qatar possède par ailleurs des hôtels de luxe, le club de football Paris-Saint-Germain (PSG) et a investi dans l'achat de droits télévisés et le marché de l'art. Ces prises de participation tous azimuts ont suscité de violentes critiques. Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a tonné contre une "colonisation par l'argent", Marine Le Pen (FN) contre le "cheval de Troie de l'islamisme". A l'UMP, plusieurs voix ont souhaité une commission d'enquête parlementaire sur ses investissements.

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, s'était défendu à la mi-octobre de "toute arrière pensée politique". Le Qatar n'a pas non plus de visée prosélyte, a assuré l'ambassadeur. "Le gouvernement qatari n'a jamais investi dans des mosquées, sauf dans la Grande mosquée de Paris, mais à la demande du gouvernement français à hauteur de deux millions d'euros."

Le Qatar, qui abrite un bureau des talibans et entretient des liens avec les mouvements islamistes Ennahda de Tunisie et le Hamas palestinien, a pour ligne diplomatique de "parler avec tout le monde", a-t-il ajouté. M. Al-Kuwari a rappelé que son pays investissait dans le monde entier sans polémique. Évoquant une "exception française", il a fait valoir que son pays respectait les lois françaises "en toute transparence". "Le Qatar investit depuis longtemps en France, comme les autres et n'est pas le plus gros investisseur, a-t-il poursuivi.
 






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