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Le Forum pour l'avenir franco-allemand dessine un futur collaboratif

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Le Forum pour l'avenir franco-allemand dessine  un futur collaboratif
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Différents acteurs du Forum pour l'avenir franco-allemand ont pu échanger en ligne, lors d'une web conférence sur l'avancée des réflexions prospectives de cette institution innovante. « Le cœur du projet est l'aller-retour entre les niveaux des territoires et les niveaux gouvernementaux et intergouvernementaux », rappelle Gilles de Margerie, commissaire général de France Stratégie et co-secrétaire du Forum pour l'avenir franco-allemand.

Intitulé « une dynamique en faveur de la transformation de nos territoires et de nos sociétés », ce rendez-vous organisé par le secrétariat du Forum pour l'avenir (Zukunftswerk), en collaboration avec l'Ambassade d'Allemagne à Paris et l'Institute for Advanced Sustainability Studies (IASS), visait à dresser le bilan des actions et projets menés par le forum, cette plateforme de dialogue originale entre différents acteurs issus de France et d'Allemagne.

Début 2019, les gouvernements français et allemand ont en effet chargé cette nouvelle institution de développer des visions prospectives qui répondent aux grands défis sociétaux, en équilibrant les considérations environnementales, sociétales, technologiques et économiques afin d'améliorer la qualité de vie ces citoyens.

L'objectif étant de « ne pas subir seulement les transformations mais savoir comment les orienter, notamment sur la transition écologique et la résilience économique », explique Patrizia Nanz, co-secrétaire du Forum pour l'avenir franco-allemand.

Tous les 12 à 18 mois, le Forum émet des recommandations politiques -via son site internet et ses ambassadeurs- sur un thème donné, en utilisant comme ligne directrice de l'Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable. Patrizia Nanz milite pour « cette méthode collaborative très riche et efficace » qui aboutira à des recommandations politiques « qui seront remises aux parlementaires de nos deux pays ».

Les défis auxquels la France et l'Allemagne sont confrontés actuellement sont souvent similaires, de natures diverses et de plus en plus complexes. Cependant, les deux pays y répondent différemment et ne partagent pas assez leurs expériences.

Réflexion et projets communs

« Il est important de se remémorer la genèse de ce projet né à Berlin à l'automne 2018 où nous avions fait le constat que nos sociétés allaient être en rupture par rapport à tous les grands enjeux du futur : la transition écologique, énergétique, les soucis migratoires et de représentativité. Nous nous sommes mis à travailler au sein de ce groupe de travail composé de 9 députés français et 9 députés allemands », raconte Christophe Arend, député de la Moselle, président du bureau français de l'Assemblée parlementaire franco-allemande.

« Nous avons les mêmes difficultés et partageons les mêmes objectifs donc notre collaboration est importante », considère la représentante allemande.

Le Forum permet donc de mener une réflexion commune pour faire émerger des solutions plus propices à la prospérité et au bien-être durable des deux pays. « Il y a aujourd'hui une collaboration étroite avec les territoires et les équipes municipales, les associations locales et les autres acteurs engagés dans les 6 initiatives », précise Patrizia Nanz.

Six initiatives déjà engagées dans quatre territoires (le Nord de la France, en Allemagne à Nebelschütz et Marbourg, et près de Monaco) présentées en détail par Gilles de Margerie, co-secrétaire du Forum. Trois collectivités françaises ont ainsi déjà fait l'objet de réflexions et de travaux : Dunkerque, Loos-en-Gohelle et Mouans-Sartoux.

Le processus de sélection de ces initiatives est ouvert et transparent : il se fait sur la base de critères garantissant l'association d'acteurs variés, de projets ayant une dimension participative et visant un objectif commun de transformations concrètes.

Le but principal de la manœuvre est d'enraciner les visions de l'avenir dans les innovations locales et régionales.

Nouvelle politique basée sur le dialogue

« Il faut du bottom-up mais aussi du top-down », considère Christophe Arend, l'élu de Moselle convaincu de l'importance de recueillir les témoignages du terrain et du rôle des Pouvoirs publics d'informer la population de façon claire. Sur ce point, il cite l'exemple parlant du terme « incidence », très utilisé pour évaluer l'évolution de la crise sanitaire, et qui n'est pas traité de la même façon en Allemagne et en France.

Pour lui, l'objectif de ce forum est « l'intégration d'une Europe plus politique, au sens latin du terme, qui s'intéresse à la vie de sa cité et des gens qui la composent ».

Tout à fait d'accord avec lui, le député du Baden-Wurttemberg Andreas Jung, président du bureau allemand de l'Assemblée parlementaire franco-allemande, a précisé en allemand qu'ils parlaient d'une seule voix « comme une sorte de moteur pour que l'Europe puisse avancer ». Considérant le forum comme un « acte de réconciliation » et un « partenariat modèle », l'élu veille toutefois à « ne pas être comme un hérisson franco-allemand mais nous ouvrir aux autres ».

Stefan Seidendorf, directeur adjoint de l'Institut franco-allemand de Ludwisburg (DFI), salue quant à lui cette « société civile transnationale organisée et reconnue par les niveaux politiques dans son importance et sa dimension coopérative ». Pour lui, l'intérêt de penser la coopération franco-allemande à l'aune des territoires est de permettre la rencontre entre experts et d'ouvrir le dialogue entre fonctionnaires et citoyens pour « apprendre de l'autre et partager les bonnes pratiques ».

Transition écologique et résilience économique et sociale

Le programme de travail 2020-2021 du Forum se concentre sur deux grandes thématiques sélectionnées conjointement par ses secrétaires : la transition écologique et la résilience économique et sociale. Le forum travaille par exemple avec la municipalité de Nebelschütz et les écovillages du projet « Leben in zukunftsfähigen Dörfern » sur la durabilité socio-écologique dans les communautés rurales.

Les différents intervenants ont pu observer l'atout des expériences de terrain au prisme des initiatives françaises collaborant avec le Forum, comme le travail effectué par le territoire de Dunkerque, fortement industrialisé, sur sa stratégie bas carbone ambitieuse. Les enjeux de transition industrielle et énergétique ont en effet été présentés concrètement par des représentantes du GIP Euraénergie.

« Un haut-fourneau a une durée de vie de 50 ans donc c'est une stratégie à long terme et il y a besoin d'investissements nombreux, notamment sur l'adaptation des emplois et des compétences à cette transition industrielle et énergétique », explique Martine Monborren, directrice opérationnelle du GIP Euraénergie, en soulignant le « rôle important des Pouvoirs publics et du territoire pour gérer cette transition ».

« La place de la participation citoyenne est largement installée dans le débat public et de longue date et dans ce sur quoi France Stratégie travaille », déclare Gilles Bon-Maury, secrétaire permanent de la Plateforme RSE à France Stratégie en introduisant l'implication citoyenne comme levier de transition.

Julian Perdrigeat, délégué de la Fabrique des Transitions, poursuit en expliquant la nécessité du « changement de regard sur notre futur » grâce notamment au lancement d'une dynamique culturelle « qui peut paraître un peu en dehors du sujet quand on fait face à une crise économique aussi forte, mais qui a permis de recycler littéralement l'image que les habitants se faisaient de leur territoire », chez lui dans le Nord. En prenant l'exemple des mines et des terrils il explique : « nous sommes passés de l'image de décharges à ciel ouvert à celle de patrimoine mondial protégé ».

Convaincu que la conduite du changement se fait via « un grand diagnostic social et environnemental », il rappelle que « les acteurs publics n'ont pas le monopole de l'intérêt général ».

Il met aussi l'accent sur la question de l'évaluation en conseillant de sortir de la « mesure par la métrique », et ne plus se focaliser sur les chiffres mais sur les retours d'expériences et l'efficience. « Il faut mettre en récit et poser des points d'étape qui nous permet de comprendre ce qu'on fait et pourquoi », explique-t-il.

« Ce qui compte, ça ne se compte pas forcément mais ça se raconte », confirme Gilles de Margerie.

Ensuite, Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux, a présenté les enjeux de la transition alimentaire via l'initiative développée sur son territoire. Cette rencontre digitale s'est enfin conclue sur la mise en perspective de Clément Beaune, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes, qui a salué le travail de ce forum considéré comme un pari réussi.

Nouvel outil pour maintenir l'élan du Traité d'Aix-la-Chapelle


Hans-Dieter Lucas, ambassadeur d'Allemagne en France.

Créé par le Traité de coopération et d'intégration franco-allemand d'Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 par le Président Macron et la Chancelière Merkel, le Forum pour l'avenir franco-allemand a vocation à favoriser une meilleure compréhension mutuelle. « C'est une excellente initiative pour amener nos deux pays à se rapprocher davantage dans tous les domaines, et ce, toujours dans une perspective européenne », explique Hans-Dieter Lucas, ambassadeur d'Allemagne en France et auprès de Monaco.

Ce forum bipartite est un moyen efficace pour travailler sur les processus de transformation de la société car nous vivons dans une époque de grandes mutations selon l'ambassadeur qui site en premier lieu le changement climatique, l'évolution démographique, la crise sanitaire et économique mais aussi la numérisation du monde du travail et des échanges.

« Il faut associer à cette démarche nos concitoyens. Sans participation, aucune transformation ne peut aboutir et les changements se heurtent à un problème de légitimité », souligne toutefois l'ambassadeur allemand.

Ce projet a d'autant plus d'importance selon lui puisqu'il prend forme dans « un contexte politique passionnant », notamment avec le conseil des ministres franco-allemands qui se tiendra le 31 mai prochain et qui sera l'occasion de dresser le bilan de tout ce qui a été accompli depuis le traité d'Aix la chapelle, le dernier forum d'octobre 2019, et surtout depuis le début de la crise Covid.

Il rappelle que les acteurs du forum ont identifié la résilience économique et sociale au cœur de leurs réflexions sur l'avenir européen, et salue l'efficience de ce choix à la lumière de l'actualité. Reprenant les mots d'Emmanuel Macron, l'ambassadeur considère que ce forum a pour objectif de « retrouver une respiration démocratique collective ».

Lien d'inscription : https://label-co-pilotes.com/inscription-ateliers-ec-label-co-pilotes/




Anne MOREAUX
Journaliste

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