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Le passage aux aides "sur mesure" pour les entreprises, annoncé lundi par le ministre de l'Économie

Le passage aux aides "sur mesure" pour les entreprises, annoncé lundi par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a été plutôt bien accueilli par de nombreuses organisations professionnelles, mais le pass sanitaire suscite des réserves.
Le passage aux aides
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Bruno Le Maire a reçu dans la matinée les secteurs toujours affectés par la crise sanitaire – représentants du commerce, du tourisme et de l'événementiel. Il avait à ses côtés, ses homologues du Travail, Élisabeth Borne, des PME, Alain Griset, du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, et le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Il a, par ailleurs, organisé une réunion séparée pour le monde de la culture avec son homologue Roselyne Bachelot.
Devant la bonne forme de l'économie française, et après 80 milliards d'euros distribués depuis le début de la crise pour soutenir les entreprises, Bruno Le Maire avait sifflé dernièrement la fin du “quoi qu'il en coûte”, tout en promettant de continuer « à soutenir ceux qui en ont besoin ». Quant à la mise en place du pass sanitaire dans des lieux recevant du public début août, « elle n'a pas eu d'impact sur l'activité économique du pays », a assuré le ministre, sur la base de chiffres hebdomadaires des dépenses en carte bleue. A « une ou deux exceptions près, comme les grands centres commerciaux », a-t-il indiqué. A l'issue de la réunion, il a annoncé une rallonge d'un mois pour le fonds de solidarité jusqu'à fin septembre, selon les mêmes modalités qu'en août (indemnisation à hauteur de 20 % du chiffre d'affaires) mais avec une nouvelle condition, ajoutée par Bercy afin d'éviter les « effets d'aubaine » pour ceux qui préfèrent rester fermés et toucher des aides: réaliser au minimum 15 % de son chiffre d'affaires d'avant-crise.
En revanche, pour les départements d'Outre-Mer encore soumis à des obligations de fermeture pour des raisons sanitaires, l'intégralité des dispositifs est maintenu, a précisé Bruno Le Maire. La ministre du Travail Elisabeth Borne a rappelé que le soutien public à l'activité partielle allait diminuer à compter du 1er septembre, « avec un reste à charge à 40% pour l'ensemble des entreprises qui y recourent ». Pour son “sur mesure”, en vigueur à partir du 1er octobre, le Gouvernement va s'appuyer sur un dispositif déjà existant, dit “des coûts fixes”, qui couvre entre 70 % ou 90 % des pertes d'exploitation des entreprises en fonction de leur taille.

Un traitement plus long

Une annonce accompagnée d'une mise en garde : le “sur-mesure” va engendrer un traitement des dossiers plus long, soit une indemnisation sous “quelques semaines”, contre “quelques jours” pour le fonds de solidarité, d'après Bruno Le Maire. Bercy s'attend en effet à devoir traiter 30 000 dossiers pour une durée moyenne d'instruction de trois heures, a indiqué à l'AFP le président de CCI France, Pierre Goguet. Pour les secteurs “structurellement touchés” par la crise, le ministre de l'Économie a promis des “plans d'action” définis avec les professionnels de l'événementiel, des agences de voyage, ou encore de la montagne. « Tout cela a une finalité : éviter toute brutalité, toute casse économique, toute casse sociale », a résumé ministre.
Le syndicat Indépendants.Co, qui représente des entreprises individuelles et des auto-entrepreneurs, a quand même jugé que l'arrêt du fonds de solidarité était « prématuré et trop brutal ». Le Gouvernement doit répondre à des situations disparates : les représentants des cafés, restaurants, hôtels et discothèques ont affirmé que leur activité estivale avait reculé de 20 % par rapport à l'été 2019, et réclamé une prolongation des aides. Mais un bon quart des restaurateurs ont connu un bel été. Après l'annonce des mesures, Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants (GNI, hôtellerie, restauration et établissements de nuit), s'est dit « satisfait » : « c'est quelque chose de pragmatique, c'est un mode de travail qui nous convient, avec une clause de revoyure début novembre ».
« Le dispositif des coûts fixes ? On est démunis dans la culture pour apprécier si cela va correspondre à nos besoins », a déclaré pour sa part à l'AFP Aurélie Hannedouche, du syndicat des musiques actuelles. Pour le délégué général du Conseil national des centres commerciaux Gontran Thüring, « il y a un gros sujet qui est celui du pass sanitaire » avec des baisses de fréquentation de 30 % à 40 % pour ceux qui y sont soumis. « On trouve le bon équilibre, mais il ne faut pas que le pass sanitaire dure trop longtemps », a réagi de son côté le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

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