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Le marché des legaltechs françaises se professionnalise

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Le marché des legaltechs françaises se professionnalise
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« Doctrine, Attestation légale et Yousign ont pris le lead sur le marché des legaltechs en pleine professionnalisation », expliquent les auteures du Baromètre des legaltechs réalisée pour le site Actualités du droit en partenariat avec Maddyness. La 2e édition de cette enquête, révélée en exclusivité lors d'un “Aperotech” organisé par le Conseil national des barreaux le 23 janvier, dépeint un secteur en plein boom avec encore du chemin à parcourir.

De braconniers à partenaires, les start-up de la legaltech sont en train de se faire une place digne de ce nom dans le monde juridique.

La révolution numérique, qui a modifié la pratique professionnelle des professionnels du droit (avocats, juristes, notaires...), a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrés les legaltechs. Désormais bien installées, elles proposent de nouveaux services pour améliorer l'accès au droit et à la justice.

Pour autant, la 2e édition du Baromètre réalisée par Actualités du droit, site édité par Wolters Kluwer, en partenariat avec Maddyness, le magazine de référence des start-up en France, montre que le marché des legaltechs n'est pas encore arrivé à maturité.

Quelles ont été les tendances en 2018 ? Ces acteurs gagnent-ils des parts de marché ? Lèvent-ils des fonds facilement ?

Des levées de fonds en folie

S'il fallait ne retenir qu'un chiffre de cette enquête, ce serait 92,2 %. Il correspond à la hausse du montant des fonds levés par les legaltechs, par rapport à l'année 2017. En cumulé, elles auront donc levé 24,6 millions d'euros en 2018.

Cependant, ce chiffre est à relativiser car Doctrine.fr, en pole position du classement, a levé à elle seule 40 % de ces fonds.

Si plus d'une centaine de legaltechs sont répertoriées, seules les plus importantes lèvent des fonds.

« Doctrine, Attestation légale et Yousign ont pris le lead sur le marché », souligne Anaïs Richardin, directrice de la rédaction de Maddyness.

En effet, 71,4 % des legaltechs ayant répondu au Baromètre n'ont pas levé de fonds. Ainsi, 28,6 % des legaltechs ne l'ont pas fait en 2018, contre seulement 16,5 % en 2017.

Par ailleurs, la médiane des fonds levés a chuté de 50 % par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 500 000 euros.

Des montants à mettre en perspective, enfin, avec le montant des levées de fonds des fintechs, dont ils ne représentent que 15,2 %. Ainsi, la plus grosse levée de fonds d'une legaltech ne représente que 5,8 % de la plus grosse levée de fonds française, toutes start-up confondues, versus 8,6 % en 2017 (levée de fonds max de 70 millions d'euros cette année).

Ce secteur en plein boom a donc encore « du chemin à parcourir », selon Anaïs Richardin.

Arrivée des investisseurs professionnels

Cette étude révèle par ailleurs que les legaltechs semblent accélérer le mouvement dans la conquête de parts de marchés. On observe un passage de l'investissement par les professionnels du droit à celui des business angels et des fonds de capital-risque.

« Il y a donc une professionnalisation du marché », expliquent les auteures.

Les investisseurs sont désormais majoritairement (55,6 %) des fonds d'investissement et des business angels, contre 11,1 % pour les professionnels du droit qui étaient pourtant majoritaires en 2017.

En outre, les legaltechs cherchent à renforcer leur base de clients : 63,5 % d'entre elles ont ainsi conclu, ou envisagent de le faire, des partenariats avec des grands groupes ou d'autres acteurs privés.

« Les legaltechs ont besoin de partenaires », commente Gaëlle Marraud des Grotte, responsable éditoriale de la rubrique Tech & Droit et rédacteur en chef du site Actualités du droit.

Des services variés et innovants

Signe que la digitalisation des professionnels du droit progresse, le nombre de legaltechs proposant une solution facilitant le quotidien de ces acteurs (plateforme de gestion de projet partagée entre plusieurs acteurs, suivi corporate des sociétés, dataroom numérique, etc.) progresse.

Pourtant, 33,3 % d'entre elles déclarent être entravées dans leur développement par des freins réglementaires (open data qui se fait attendre, non-reconnaissance par l'administration de la signature électronique, ou encore périmètre des professions réglementées).

"La digitalisation des processus métiers est révélatrice
d'un besoin réel des professionnels du droit"
Gaëlle Marraud des Grotte

Derrière des services anciens, mais améliorés par l'usage de technologies récentes, comme la mise en relation, la création d'acte et la création et gestion d'entreprise, la digitalisation des processus métiers rentre même dans le top 4 des services les plus proposés (12,7 %), ce qui est pour Gaëlle Marraud des Grotte « révélateur d'un besoin réel des professionnels du droit ».

En revanche, le pourcentage des start-up qui proposent une plateforme de médiation en ligne est faible. Alors que le projet de loi Justice leur consacre spécifiquement un article, seules 1,6 % de ces sociétés proposent, pour l'heure, un tel service. Le boom aura certainement lieu l'an prochain, après le vote de la réforme.

Une enquête qualitative

Cette enquête porte sur les legaltechs inscrites, en France, au registre du commerce et des sociétés (RCS). Elle a été réalisée sur la base d'un questionnaire qui leur a été adressé par mail et mis à disposition sur les réseaux sociaux, sur une période allant de juin à décembre 2018. Sur 101 start-up ayant répondu, 63 correspondaient aux critères définis, c'est-à-dire une société proposant des services en relation avec l'exercice du droit et de la justice, ayant son siège social en France. Cependant, certaines legaltechs contactées n'ont pas répondu au sondage.




Anne MOREAUX
Journaliste

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