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Le “Concours Innovation” d'Avocats Lab 92

Passionné d'innovation, Maître Yann Leclerc, membre du conseil de l'Ordre du barreau des Hauts-de-Seine et secrétaire général de son incubateur, Avocats Lab 92, présente les actions menées par l'institution pour moderniser et améliorer l'exercice de la profession, notamment via le lancement du “Concours Innovation” et de ces deux prix dont les candidatures sont ouvertes jusqu'au 8 octobre.
Le “Concours Innovation” d'Avocats Lab 92

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Pouvez-vous nous présenter les projets d'innovation du Barreau du 92?

Yann Leclerc : Cette année, l'incubateur du barreau fête ses un an d'existence avec trois types d'activités : l'incubation, le concours et les conférences matinales, à un rythme à peu près mensuel.

Nous lançons ainsi le “Concours Innovation” des avocats de l'incubateur. Ce concours est scindé en deux parties. Tout d'abord, le prix de l'innovation-Gastineau, un concours qui vient récompenser des start-up dans le domaine des legaltechs qui développent des outils et services à destination des cabinets d'avocats pour les aider à améliorer leur activité.

L'appel à candidatures a été lancé en juillet et la date limite de réception des dossiers expire le 8 octobre prochain, à minuit. L'idée, c'est de présélectionner des candidats via des échanges téléphoniques, puis de réunir un jury composé d'une dizaine de personnes membres de l'incubateur Avocats Lab 92 et des professionnels de l'innovation. Les candidats retenus pourront ensuite pitcher leur projet lors d'un événement qui se déroulera le 5 novembre et qui dévoilera le nom des lauréats. Le prix sera quant à lui officiellement remis par le bâtonnier du 92, Michel Guichard, lors de la rentrée de la conférence, le 19 novembre à Courbevoie. Ce prix est doté d'une somme de 15 000 euros qui sera versée aux lauréats, parce que nous pensons qu'il faut effectivement apporter une aide financière à ces jeunes pousses pour les aider à développer leurs solutions, sachant qu'ils auront également la possibilité d'être reçu par le jury afin de recevoir des conseils et un appui technique. Tout cela doit, bien entendu, se dérouler dans le strict respect de la déontologie des cabinets d'avocats.

Ensuite, il existe un deuxième prix, le prix “coup de cœur” qui vise tout simplement à récompenser l'une des cinq start-up incubées actuellement par notre incubateur. Le jury recevra les cinq projets, qu'on connait bien puisqu'on les incube, et récompensera le meilleur par une dotation de 5 000 euros.

Le “Concours Innovation” est-il ouvert aux legaltechs qui ne sont pas dirigées par des avocats ?

Absolument, il faut le dire. Ce concours vient récompenser des start-ups qui sont soit animées par des avocats soit portées par des non-avocats développant un projet à destination des cabinets. Il n'y a pas de limitation géographique, nous nous adressons à tout le territoire français, et ce n'est pas non plus réservé aux avocats qui développent une solution. La seule limite, c'est que, bien entendu, la solution de la legaltech candidate doit améliorer le quotidien du cabinet et doit être dédiée à la fonction d'avocat.

Toutefois, les projets portés par des confrères sont les bienvenus et on encourage les avocats, quels que soit leur âge, leur formation, leur domaine d'activité et leurs compétences, à postuler à ce concours dès lors que leur projet est innovant et qu'ils respectent les règles de notre profession.

Le jury regardera de près la composition des équipes porteuses de projet et privilégiera celles qui intègrent plusieurs compétences – technologiques, entrepreneuriales et juridiques – et prendra en considération les enjeux du projet pour la profession d'avocat.

Auriez-vous des exemples de domaines ou de projets de solutions proposés par les candidats ?

Les domaines sont finalement assez variés, ça peut toucher aux contrats ou a plusieurs types de secteurs comme l'économie collaborative, la communication et les réseaux sociaux, ou encore la gestion et la fluidité des dossiers, le partage des fichiers entre avocats, l'open source, l'open data... Bien sûr, ça vise évidemment le secteur entrepreneurial donc on trouve aussi des innovations dans le domaine social et dans le domaine fiscal, avec par exemple une solution technologique apportant une aide à l'optimisation fiscale. Cela peut être également dans le secteur marché/clients, c'est à dire tout ce qui touche à la mutualisation des services, la co-construction de nouveaux services entre avocats et l'interprofessionnalité. Et bien sûr, d'autres secteurs comme l'accès au droit, le droit de l'environnement, la médiation ou encore l'aide juridictionnelle.

À quoi est destinée la dotation du concours et pourquoi l'avoir intitulé Prix de l'innovation-Gastineau ?

Parce que c'est le nom d'un confrère du Barreau des Hauts-de-Seine qui a fait un legs important pour développer l'innovation au sein du barreau du 92. Nous avons donc décidé d'en utiliser une partie, avec une enveloppe financière de 15 000 euros, pour aider à développer un projet qui est déjà mature, qui a déjà fait ses preuves vis à vis du marché, qui est viable économiquement mais qui a encore besoin de lever des fonds et qui peut avoir des besoins en termes de recrutement, de marketing et de développement de sa solution. C'est donc un coup de pouce que l'incubateur souhaite donner à la legaltech qui aura séduit le jury. Ajoutée à la dotation de 5 000 euros pour le meilleur projet incubé, notre enveloppe budgétaire est de 20 000 euros.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la personnalité de Maître Philippe Gastineau ?

Philippe Gastineau était issu d'une grande structure, le cabinet Fidal il me semble, et nous a quitté il y a déjà plus d'une dizaine d'années. C'était quelqu'un qui aimait la jeunesse, l'innovation et qui était très bien intégré au sein du Barreau des Hauts-de-Seine. Il a donc décidé de léguer à l'Ordre un immeuble porté par une société civile immobilière sous la condition d'aider à l'innovation et au rayonnement du Barreau. C'est complètement dans la ligne de ce que conduit le Lab Avocat 92 et c'est pourquoi l'association Gastineau qui s'appelle “Association pour la promotion du barreau” a tout de suite répondu présente lorsque l'incubateur l'a sollicité pour doter le concours de l'innovation.

Est-ce la première fois que vous attribuez ces prix ?

Oui, puisque l'incubateur n'a qu'un an. Et durant cette courte période, nous avons fait beaucoup de choses puisque nous avons développé trois types d'activités - les matinales, l'incubation et le concours avec deux prix.

Par ailleurs, en tant que secrétaire général de l'Avocat Lab 92, je participe activement au jury du concours organisé par la Chambre de commerce et de l'industrie du 92, qui s'appelle Made in 92 et qui récompense les différents startuppers opérant dans le département. J'ai donc acquis une expérience en termes de jury pour écouter les pitch, les sélectionner et ensuite désigner le meilleur pour l'attribution des prix, et c'est ce savoir-faire acquis avec la CCI 92 qui nous a donné l'idée de développer notre propre concours restreint au domaine des legaltechs.

Avec cet incubateur, votre barreau montre sa volonté de moderniser la profession et de s'ouvrir à l'environnement des start-ups. Les autres barreaux devraient-ils s'inspirer de votre exemple ?

Absolument. Le but de l'incubateur est de participer au rayonnement du barreau des Hauts-de-Seine et d'améliorer la profession. C'est un barreau jeune et dynamique, et c'est vraiment dans le prolongement de ses activités que nous avons décidé de nous lancer dans l'innovation et dans l'aide au développement de projets innovants dans le domaine des solutions dédiées aux avocats, ou de toutes les solutions qui ont pour porteurs de projets des avocats.

Avant la création de l'incubateur, aviez-vous déjà une activité tournée vers les legaltechs ?

Oui, tout à fait. Cela fait plusieurs années que j'anime la commission Innovation de l'Ordre des avocats du Barreau des Hauts-de-Seine. Et dans le cadre de cette animation, on avait décidé de fournir une sorte de boîte à outils à disposition de nos confrères pour les aider précisément à regarder ce que faisaient les legaltechs, à ne plus en avoir peur mais, au contraire, à les appréhender comme une aide à l'activité et au développement de la clientèle, ainsi qu'à l'amélioration de la gestion du cabinet. Ça s'est fait sous forme d'ateliers, et de matinales dans les locaux de l'Ordre, à la bibliothèque, ou en visio-conférence, pour leur présenter des legaltechs, des nouvelles solutions et débattre de ces enjeux.

Ces réunions offrent la possibilité de présenter aux confrères des solutions leur permettant d'améliorer leur quotidien, de s'ouvrir à de nouveaux domaines et d'augmenter leur chiffre d'affaires, tout simplement.

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