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PME : Le parcours du combattant pour obtenir un financement

Le Medef d'Île-de-France a récemment organisé une table ronde sur « l'essentiel du financement pour les PME. Quels sont les fondamentaux à retenir pour construire son financement ? ». Anne-Marie Cano, P.-D.G. d'iDalgo, a livré son expérience de levée de fonds. Les autres intervenants qui l'ont accompagné dans son projet ont commenté les règles et les difficultés de ce financement.
PME : Le parcours du combattant pour obtenir un financement
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«Le crowdfunding, n’est pas magique, l’argent ne tombe pas tout seul », déclare Benoît Bazzocchi, président et fondateur de la plateforme de crowdfunding, SmartAngels.fr. Anne-MarieCano, P.-D.G. de l’agence de presse iDalgo (photo ci-contre), spécialisée dans le sport, va lancer son projet sur la plateformeSmartAngels d’ici à 10 jours. Elle espère atteindre son objectif de financement et trouver l’investisseur dont elle a besoin.

Elle a déjà recueilli 450 000 euros grâce à d’autres moyens de financement. Elle projette à présent de recueillir 1 million d’euros afin de financer « le développement international et la stratégie de commercialisation d’une plateforme digitale ». Anne-Marie Cano a dû s’entourer d’une avocate-fiscaliste spécialisée dans le financement des PME, Corinne Lecocq, pour maîtriser les règles et affronter les difficultés du financement.

Plusieurs recommandations avant de commencer sa levée de fonds

Le chef d’entreprise doit s’assurer au préalable « de l’impérieuse nécessité de lever des fonds pour son entreprise lorsqu’il veut financer une nouvelle activité, ou que ses fonds propres ne sont pas suffisants pour assumer un développement. »

Ensuite, « il doit valider son modèle économique en faisant des analyses de marché ». La personne en charge de la demande de financement doit connaître les besoins financiers et la valeur de l’entreprise. Puis, elle réalise un business plan. Cette démarche permet alors de définir le montant du financement approprié à l’entreprise. « Je vois beaucoup d’entreprises qui demandent plus de fonds qu’elles n’en ont besoin », remarque Corinne Lecocq.

La valeur de l’entreprise doit notamment être bien définie. Elle est déterminée différemment en fonction de l’interlocuteur. « On ne valorise pas son entreprise de la même manière pour son enfant ou pour son actionnaire », reconnaît Corinne Lecocq. Selon elle, le manager estime la valeur de son entreprise en étant d’abord victime du paramètre affectif. Mais lorsqu’il présente son entreprise à des repreneurs potentiels, il doit la valoriser par rapport au profit que les investisseurs vont tirer de l’entreprise. Le chef d’entreprise doit aussi être conscient du travail à accomplir et du prix à payer pour faire une levée de fonds. Cela prend en moyenne 12 mois.

« Lever des fonds est extrêmement compliqué »

Anne-Marie Cano a suivi ces consignes lors de l’élaboration de son business plan. Mais les difficultés ont commencé une fois sur le terrain, lorsque les investisseurs n’ont pas donné suite à sa demande de financement. « Lever des fonds est extrêmement compliqué, avoue-t-elle. J’ai envoyé 25 mails et j’ai eu 20 réponses, ce qui est plutôt positif, puis les rendez-vous se sont succédé sans jamais aboutir, il n’y a pas autant de financements qu’on le dit à Paris », ajoute-elle.

Elle a perdu six mois de son temps et cela représente un investissement non-négligeable. « On va chercher de l’argent et avant même de l’avoir obtenu, on en dépense déjà dans nos démarches », raconte-elle.

Pas de « feedback » après un refus des investisseurs

Elle note également qu’il y a eu un manque de transparence lors des rencontres avec les investisseurs. À l’issue du rendez-vous, il n’y avait pas de « feedback » lorsque la rencontre avait abouti à un refus.

Elle a donc décidé donc de changer de stratégie. Corinne Lecocq l’a aidée à prendre du recul sur son business plan et l’a préparé au refus des investisseurs. Anne-Marie Cano choisit d’essayer plusieurs typologies de financement.

La chef d’entreprise a donc candidaté pour la subvention PM’up, de la région Île-de-France. Ce soutien financier au PME vise à accompagner pendant trois ans les entreprises, en leur permettant de franchir un cap dans leur développement. Elle monte le dossier et décide de ne pas demander un financement d’un million d’euros mais de le fragmenter. Elle souhaite alors un financement à hauteur de 450 000 euros. PM’up lui accorde une subvention de 117 000 euros par an, pendant trois ans.

Puis, Anne-Marie Cano obtient également un co-crédit bancaire de sa banque et de Bpifrance. La banque décide de lui prêter 150 000 euros et la Bpi garantit le crédit à hauteur de 80 %. « Il faut être souple, ne pas demander ce qui n’est pas possible. 150 000 euros est une somme raisonnable et l’argent est vite débloqué. En moins de trois mois, c’était réglé », raconte Anne-Marie Cano. Pour obtenir ce prêt bancaire, elle a dû présenter un bilan rigoureux. iDalgo est une entreprise qui s’autofinance,

« personne ne met de l’argent dans les caisses quand il n’y en a plus », précise-t-elle. De plus, l’entreprise iDalgo a été créée il y a 10 ans. Elle connaît actuellement une transformation et se modernise en s’ouvrant à l’international grâce à Anne-Marie Cano qui l’a reprise il y a quatre ans.

À ce jour, la chef d’entreprise a donc récolté 450 000 euros. Il lui manque désormais 550 000 euros pour atteindre son objectif d’un million de financement. Elle s’est entendue avec la plateforme SmartAngels pour trouver un investisseur et finaliser son projet.

Sur 1 500 demandes de financement SmartAngels en retient une quinzaine

SmartAngels est une plateforme de crowdfunding. Elle se charge d’ouvrir le capital des entreprises en les mettant en contact avec des investisseurs. Cette plateforme s’adresse à des entreprises de croissance, comme iDalgo, qui ont déjà de la maturité. Les investisseurs attendent un retour sur l’investissement. Ils veulent pouvoir engranger une plus-value.

La plateforme de crowdfunding présélectionne les entreprises. Selon Benoît Bazzocchi, président-fondateur de SmartAngel (photo ci-contre), elles ne peuvent pas toutes prétendre à ce type de financement. « On a 1 500 demandes de financement et on en retient une quinzaine. Nous sommes très sélectifs, nous essayons de trouver des entreprises qui répondent à la demande des investisseurs. »

Être bien accompagné et conseillé dans son projet de financement

Le chef d’entreprise doit donc maximiser ses chances de financement. Il doit notamment acquérir les outils fondamentaux de la communication sur une plateforme de crowdfunding. « Il faut présenter l’information de manière digitale grâce à des vidéos par exemple », conseille Anne-Marie Cano.

Cette présentation du projet doit être différente de celle présentée au banquier ou aux investisseurs. C’est la complexité de la levée des fonds. Il est difficile de combiner différentes typologies de financement car à chaque fois, il faut présenter le projet différemment suivant les interlocuteurs, tout en étant efficace sur le fond comme dans la forme. Pour, Angelina Simoni, représentante de Bpifrance, « un chef d’entreprise doit surtout être bien accompagné, et conseillé dans son projet de financement ».

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