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Le Gouvernement mise sur une profonde réforme du marché du travail

C'est l'une des cartes de François Hollande contre le chômage : rendre le marché du travail à la fois plus souple et plus protecteur. Si syndicats et patronat ne s'accordent pas, le président se dit prêt à "assumer" seul une réforme ambitieuse.
Le Gouvernement mise sur une profonde réforme du marché du travail
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Le séminaire sur la situation économique et l'emploi qui s’est récemment tenu à l’Elysée, a été l'occasion de faire le point sur ce sujet qui, pour quelques jours encore, reste entre les mains des partenaires sociaux.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, appelle désormais à un "accord ambitieux". Il s'agit, a rappelé François Hollande lors de ses voeux, de "conjurer une double peur. La peur du licenciement pour les travailleurs, la peur de l'embauche pour les employeurs".

Accord ou pas, le gouvernement légifèrera. Mais jusqu'au bout, le chef de l'Etat "fait confiance aux partenaires sociaux pour prendre leurs responsabilités".

"Tout le monde considère que ce doit être le dernier round", selon l'entourage du ministre du Travai, Michel Sapin. Alors que 3,13 millions de personnes sont sans aucune activité, le président s'est engagé à inverser "coûte que coûte" cette courbe en hausse depuis 19 mois, fin 2013.

Et dans cette "bataille", faire évoluer le marché du travail est "un levier très important", souligne un proche de Michel Sapin. Les marchés financiers observent d'ailleurs avec attention l'issue de la négociation.

Pour l'économiste Hervé Boulhol, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle est "cruciale", "une opportunité unique de réformer en profondeur le marché du travail".

Affirmant que le "coût du risque à l'embauche" freine l'emploi, le Medef réclame de faciliter des formes flexibles de CDI, sécuriser les licenciements pour les employeurs et permettre des restructurations sans plan social.

En contrepartie, les syndicats veulent de nouveaux droits pour les chômeurs et les salariés, attachés à leur personne et non à un emploi précis.

"La balle est dans le camp du Medef", a déclaré le numéro un de la CFDT, Laurent Berger.

Malgré tout, le président espère encore un large accord pour prouver que la "démocratie sociale", dont il veut faire un mode de gouvernance, est possible. Un accord solide permettrait aussi de contenir les critiques de l'aile gauche du PS qui redoute un "démantèlement systématique" du droit du travail.

Le gouvernement mise sur cette réforme pour, à long terme, réduire le socle du chômage. Les outils déjà activés, pour répondre à l'urgence, pourront au mieux "amortir le choc" en 2013, selon les experts. L'Insee prédit 10,5% de chômage en métropole mi-2013.

Les emplois d'avenir pour les jeunes pas ou peu qualifiés démarrent timidement : 2 000 ont été signés, l'objectif est de 100 000 en 2013. Le crédit impôt compétitivité est entré en vigueur au 1er janvier. Selon l'Insee, il permettrait de soutenir 15 000 postes au premier semestre. Le gouvernement espère jusqu'à 400 000 emplois en cinq ans.

A venir, le contrat de génération, pour favoriser l'embauche des jeunes et le maintien en poste des seniors, sera débattu à l'Assemblée à partir du 15 janvier. Les subventions aux entreprises éligibles (moins de 300 salariés) s'appliqueront rétroactivement au début d'année, avec l'ambition de 500 000 contrats en cinq ans. Mais une part de ces recrutements aurait eu lieu de toute façon, pondèrent les économistes.

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