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Justice Le ministre de la Justice annonce une augmentation du nombre de magistrats et l’amélioration de leurs conditions de travail

Suite à la tribune cinglante des professions judiciaires au premier rang desquelles les magistrats, le garde des Sceaux a annoncé lundi 13 décembre la mise en place de dispositifs visant à améliorer leurs conditions d’exercice.
Le ministre de la Justice annonce une augmentation du nombre de magistrats et l’amélioration de leurs conditions de travail
© Ministere de la Justice

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« Depuis quelques jours, nous entendons beaucoup parler de l’état de notre système judiciaire, et au-delà, du fonctionnement de la justice dans notre pays. C’est une excellente chose », déclare d’emblée Eric Dupond-Moretti en introduisant sa conférence de presse lundi matin.

Intitulée « Nous ne voulons plus d'une justice qui n'écoute pas et qui chronomètre tout », la fameuse tribune des professionnels du droit ayant motivé cette réaction de la Chancellerie, publiée le 23 novembre dernier, est sans appel : elle demande davantage de moyens, matériels comme financiers, pour remettre sur de bons rails le système judiciaire.

La Chancellerie travaille sur 7 axes d’amélioration

Suite à la publication de « cette tribune qui témoigne du mal-être des professionnels », le garde des Sceaux a « immédiatement reçu certains d’entre eux à la Chancellerie et échangé avec eux de manière sereine et constructive ».

« Leur parole doit non seulement être écoutée mais encore prise en considération et surtout entendue », explique Eric Dupond-Moretti en appelant à un exercice de « diagnostic partagé pour y voir clair sans travestir la réalité ».

Le ministre annonce ensuite que ses services ont réfléchi à des mesures concernant l’augmentation des effectifs de magistrats (380 auditeurs en 2022 avec 80 postes au concours complémentaire) ; leurs recrutements (1 414 contrats de 3 ans pérennisés) ; les Etats généraux de la Justice (solutions en discussions) ; l’accompagnement psychologique des magistrats (numéro vert) ; le soutien des jeunes juges (parrainage) ; l’amélioration de leurs conditions de travail (budget autonome dédié au bien-être – éviter des audiences tardives) ; et enfin des progrès en matière informatique (travail d’expertise sur le terrain pour remédier aux difficultés chroniques causées par le logiciel Cassiopée).

« La Justice a été longtemps abandonnée. 3 fois abandonnées : humainement, budgétairement et politiquement », reconnaît le garde des Sceaux, ne manquant pas de défendre son bilan notamment l’amélioration des équipements informatiques des tribunaux, vantant le budget annuel « historique » qu’il a obtenu avec deux hausses successives de 8 %.

« Le directeur des services judiciaires va interroger les chefs de cours dès cette semaine pour qu’ils lui indiquent les besoins précis en magistrats et documentés par fonction », annonce-t-il mettant l’accent sur les solutions visant à remédier à l’abandon humain qu’il considère comme essentielles et prioritaires.

Les juges ont tiré la sonnette d’alarme

Écrite par neuf jeunes magistrats à la suite du suicide d'une de leurs consœurs à bout de souffle, la tribune bouleversante dénonce les conditions de travail actuelles des juges. « C’est pourquoi nous, magistrats judiciaires, qui ne prenons que très rarement la parole publiquement, avons décidé aujourd’hui de sonner l’alarme. Autour de nous, les arrêts maladie se multiplient », peut-on lire.

En effet, pour les milliers de magistrats (5 476, lundi 13 décembre), greffiers (1 583) et auditeurs de justice (493 élèves magistrats) qui l’ont signé, la Justice actuelle dysfonctionne, comme si elle avait déraillé. Rapidement rejoint par les avocats, ce train des professionnels en souffrance qui se soudent les coudes appelle désormais à une « Mobilisation générale pour la Justice ! ».

Le mouvement prend ainsi de l’ampleur. Un appel à la grève mercredi 15 décembre a été signé par 17 organisations professionnelles et syndicales qui souhaitent faire entendre leurs doléances et dénoncer les conditions indignes dans lesquelles elles exercent leurs missions d’intérêt général.

« Pour montrer notre détermination commune à obtenir enfin les moyens propres à ce que la justice soit rendue dignement, nous appelons l’ensemble des magistrats à renvoyer toutes les audiences le 15 décembre prochain, et l’ensemble des professionnels de justice, avocats, fonctionnaires de greffe, contractuels, magistrats à participer à des rassemblements aux sièges des cours d’appel de leur ressort aux horaires qu’ils détermineront », annonce le billet officiel du collectif.

Dans la capitale, la mobilisation aura lieu à Bercy à midi, devant le ministère de l’Economie et des Finances afin de marquer symboliquement le besoin de moyens de la Justice, « problématique totalement évacuée tant du discours ministériel que des Etats généraux de la Justice » selon les manifestants.

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