AccueilSociétéLe président-candidat Macron se lance à Poissy

Le président-candidat Macron se lance à Poissy

Emmanuel Macron s’est rendu au Centre de diffusion artistique de Poissy, à l’occasion de son premier déplacement en tant que candidat, pour échanger avec des habitants et esquisser les premières pistes de son programme.
Le président-candidat Macron se lance à Poissy
© AP

Société Publié le ,

Àl’instar du grand débat national, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Français, micro à la main, durant 1h30, endossant ses habits de candidat ou de président, selon le sujet. Avec, en arbitre de cette rencontre, Karl Olive, le maire de Poissy et soutien du candidat depuis ses débuts. « Vous m’aviez indiqué vouloir “taper dans le sac“, confronter vos idées avec les Français. Certains de nos administrés n’ont pas voté pour vous, certains sont convaincus, d’autres ont été convertis, d’autres attendent et aimeraient des éclairages », a introduit le maire de Poissy, expliquant que ces 250 invités étaient représentatifs du pays. « Poissy, c’est 40 000 habitants, 20 % de population issue de la diversité, 7 % de taux de chômage, 32 % de logement sociaux, 77 % de taux de participation à l’élection en 2017, soit des résultats comparables aux résultats nationaux… C’est dire si Poissy, c’est la France », a-t-il expliqué, avant de laisser le micro au président-candidat. Sur les quelque 80 questions reçues et thématisées par Karl Olive, 12 ont finalement été posées au président, qui a dû écourter la rencontre en raison d’un appel lié au contexte international.

Garder un lien avec la Russie

« Je vais devoir continuer, en raison du contexte international, à prendre des décisions jusqu'au bout et donc je serai président durant ces jours et ces semaines autant que je le dois, mais je serai candidat à chaque fois que je le peux et c'est pour cela que je suis devant vous ce soir », a d’emblée précisé le chef de l’Etat, qui a d’ailleurs répondu sans transition à une première question sur le devenir des relations entre la Russie et la France. « Dans votre dernier discours, vous avez parlé des liens qui lient la France au peuple russe et je vous remercie pour ce rappel. C’est très important à mes yeux de faire la différence entre la politique de Poutine et le peuple. Comment la France envisage-t-elle de maintenir le dialogue avec le peuple russe ? », a demandé une invitée de nationalité russe et ukrainienne.

« La position française, c’est que nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Je pense que c’est important, c’est toute la difficulté qui est la nôtre. Nous voulons que la guerre s’arrête, en mettant suffisamment de pression sur le président russe et sur son système, c’est pour cela que je continue de lui parler. Mais nous voulons le faire par des sanctions, par des négociations, par de la pression internationale, mais sans rentrer dans le conflit », a d’abord rappelé Emmanuel Macron, avant de souligner : « Je ne pense pas que dans les jours et les semaines qui viennent, il y ait une vraie solution négociée. Je l'espère, et nous faisons tout ce que nous pouvons pour y aider. À court terme, le risque, c'est que des sanctions plus élevées continuent à être imposées. Et donc des contre-sanctions. Et c'est vrai que la conséquence de cette situation, c'est qu'elle crée des écarts entre les peuples ».

Aussi, pour le président, il est essentiel de maintenir tous les liens humains possibles. « Notre responsabilité, c’est aussi de continuer à parler aux peuples russe et biélorusse, à travers les artistes, les intellectuels, à travers toutes les coopérations techniques, à travers les entrepreneurs, les entrepreneuses, les ONG, pour qu'il y ait d'autres voies qui accèdent et que ce lien ne soit pas rompu ». Le président l’assure, nous devrons tout faire pour ensuite rebâtir la paix. « Il n'y a pas de paix durable si la Russie n'est pas prise dans un grand schéma, une grande architecture de paix sur notre continent, parce que l'Histoire et la géographie sont têtus ; et je le dis au moment où c'est le plus difficile à dire », a-t-il ajouté.

© AP - Outre les habitants, des soutiens locaux étaient notamment présents pour ce premier déplacement de campagne du président.

Quatre grands pactes

Répondant ensuite à une question plus « terre-à-terre » sur le timing de sa déclaration de candidature (le 4 mars dernier), le président a confié qu’il était difficile d’être « en même temps » président et candidat, certaines décisions « lourdes » nécessitant de revêtir le costume de président pour parler « au nom de tous les Français ». Il n’était pas non plus nécessaire, selon lui, d’être candidat, pour défendre son bilan.

S’agissant des grandes lignes de son programme, le chef de l’Etat a indiqué qu’il serait fondé sur quatre grands pactes. Le pacte européen d’abord, « pour défendre notre Europe, notre sécurité ». Un « pacte entre les générations » ensuite, sur les sujets de l’éducation, de la santé et de l’autonomie. Un pacte productif, « pour aller vers le plein emploi et continuer à réindustrialiser le pays ». Et enfin un « pacte républicain », qui consiste à « partager quelques lignes de force sur ce que l’on doit faire en matière d’immigration, de laïcité, de sécurité et d’intégration ». Plus largement, le président souhaite « changer de méthode et associer, y compris tout au long du quinquennat, les Françaises et les Français ».

Le pouvoir d’achat

Parmi les préoccupations principales des Français, le pouvoir d’achat figure en bonne place. Karl Olive a donc notamment donné la parole à une mère de famille « au parler franc », qui s’est faite le porte-voix « de millions de Français » inquiets de voir les prix de l’énergie et des matières premières grimper. « Nous avions déjà une forte pression sur les prix des énergies, en particulier de l'essence, avant la guerre en Ukraine et vous avez parfaitement intégré ce que j'ai dit le 2 mars dernier, c’est qu'il y aura des conséquences sur nos vies. Et des conséquences dramatiques, on les évoquait au début de cette rencontre, en termes de sécurité collective, la guerre, l'accueil, la solidarité, etc. Mais en effet, nos économies vont être touchées sur ce qui dépend le plus de la situation : le gaz, le pétrole, les céréales, donc le coût des matières premières. Et donc, à court terme - mais à moyen terme si les choses devaient durer -, il y aura des conséquences », a alerté le président.

C’est pourquoi il est envisagé de pérenniser les mesures déjà prises (chèque énergie, bouclier tarifaire sur le gaz…) en la matière. « Là-dessus, c’est aussi le président qui vous parle, il faut donner de la visibilité pour les jours qui viennent. Il y aura une mesure supplémentaire sur la partie essence, que le Gouvernement est en train de terminer, dans le cadre du Plan de résilience », a-t-il ajouté. Cette mesure permettra d’aller plus loin sur l’indemnité inflation et l’indemnité kilométrique. Selon lui, ces moyens d’action sont plus pertinents que les mesures de baisse de fiscalité, puisque cette même fiscalité « sert à financer notre transition énergétique ».

Sur le volet alimentation, Emmanuel Macron souhaite mieux accompagner les classes populaires et les classes moyennes. « C'est pour cela que, pour le coup, c'est le candidat qui vous parle. Nous allons mettre en place le chèque alimentaire, pour garantir une alimentation de qualité, mais aussi accompagner nos circuits-courts et défendre nos producteurs, tout en luttant contre la précarité alimentaire », a-t-il expliqué.

Suppression de la redevance télé

Pour Emmanuel Macron, finalement, la meilleure politique de pouvoir d'achat relative au coût de l'énergie ou des matières premières repose sur deux leviers : le travail et la politique de transition climatique et de souveraineté énergétique. Concernant le travail, le président estime qu’il faut, d’une part, continuer de réduire le chômage, et d’autre part, faire en sorte que le travail paie mieux. Aussi, après la suppression de la taxe d’habitation, le candidat envisage donc de supprimer la redevance télé (la contribution à l’audiovisuel public). Emmanuel Macron est aussi favorable au développement, dans toutes les entreprises qui le peuvent, de plans d’intéressement et de participation, « parce que c’est le dividende du salarié ». Le candidat a également évoqué le triplement du plafond de la prime dite “Macron“ (qui permet aujourd’hui aux entreprises de verser jusqu’à 1 000 euros, sans charge ni impôts).

Sur la politique de transition énergétique, le président l’assure, « l'objectif qu'on doit se fixer, c'est de ne plus dépendre de ces énergies fossiles que nous ne produisons pas, pour nous déplacer, pour nous chauffer, qui pèsent sur notre pouvoir d'achat quand il y a une crise ou de la spéculation et qui, en plus, polluent ». Concrètement, il s’agira d’accélérer la rénovation énergétique des bâtiments, pour atteindre 700 000 logements par an. Le chef de l’État souhaite également continuer à s’appuyer sur le dispositif MaPrimeRenov’ et « démultiplier » la prime à la conversion, grâce à un système de leasing. L’idée est de faire baisser le coût à l’achat des véhicules électriques et de les rendre accessibles aux classes moyennes.

« J’ai commencé à essayer d’esquisser quelques convictions et quelques propositions. Je poursuivrai ces débats tout au long de la campagne », a finalement indiqué le président.

© AP - Le président a été interrogé par 12 habitants sur l'actualité internationale, l'économie, l'éducation, ou encore l'immigration.
Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 20 mai 2022

Journal du20 mai 2022

Journal du 13 mai 2022

Journal du13 mai 2022

Journal du 06 mai 2022

Journal du06 mai 2022

Journal du 30 avril 2022

Journal du30 avril 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?