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Le mentorat, secret d'une nouvelle génération d'entrepreneurs

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Le mentorat, secret d'une nouvelle génération d'entrepreneurs
© A.P.

Bpifrance a accueilli dernièrement, dans ses locaux parisiens, des entrepreneurs, expérimentés ou non, pour une journée dédiée à la connaissance du mentorat entrepreneurial. Cette pratique importée d'Amérique du Nord est basée sur un partage d'expérience, au service de la croissance de l'entreprise.

L'événement, organisé par les acteurs francophones du mentorat, le Moovje, le Réseau M et l'Institut du mentorat entrepreneurial (IME), a réuni plus de 200 personnes. Futurs ou jeunes entrepreneurs et chefs d'entreprise aguerris étaient présents pour écouter les témoignages de Philippe Bloch, créateur de l'enseigne Colombus Café, Bertrand Nivard, ancien leader de la patrouille de France, Caroline Gras-Pomarede, sophro-analyste, et Solène Thomas, fondatrice d'Eklore.

Dominique Restino, président de la CCI Paris, vice-président de l'Agence France Entrepreneur (AFE), président de l'Institut du mentorat entrepreneurial (IME France) et fondateur du Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee) a découvert le mentorat au Québec en 2005. Rapidement, il importe cette pratique en France, en créant un premier institut du mentorat entrepreneurial, inauguré en 2008, puis en fondant le Moovjee, une année plus tard.

Au départ, l'idée est simple : accompagner les jeunes chefs d'entreprise dans le développement de leur entreprise. C'est un enjeu colossal, lorsque l'on sait que 97 % des entreprises en France ont moins de 20 salariés. Le mentorat, grâce au partage d'expérience qu'il permet entre la nouvelle génération d'entrepreneurs et les plus expérimentés, a vocation à favoriser la croissance de l'entreprise et la création d'emplois.

Les cofondateurs du Moovje, Dominique Restino et Bénédicte Sanson, insistent sur le fait que le mentorat est une pratique fondée sur quatre valeurs fondamentales : la confiance, l'écoute, la bienveillance et le partage. C'est d'ailleurs, selon le président du mouvement, « Le partage avec bienveillance et une grande qualité d'écoute qui instaurent la confiance ».

Les nouveaux chefs d'entreprise bénéficient aujourd'hui d'un réseau solide de mentors en France. Les IME et le Moovjee ne traitent pas tout à fait ses mêmes problématiques. Le Moovjee s'adresse à de jeunes entrepreneurs, connaissant un certain succès. Pour être mentoré au sein d'un IME, l'entrepreneur doit diriger une entreprise d'au moins dix salariés, dont le chiffre d'affaires s'élève au moins à un million d'euros. En moyenne, les entreprises mentorées comptent 36 employés, et un chiffre d'affaires de 4,1 millions d'euros. « Nous prenons en compte la capacité à accélérer très rapidement », précise Fabrice Geffroy, délégué général de l'IME France.

Le mentorat entrepreneurial serait d'ailleurs une pratique efficace, puisque, non seulement le taux de croissance des entreprises mentorées aurait connu une hausse (+ 24 % en 2016, et + 25 % en 2017), mais les entrepreneurs mentorés auraient même augmenté leurs effectifs.

Le 27 novembre prochain, l'IME France révélera le contenu de son étude permettant de mesurer l'impact du mentorat entrepreneurial sur les jeunes entrepreneurs et sur les entrepreneurs de croissance. Cette étude devrait nous aider à appréhender les enjeux concrets du mentorat entrepreneurial en France.

En 2013, une Charte nationale du mentorat entrepreneurial a été élaborée et signée par Arnaud Montebourg, à l'époque ministre du Redressement productif et Fleur Pellerin, qui est alors ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique. Le mentorat y est défini comme « un accompagnement personnel, volontaire et bénévole, à caractère confidentiel, apporté par un entrepreneur expérimenté, dit “mentor”, à un autre, dit “mentoré”, dans l'accompagnement humain sur son savoir être d'entrepreneu». En ce sens, le mentor se distingue du coach, qui n'est pas nécessairement à la tête d'une entreprise, et du consultant, qui est un expert rémunéré. Le mentor n'évolue pas dans le même secteur d'activité que l'entrepreneur qu'il accompagne.

« Le mentorat est un mot à la mode. Vous êtes la preuve vivante que ce sujet intéresse, et qu'il est de plus en plus important dans l'écosystème entrepreneurial », constate Dominique Restino. Près de 80 % des entrepreneurs mentorés souhaitent devenir à leur tour mentors.

Encadrer la pratique du mentorat pour la rendre plus efficace

Le Moovjee fêtera bientôt ses 10 ans. Pionnier du mentorat en France, Dominique Restino donne quelques précisions sur la création et le fonctionnement d'une relation mentorale.

Affiches Parisiennes : Pour devenir mentor, l'entrepreneur doit avoir de l'expérience. Selon vous, qu'est-ce qu'un entrepreneur expérimenté ?

Dominique Restino : C'est un entrepreneur qui a une expérience significative de chef d'entreprise. En tant qu'entrepreneur, il a investi de l'argent pour créer ou reprendre une entreprise. L'IME recherche plutôt des entrepreneurs ayant connu une forte croissance. Au Moovjee, nous ne recherchons pas exactement la même chose, néanmoins certains mentors sont présents à la fois à l'IME et au Moovjee.

A.-P. : Sur quels critères se base-t-on pour constituer un binôme mentor-mentoré ?

D.R. : Les personnes qui viennent vers nous sont des chefs d'entreprise. Au Moovjee, nous accompagnons les jeunes entrepreneurs, de 18 à 30 ans. En revanche, il est important de bien comprendre qu'un binôme est composé d'un entrepreneur expérimenté et d'un autre entrepreneur, et non pas quelqu'un qui s'apprête à créer une entreprise. Créer une entreprise en France, ce n'est pas très compliqué, ce qui est difficile, c'est de la pérenniser, de la développer.

A.-P. : Pourquoi était-il nécessaire d'élaborer une Charte nationale du mentorat ?

D.R. : Au départ, personne ne parlait de mentorat, lorsque j'ai importé ce concept. Il existait des pratiques similaires, bien sûr, dans des réseaux d'accompagnement, de parrainages, de coaching. Il fallait donner un cadre, et expliquer le fonctionnement du mentorat pour entrepreneur car le terme « mentorat » est souvent galvaudé.

A.-P. : Un soutien particulier est-il apporté aux femmes entrepreneures ?

D.R. : Je rencontre des centaines de femmes et d'hommes entrepreneurs tous les ans. Je dirais qu'au Moovjee, elles sont de plus en plus « même pas peur ». Les « Moovjee girls » ressentent peut-être moins de difficultés dans le monde de l'entrepreneuriat que la génération précédente.




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