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Laurent Benoudiz présente les Universités d'été 2021

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

Laurent Benoudiz présente les Universités d'été 2021
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Le président de l'Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France détaille les temps forts des Universités d'été de la profession des experts comptables et des commissaires aux comptes. Ces dernières sont organisées du 7 au 9 septembre, au Palais des Congrès de Paris.

Affiches Parisiennes : Vous organisez, comme chaque année, les Universités d'été de la profession. Cette période étant encore un peu particulière, notamment en matière sanitaire, comment vont-elles se dérouler ?

Laurent Benoudiz : Elles auront lieu à la fois en présentiel et en distanciel, avec une répartition à peu près équivalente entre le nombre de participants présents et ceux à distance. Ce système nous permet d'élargir notre audience tout en conservant une manifestation physique qui nous donne enfin l'occasion de nous rencontrer, d'échanger, notamment avec nos partenaires. Il y aura beaucoup de moments festifs et dès le mardi 7 septembre. Il y a une vraie plus-value à se déplacer mais ceux qui ne peuvent pas venir pourront suivre les meilleurs moments de chez eux.

A.- P. : Le pass sanitaire sera donc obligatoire ?

L. B. : Bien sûr. On a prévu à la fois le pass sanitaire et les masques. On va mettre en place un dispositif qui permettra à tous ceux qui n'ont pas eu leurs deux doses de vaccin de faire un test antigénique avec un résultat délivré en quinze minutes à l'entrée du Palais pour qu'ils puissent être présents et participer. Toutes les conditions seront réunies pour qu'un plus grand nombre de nos consœurs et confrères puisse participer en toute sécurité et convivialité.

A.- P. : Cet événement est totalement gratuit et s'adresse à tout le monde, autant les jeunes experts-comptables, et commissaires aux comptes que les plus expérimentés. L'objectif est de les réunir pour les faire se rencontrer ?

L. B. : Non seulement c'est gratuit mais c'est ouvert à toute la profession. Presque 20 % des participants viennent d'autres régions que l'Ile-de-France. Avec Internet et les différentes couvertures presse de l'événement, on réunit des confrères de régions limitrophes comme la Bourgogne ou les Hauts-de-France. Autre point notable des Universités d'été, un tiers des participants sont des collaborateurs de cabinets, que l'on ne voit jamais dans les congrès.

A.- P. : C'est donc l'événement phare de l'année. Avez-vous actuellement beaucoup d'inscrits ?

L. B. : Oui, à fin juillet, on était à peu près à plus 30 % d'inscriptions par rapport à 2019, qui était déjà une très bonne année et sachant que l'année 2020 n'est pas une année de référence.

A.- P. : L'événement se déroule sur plusieurs jours, avec des moments forts. Plusieurs changements réglementaires ont eu lieu ces derniers mois et l'une des conférences les plus importantes concerne d'ailleurs l'examen de conformité fiscale. Pouvez-vous nous expliquer cette nouvelle mission des experts-comptables ?

L. B. : Les Universités vont démarrer avec ce temps fort, le mardi à 9h30, lors de laquelle je serai accompagné de Frédéric Iannuci, Patricia Sellière et Jean-Pierre Cossin pour parler de la relation de confiance que la loi souhaite établir avec les contribuables et les entreprises, et plus particulièrement de l'examen de conformité fiscale. Cette mission doit être prise en main par les experts-comptables dans l'intérêt du client, de leur cabinet et de l'administration fiscale. Si notre profession ne saisit pas cette opportunité, d'autres n'hésiteront pas. Il était donc important de démarrer avec cette mission qui donne à l'expert-comptable ce statut de tiers de confiance qu'on attendait depuis longtemps.

A.- P. : Comment le client pourra-t-il bénéficier concrètement de cette nouvelle mission ?

L. B. : La mission s'adresse exclusivement aux entreprises, pas aux particuliers. L'intérêt pour le client est d'avoir une garantie de conformité fiscale qui vise dix points d'audit limités et définis dans le compte-rendu de mission. Cela garantira, en cas de rappel sur l'un de ces points, qu'il s'agisse des amortissements, des provisions, des charges à payer, il n'y aura ni intérêt de retard ni pénalité. Le deuxième avantage est que l'administration fiscale indique tenir compte de la présence de l'ECF dans sa programmation des contrôles fiscaux. Elle va plutôt concentrer ses son attention sur des entreprises qui n'auront pas conduit d'ECF donc la probabilité d'être contrôlé si vous avez eu recours à cette démarche spontanée sera plus faible.

A.- P. : Comment la crise a-t-elle impacté la profession et vos clients ? Avez-vous une visibilité sur la situation des entreprises ?

L. B. : Les experts-comptables sont unanimes sur le fait que les impacts sont très divers selon les secteurs d'activité. La crise n'a pas été ressentie de la même manière dans la restauration et dans l'événementiel que dans la livraison, le transport ou le bâtiment. Il en va de même à l'intérieur des secteurs d'activité : selon la nature précise de la restauration, ceux qui ont pu faire de la vente à emporter s'en sont mieux sortis. Certains clients ont aussi eu plus de mal que d'autres avec le numérique et la vente en ligne. Mais globalement, le constat est que beaucoup d'entreprises s'en sortent très bien, voire étonnamment bien. On a pu constater, en analysant les comptes de sociétés, que le résultat net avait progressé en 2020 par rapport à 2019, conséquence de l'importance du soutien apporté par l'Etat sur l'activité à travers le Fonds de solidarité notamment et la mise en place du chômage partiel. Et ces aides présentent la caractéristique de ne pas être imposables. Lorsque l'on a compensé du chiffre d'affaires par des aides d'Etat non imposables, on se retrouve avec un résultat net en progression, compte tenu également de la baisse de l'impôt sur les sociétés.

A.- P. : Vous avez prévu une conférence sur l'accompagnement de vos clients dans la sortie de la crise, avec la nouvelle procédure de traitement des difficultés des entreprises. La loi relative à la gestion de sortie de la crise sanitaire a d'ailleurs institué une procédure temporaire. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

L. B. : La loi du 31 mai 2021 permet de traiter en accéléré les difficultés. Si globalement les entreprises ne s'en sont pas trop mal sorties, il n'en reste pas moins que certaines d'entre elles sont encore très impactées et donc nous devons pouvoir être agiles et les accompagner du mieux possible. Ça sera l'objet de cette conférence que je vais animer avec Vincent Reynier, Marine Pace et Virginie Verfaillie. Tous les détails seront donnés lors de cette conférence. J'en profite pour informer les lecteurs que l'Ordre francilien et la Compagnie de Paris ont mis en place une cellule entièrement dédiée aux experts-comptables et commissaires aux comptes dont les entreprises clientes seraient en difficulté. Nous les mettons en contact anonymement et gratuitement avec des juges consulaires et un réseau d'avocats spécialisés afin qu'ils puissent conseiller au mieux leurs clients.

A.- P. : Vous abordez des sujets très importants pour l'avenir de la profession dont, notamment, comment conduire la transformation des cabinets. Quelles sont les actualités de ce sujet ?

L. B. : En fait, on rentre dans la dernière ligne droite. La prise de conscience me semble être assez générale avec l'avènement de la facture électronique à l'horizon 2025 et le fait qu'on ait la date à laquelle tous les contrats seront dématérialisés. Un compte à rebours s'est enclenché et la transformation des cabinets de mission de production de déclarations vers les missions d'accompagnement des clients dans tous les domaines possibles est un enjeu individuel et collectif qu'il va falloir relever. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles solutions d'accompagnement pour détecter les missions que les cabinets peuvent développer demain, pour répertorier les compétences internes des collaborateurs et la possibilité de rejoindre les deux. Si l'écart entre les deux est trop grand, nous proposerons des formations pour les cabinets afin qu'ils puissent développer ces nouvelles missions demain. On veut vraiment être très concrets et très pratiques. On essaie de mettre en place ces outils pour début 2022 avec une offre d'accompagnement sous forme de coaching pour les cabinets qui souhaiteraient être guidés dans la mise en œuvre de ces stratégies.

A.- P. : Il y a aussi un atelier conférence intitulé Lab50 qui concerne les futures mutations et vise les pratiques managériales dans les cabinets. Comment voyez-vous ces évolutions en tant que dirigeant de cabinet ?

L. B. : L'enjeu du management passe déjà par la prise de conscience de l'expert-comptable de cette nécessité de faire évoluer son offre, sa pratique et ses missions. Après, il ne faut pas sous-estimer la difficulté qu'il y a à mettre en place un changement au sein de la structure. C'est excessivement complexe, ça prend beaucoup de temps. Il faut faire évoluer les collaborateurs et faire face aux réticences. Il faut savoir s'appuyer sur les bonnes personnes, tenir sur la durée, ne pas s'essouffler. Il y a un vrai effort à faire en termes de management. Or, ce n'est pas sur ce sujet que l'on reçoit le plus d'enseignements pendant nos études et ce ne sont pas non plus les formations qui sont les plus suivies. Il y a un besoin de sensibiliser nos confrères sur cette nécessité d'améliorer leurs compétences dans la gestion des équipes.

A.- P. : Cette année, vous avez prévu d'aborder un grand thème, celui de la liberté, avec les interventions de nombreux experts de milieux différents. Pourquoi ce thème ?

L. B. : La liberté est au cœur des discussions depuis plusieurs mois et encore davantage depuis cet été, notamment avec la mise en place du pass sanitaire. On se pose la question de savoir si c'est une entrave à nos libertés ou si, au contraire, cela nous permettra de retrouver la liberté qu'on a un peu perdu à travers les confinements, couvre-feux et fermetures de commerce successifs. Ces huit derniers mois beaucoup de privations de liberté nous ont amené à repenser notre rapport à la liberté, à savoir si ces contraintes qu'on nous impose aujourd'hui sont vraiment attentatoires aux libertés ou pas. Ce sont des sujets qui intéressent tous les citoyens et tous les experts comptables de France, qui pour la plupart sont des libéraux... Et pour éclairer cette réflexion, nous avons fait appel à des conférenciers de haut niveau. Il y a Gérald Bronner, grand sociologue et universitaire, qui a récemment publié un ouvrage sur l'impact des réseaux sociaux sur notre temps libre, l'avocat Jean-Philippe Delsol qui préside l'Institut de recherches économiques et fiscales (IREF) et écrit régulièrement sur le libéralisme. Également Isaac Getz, qui a écrit plusieurs ouvrages sur l'entreprise libérée, un concept de management des organisations assez original qui repose sur la responsabilité et l'autonomie des collaborateurs. Il y aura aussi la célèbre philosophe Delphine Horvilleur, première femme rabbin et auteur de nombreux ouvrages. Elle nous parlera notamment de tout ce qui nous enferme dans nos vies professionnelles, psychiques ou familiales. De même que Gaspard Koenig, également philosophe qui, à travers son dernier périple européen sur les traces de Montaigne, nous invitera à réfléchir au poids des normes sur nos sociétés. Et enfin la navigatrice Marie Tabarly qui développera l'idée que même en mer, la liberté n'est qu'une illusion et qu'elle s'acquiert dans l'acceptation des contraintes que nous avons choisies.

Pour résumé, ça va être passionnant et j'ai hâte d'y être !

A.- P. : Vous avez aussi plusieurs ateliers et masterclasses. Voulez-vous mettre l'accent sur l'un d'entre eux ?

L. B. : Les Universités d'été proposent plus de 140 ateliers organisés par nos institutions ou par des partenaires qui sont tous d'excellente qualité. La preuve : des milliers de confrères reviennent chaque année car, en l'espace de trois jours, ils peuvent faire le plein de mises à jour et de formations, sur tous les sujets qui les intéressent, dans des formats d'une heure, une heure et demie. On a également beaucoup de formations organisées par Infodoc, qui sont toujours très prisées, d'autres qui sont organisées par les commissaires aux comptes et qui permettent de valider des heures de formation. C'est un grand moment. Une cinquantaine d'exposants seront présents pour présenter leurs solutions. C'est toujours intéressant de voir les nouveautés dès la rentrée pour nos cabinets. Et puis cette année encore, l'Ordre des experts-comptables sera totalement décentralisé au Palais des Congrès durant les 3 jours. Tous les services de l'institution seront présents dans l'espace exposition et nous permettront de répondre à toutes les questions qui se poseront. On a prévu d'avoir tous les services représentés.




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