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Le chômage n'épargne pas les entrepreneurs

L'association GSC et la société Altares ont récemment dévoilé les chiffres pour l'année 2018 recueillis par l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs. Cette année encore, le nombre d'entrepreneurs au chômage est très élevé.
Le chômage n'épargne pas les entrepreneurs

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Cette nouvelle édition de l'étude réalisée par l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs révèle que le nombre d'entrepreneurs ayant perdu leur emploi reste stable en 2018, même s'il demeure à un niveau encore très élevé pour l'économie française. Les données sont issues de l'étude des entreprises en liquidation judiciaire prononcée par le Tribunal de Commerce ou de Grande Instance. Les procédures à l'amiable de dissolution ou de liquidation de même que les révocations des mandataires sociaux n'y sont pas intégrées.

En 2018, 50 185 dirigeants d'entreprises ont dû faire face à une liquidation judiciaire, un nombre stable (+0,3 %) par rapport à 2017. L'âge médian des dirigeants d'entreprises concernées est de 46 ans. Un dirigeant sur dix en situation de perte d'emploi a moins de 30 ans et les chiffres montrent une progression de 6,7% en 2018 du « chômage » chez les entrepreneurs de moins de 26 ans. Cette augmentation significative s'explique en partie par une dynamique forte de création d'entreprises depuis deux ans chez les jeunes.

L'étude révèle que plus d'un tiers (35,8 %) des dirigeants touchés par la perte de leur emploi en 2018 a plus de 50 ans. « Aujourd'hui, le modèle économique doit être sans cesse repensé sous peine de fragiliser l'entreprise. Cette agilité n'est pas toujours aussi bien ancrée chez les quinquagénaires qui pilotent leur entreprise depuis plus longtemps que chez les jeunes », note l'Observatoire.

« 50 185, ce chiffre est insoutenable ! La mobilisation de l'ensemble des acteurs est indispensable pour sensibiliser les entrepreneurs aux conséquences de la perte d'emploi. Tous ceux qui accompagnent quotidiennement les chefs d'entreprise doivent les informer au moins une fois par an des risques de perte d'emploi et des solutions existantes », insiste Anthony Streicher, président de l'association GSC.

Les petites entreprises, grandes victimes

Mauvaise nouvelle pour les petites entreprises, 75 % des dirigeants en situation de chômage employaient moins de trois salariés, en hausse de 1,5 % sur un an. Les gérants de TPE sont en effet les plus impactés. Au total, 17 359 des entrepreneurs concernés se trouvaient à la tête d'une société dont le chiffre d'affaires était inférieur à 500 000 euros, confirmant ainsi que les petites structures sont les plus vulnérables.

En 2018, 6 650 artisans-commerçants ont perdu leur emploi. Les professions libérales sont également concernées, avec 1 050 entrepreneurs au chômage, un nombre en hausse de 1,6 %. Les gérants de SARL forment l'essentiel des pertes, avec 27 919 sans emploi. Pourtant, ce chiffre est en baisse (-5,7 %). Les dirigeants de SAS sont aussi fortement touchés, avec 11 958 dirigeants au chômage, soit une hausse de 28,1 % par rapport à 2017.

« Cette augmentation s'explique notamment par l'augmentation des créations d'entreprise sous ce statut juridique depuis trois ans », souligne l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs. Le statut de SAS est privilégié par les startuppers.

« Plus de 690 000 nouvelles entreprises ont été créées en 2018, dont près de la moitié en micro-entreprises, un record ! Tous ces paris entrepreneuriaux sont portés, avant tout, par des énergies humaines capables de mobiliser des ressources autour d'un projet. Ces chefs d'entreprise acceptent alors de prendre un risque financier professionnel. Beaucoup, cependant, négligent, voire oublient, d'autres risques, plus personnels parfois. Il en est ainsi de l'assurance perte d'emploi souvent reléguée au second plan. Pourtant en 2019 les défaillances d'entreprises devraient repartir à la hausse, et les dirigeants d'entreprises en situation de perte d'emploi être toujours plus nombreux », commente Charles Battista, directeur d'Altares.

Concernant les disparités régionales, l'étude montre que près de la moitié des pertes d'emploi est concentrée sur l'Ile-de-France (23 %), la région Auvergne Rhône Alpes (12 %) et PACA (10 %). La majorité des régions françaises (9 sur 13) est impactée par la hausse du nombre d'entrepreneurs en situation de perte d'emploi.

Les territoires les plus touchés sont l'Ile-de-France (+7,3 %), l'Outre-mer (+4,6 %) et les Pays de la Loire (+4,2 %). À contrario, les régions Provence Alpes Côte d'Azur (-7 %), Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées (-5,3 %) et Bretagne (-4,8) enregistrent un recul significatif laissant apparaître des inégalités territoriales fortes.

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