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Les RDV Transformations du droit Le legal design en plein essor

Salle comble pour "La grande conférence du Legal Design" qui a permis de découvrir 6 retours d’expériences d’acteurs de cette nouvelle approche pluridisciplinaire qui facilite l’accès au droit en le rendant plus intelligible.
Le legal design en plein essor
Olivier Beaujean, Ghislaine Brenas, Sophie Lapisardi, Marie Potel-Savilles, Stéphanie Marais-Batardière, Kristina Lazatian, et au pupitre Vincent Couronne. © A.P.

DroitActualité du droit Publié le ,

Le modérateur Vincent Couronne a introduit les débats en partant de la définition du droit — « ensemble des règles qui régissent les rapports sociaux » — pour aboutir à celle du legal design qui « rend le droit plus ergonomique » en insistant sur la nécessité que cette matière intrinsèquement sociale soit intelligible pour tous. De fait, même si c’est parfaitement utopique, « nul n’est censé ignorer la loi ».

Rendre le droit plus intelligible

Ce membre du collectif Les Surligneurs, réunissant universitaires et étudiants en droit afin de « surligner et expliquer les propos publics », a ensuite donné la parole à des spécialistes de cette« nouvelle matière certainement déjà beaucoup utilisée par les juristes sans le savoir » qui facilite la compréhension des enjeux juridiques, améliore les relations entre les parties prenantes, la transformation numérique et le développement de l’activité économique.

Le développement du legal designmarque un changement de paradigme et de posture des juristes qui sortent de leur tour d’ivoire et abandonnent leur jargon pour se rapprocher des justiciables et des utilisateurs lambda.

« Il est important de donner une autre vision du droit dans l’entreprise et à la société », a résumé Ghislaine Brenas, fondatrice de la legaltech Juste cause.

Le souhait formulé en fin de débat par les intervenants est même que dans quelques années le legal design n’existe plus car tous les professionnels pratiqueront le droit de cette façon.

Pluridisciplinarité des compétences

En droit, faire simple c’est compliqué ! Il convient donc s’entourer de plusieurs experts de matières différentes, du droit évidemment, en passant par la linguistique et le marketing. « Le droit est au cœur de l’expérience que nous délivrons à nos clients. Dans ce domaine, la régulation est extrêmement importante donc nous avons travaillé avec des spécialistes », a expliqué Christina Lazatian, d’Imagine Legal Design, qui développe des outils de simplification des contrats dans les secteurs santé, banque et assurance.

« Travailler avec un designer est extrêmement enrichissant », a également confié la fondatrice de Juste cause dont l’objectif est d’expliquer des sujets juridiques complexes en rendant ces informations accessibles au grand public ou en entreprise, en identifiant les irritants et en confrontant les avis.

Pour la fondatrice d’Amurabi Marie Potel-Saville, qui s’est entouré d’une doctorante en sciences cognitives, les juristes et les avocats font « un métier de communication donc connaître la façon dont le cerveau capte les informations est essentiel ».

C’est « par la porte de la linguistique », qu’Olivier Beaujean a commencé à faire du legal design. « Nous, les juristes, avons tendance à ne pas être les tops chefs de la rédaction claire donc nous essayons chez Droit quotidien d’être les Etchebest du langage juridique ! », a-t-il plaisanté.

Améliore la productivité et la relation client

Le but de la matière est de pouvoir apporter du concret, de l’intelligible et donc de mettre en confiance. Elle facilite ainsi les relations d’affaires et même les finances publiques ! L’État Belge a ainsi récupéré 20 % de paiements supplémentaires grâce à des fiches d’imposition redesignées.

C’est « une question de productivité et de survie » a résumé Christina Lazatian en prenant l’exemple du travail effectué pour Harmonie Mutuelle afin de produire des documents contractuels digestes et compréhensibles.

« Ça a enrichi ma relation client parce que désormais ils comprennent rapidement ce que je leur raconte. C’est un renouveau dans ma pratique métier qui m’a fait beaucoup de bien », a témoigné l’avocate Stéphanie Marais-Batardière, fondatrice de D-CO-D qui s’est auto-formée au webmarketing et au legal design pour aider les dirigeants d’entreprise à réaliser leurs projets. Face au succès de l’outil avec sa clientèle, elle forme désormais ses confrères à la matière.

Si le legal designaméliore la collaboration entre les directions juridiques et les différents services en entreprise pour Marie Potel-Saville, il permet également aux avocats « de développer leur chiffre d’affaires et de se démarquer de la concurrence » selon la fondatrice de Lexclair, Sophie Lapisardi.

 

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