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Le Gouvernement veut construire un « cloud de confiance »

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Le Gouvernement veut construire  un « cloud de confiance »
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L'État souhaite bâtir un cloud franco-français pour offrir à ses entreprises une solution alternative aux opérateurs américains, susceptibles d'être contraints à livrer les données qu'ils hébergent aux autorités judiciaires et participent à la guerre juridico-économique.

Dans la même veine que le rapport Gauvain, commandé par le Premier ministre, visant à « rétablir la souveraineté de la France et de l'Europe et protéger nos entreprises des lois et mesures à portée extraterritoriale », le projet de cloud porté par le Gouvernement est un enjeu de sécurité juridique et économique.

Question de souveraineté

« Nous voulons créer un cloud de confiance. Il aura vocation à stocker toutes les données stratégiques des entreprises qui le souhaitent, privées comme publiques, en toute indépendance et avec les garanties nécessaires », a récemment expliqué Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, annonçant un délai très court avec un lancement dès l'année prochaine.

Face à l'instrumentalisation de ces procédures judiciaires au profit des entreprises américaines, vivement dénoncée par une partie des juristes d'affaires et des politiques, ce projet de cloud français constituerait une arme efficace pour les entreprises françaises et européennes.

« C'est ce qui ressort du rapport que je viens de remettre au Premier ministre. Entre 2008 et 2018, sur les 26 plus fortes condamnations pour corruption, 14 sont des entreprises européennes et cinq sont françaises. Il n'y a ni entreprises russes ni chinoises », nous confiait fin juin le député de Saône-et-Loire Raphaël Gauvain.

Le géant nordiste OVH et Outscale, la filiale francilienne cloud de Dassault Systèmes, ont été sollicités par le ministre de l'Economie pour lui soumettre leurs propositions d'ici le mois de décembre. Toutefois, la liste des acteurs de cloud français n'est pas exclusive et ces derniers sont invités à prendre part au projet.

Quid du coût de l'opération

Le coût de ce « cloud de confiance » risque toutefois d'être bien supérieur aux services proposés à l'étranger. C'est là où le bât blesse. Ce cloud souverain, opéré par des salariés français dans l'Hexagone, où le coût du travail et des infrastructures est relativement élevé, ne sera forcément que très peu concurrentiel avec les grands fournisseurs de cloud américains (Amazon Web Services, Microsoft et Google) et chinois (Alibaba, Baidu et Tencent). Parue au printemps dernier, l'étude du cabinet Synergy Research confirme la domination des Etats-Unis en la matière, dont chaque opérateur dispose au minimum de 45 data centers dans le monde. Ainsi, leur part de marché ne cesse d'augmenter, passant de 47 % en 2012 à près de 70 % aujourd'hui, même si la concurrence chinoise et le fleuron français OVH tentent de s'imposer.

Les entrepreneurs français seront-ils prêts à payer plus pour davantage de sécurité ? Le Gouvernement leur offrira-t-il des mécanismes compensatoires incitatifs ? Le succès de cette opération en dépend. L'échec des premières tentatives françaises en 2012, avec les projets Cloudwatt et Numergy, en témoigne.




Anne MOREAUX
Journaliste

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