Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Laurent Benoudiz - Olivier Salustro : Nous proposons le grand marché de la profession

le - - Entreprise - Experts-comptables

Laurent Benoudiz - Olivier Salustro : Nous proposons le grand marché de la profession
© DR

Les Universités d'été de l'Ordre des experts-comptables et des CRCC de Paris – Île-de-France sont organisées du 4 au 7 septembre au Palais des Congrès. Plus de 5 000 professionnels du chiffre sont attendus. Laurent Benoudiz, président de l'Ordre des experts-comptables de Paris – Île-de-France, et Olivier Salustro, président de la CRCC de Paris, présentent cette édition 2018 avec ses six temps forts, ses 140 ateliers et sa nouvelle agora proposant « Le grand marché de la profession ».

Affiches Parisiennes : Les Universités d'été reviennent au Palais des Congrès. Qu'avez-vous imaginé pour ce retour ?

Laurent Benoudiz : Le principal changement de ces Universités 2018 tient à la place particulière que nous avons souhaité réserver aux exposants. Nous proposons une surface d'exposition plus importante avec la volonté de lancer “le grand marché de la profession”. En dehors des temps forts, des plénières et des ateliers, nous souhaitons que les experts-comptables et les commissaires aux comptes prennent le temps de découvrir les produits et les services proposés par plus de 70 exposants présents cette année. Nous avons également voulu faire un effort particulier d'information en mettant en place une agora, un espace de démonstration basé sur des pitchs de 15 minutes. Cette rotation rapide permettra de présenter soit des start-up, soit des produits et des services de l'Ordre des experts-comptables et de la CNCC.

A.-P. : Vous attendez combien d'experts-comptables et de commissaires aux comptes ?

L. B. : En général, nous accueillons 5 000 experts-comptables et commissaires aux comptes. Cette année, nous pensons que la participation sera plus importante encore, d'abord parce que le nombre de participants progresse à chaque édition et ensuite parce que la conjoncture s'y prête. Une semaine après l'ouverture du site – www.ue-profession-comptable.fr, NDLR –,
nous avions déjà 1 400 inscrits via internet.

Nous organisons une série d'ateliers sur l'évaluation financière et la transmission d'entreprise,
en lien avec “l'executive master” de Dauphine, un sujet essentiel dans la montée en compétence
des confrères.
Olivier Salustro

La vocation des Universités d'été

Pour Laurent Benoudiz, « La vocation première des UE est de fournir gratuitement, pendant quatre jours, à l'ensemble des cabinets franciliens, une offre de formation la plus diverse possible, avec des temps forts et 140 ateliers. Nous y accueillons une population différente de celle que nous avons dans les congrès nationaux où on ne croise que des experts-comptables. Aux UE, un tiers des participants sont des collaborateurs des cabinets, venus participer aux différents ateliers. Ce public séduit les exposants, en leur permettant de rencontrer les utilisateurs de leurs outils. Pour les cabinets, c'est une réelle opportunité de proposer à leurs collaborateurs des formations de haut niveau. »

A.-P. : Vous mettez également l'accent sur les start-up, pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Peut-on parler d'un expert-comptable startupper ?


L. B. : C'est la raison pour laquelle nous avons créé “PON”, la plateforme des outils numériques – www.plateformeoutilsnumeriques.com.Elle propose des solutions qui peuvent accompagner les experts-comptables et les commissaires aux comptes dans de nombreuses missions, comme des levées de fonds ou des audits facilités par le numérique. Nous avons recensé toutes les applications que nous avons regroupées sur ce site internet, en proposant aux start-up de venir se présenter et pitcher sur l'agora des exposants.

Nous constatons que les experts-comptables ont beaucoup de mal à se repérer dans le monde des start-u. Elles sont si nombreuses qu'il est difficile de les juger. Les confrères sont, en revanche, contraints d'effectuer cette veille permanente pour savoir comment évolue le marché.
En associant certains de ces nouveaux outils, il est aujourd'hui possible d'enregistrer des gains de productivité importants dans le traitement de l'information et de la production comptable.

L'Ordre de Paris Île-de-France encourage les experts-comptables à acquérir ces outils, à les mettre en œuvre dans leurs cabinets et à suivre les formations nécessaires pour changer le modèle d'exercice et optimiser les gains de productivité, afin de se ménager du temps pour se lancer dans de nouvelles missions de conseils. Les UE devraient permettre à chacun d'atteindre ces objectifs.

A.-P. : Les start-up qui vont pitcher sont-elles labellisées par les institutions, Ordre de Paris et CRCC ?

L. B. : Non, nous ne le souhaitons pas. Sur la plateforme Pon, nous avons référencé les start-up qui remplissent un certain nombre de conditions assez lights : ne pas concurrencer la profession, proposer une offre en ligne... La plateforme propose par ailleurs une notation des applications et des services faite par les experts-comptables et les commissaires aux comptes eux-mêmes. Pour consulter ce genre de “Trip advisor comptable”, il faut naturellement faire partie de la profession.

Olivier Salustro : Concernant ces UE, nous pouvons également rappeler la thématique générale qui est la transmission sous toutes ses formes. Ce fil rouge constitue un sujet important, à la fois pour les experts-comptables et les
commissaires aux comptes.

Notre plateforme “PON” rassemble tous les outils numériques
actuellement à la disposition des experts-comptables
et des commissaires aux comptes.
Laurent Benoudiz

Une plateforme d'incubation

L'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France souhaitait disposer, non seulement d'une plateforme qui recense les outils disponibles en ligne (Pon), mais aussi d'un outil numérique qui permette d'incuber les projets en développement. Comme le précise Laurent Bénoudiz, « Jonathan Cohen travaille actuellement sur cette plateforme qui devrait être opérationnelle à la rentrée. »

A.-P. : Quels sont les sujets importants pour les commissaires aux comptes et comment voyez-vous ces UE, en tant que président de la CRCC Paris ?

O. S. : L'intelligence artificielle est actuellement le thème qui nous fait le plus vibrer. Pour nous, elle constitue à la fois une promesse et une menace. Nous travaillons sur ce sujet, notamment durant les Universités d'été où nous organisons un faux procès qui traitera justement de l'intelligence artificielle en posant la question :
l'obsolescence des professions du chiffre est-elle programmée ? Tout cela à travers un format avec procureur, avocat général, avocats, témoins... afin de rendre les choses attractives et intelligibles.

Nous nous investissons beaucoup sur ce sujet. A Paris, nous avons d'ailleurs développé le “Lab50”, co-production de la Compagnie de Paris et de l'Ordre de Paris, qui instruit ce faux procès et, plus largement, qui explore toutes ces questions relatives à l'intelligence artificielle, questions à court comme à moyen et long termes.

A.-P. : Il y a le rapport de Cambourg, publié récemment, qui doit également préoccuper les commissaires aux comptes...

O. S. : Ce rapport était destiné à désamorcer une crispation de la profession faisant suite à la publication, le 9 mars dernier, du rapport de l'Inspection générale des finances. Le rapport de Cambourg fait un certain nombre de propositions controversées. Elles semblent d'ailleurs déranger Bercy puisque, manifestement, ce rapport ne confirme pas totalement les préconisations de l'IGF. C'est en quelque sorte un petit caillou dans la chaussure de notre ministre de l'Economie qui paraît gêner sa marche en avant. Donc, rien ne dit que le Gouvernement adopte en bloc les propositions de ce rapport de Cambourg, surtout la période transitoire de trois ans au cours de laquelle nous aurions un audit légal PE obligatoire avant de plonger dans un monde totalement optionnel et ouvert. Ces trois ans pourraient être mis à profit par les commissaires aux comptes pour prouver l'intérêt d'un audit adapté, allégé, sans formalisme excessif, auprès des entreprises concernées par le relèvement des seuils.

A.-P. : Quand attendez-vous l'arbitrage du Gouvernement ?

O. S. : Le projet de loi est à l'étude dans une commission mixte, finances et affaires économiques, constituée il y a quelques jours, co-présidée par Olivia Grégoire – députée LREM, NDLR – et par Roland Lescure – député LREM, NDLR –,
avec la mise en place de sous-groupes qui instruisent les différentes thématiques.

Nous allons déposer des amendements et le vrai débat parlementaire commencera à la rentrée. Nous ne sommes pas hostiles à la remontée des seuils, mais nous proposons des alternatives pour ne pas entrer, concernant les PE sortant de l'audit, dans un monde sans le moindre contrôle. Nous sommes dans un pays où le financement des PE émane à 80 % de crédit inter-entreprises et de l'intervention bancaire. Les marchés financiers n'interviennent que très peu, voire jamais, en ce qui concerne les TPE et les PME, qui constituent l'essentiel de notre tissu économique. On ne peut donc laisser ce marché sans régulation. Il faut simplement que cette dernière soit décentralisée, raisonnée et raisonnable. Les commissaires aux comptes sont les acteurs de cette régulation.

A.-P. : On parle de façon récurrente de l'exercice illégal. Un temps fort des UE y est d'ailleurs consacré. Comment évolue la situation ?

L. B. : Il change actuellement de forme. Nous affrontons aujourd'hui un exercice illégal plus difficile à qualifier, réalisé avec des outils numériques en ligne. Un travail illégal “traditionnel” subsiste néanmoins. L'intensité des actions qui ont été menées depuis dix ans permet d'obtenir actuellement des condamnations de plus en plus lourdes et de plus en plus dissuasives. Au cours de notre récent conseil, nous avons fait l'inventaire des dernières condamnations, avec notamment un illégal condamné à 12 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. A ce niveau de condamnation, l'effet dissuasif se fait sentir. Tout l'environnement judiciaire a compris que l'exercice illégal de la comptabilité pouvait masquer des problèmes de blanchiment d'argent, de trafics de drogue... Il y a une économie parallèle qu'on ne retrouve pas dans les cabinets d'expertise-comptable. Rien ne sert de nous imposer de plus en plus de contraintes, avec notamment Tracfin, si la partie opaque de l'économie est traitée par des illégaux. La lutte contre l'exercice illégal est aussi une lutte contre la fraude fiscale et contre le terrorisme. C'est un enjeu sociétal, pas simplement une défense corporatiste.

A.-P. : Les Universités d'été proposent également un atelier sur les détournements de fonds chez les clients. Est-ce une chose courante ?

L. B. : Cet un atelier qui sera animé par Infores, une association qui dépend des deux syndicats, IFEC et ECF, et qui défend les experts-comptables mis en cause. Cette mise en cause est le plus souvent liée à la non détection d'un détournement de fonds. Infores va réexpliquer quelles sont les responsabilités de l'expert-comptable par rapport à sa lettre de mission, dans sa relation contractuelle avec le client et comment il peut détecter les fraudes.

A.-P. : À travers l'organisation des Universités des Antilles, avez-vous la volonté d'exporter le succès des Universités d'été ?


O. S. : Il s'agit de deux formats assez différents. Les Universités des Antilles proposent 16h de formation sur différents thèmes tels que l'audit, le social ou encore la gestion de patrimoine. Les Universités d'été se déroulent à Paris et concentrent beaucoup plus d'ateliers et de formations. Nous n'avons pas la volonté d'exporter cet événement mais si nous inspirons d'autres régions, pourquoi pas ?

Des propositions pour nourrir la loi PACTE

Les experts-comptables ont formalisé une série de propositions visant à nourrir le projet de loi PACTE. Ces mesures, prises à l'unanimité, visent notamment la modernisation du mode de fonctionnement de l'institution et le périmètre d'exercice des experts comptables.

L. B. : Une session extraordinaire s'est tenue dernièrement au Conseil supérieur. IFEC et ECF se sont mis d'accord pour proposer un certain nombre de mesures très concrètes. Un premier volet est consacré à la notion de tiers de confiance. Un autre est destiné à accroître la performance des experts-comptables en améliorant leurs conditions d'exercice.

Parmi nos propositions figurent également la reconnaissance de l'expert-comptable en entreprise, le maniement des fonds, la possibilité d'obtenir un remboursement accéléré lorsqu'on fait appel à un expert-comptable – crédits de TVA, crédits d'impôts recherche... Nous essayons de porter cet ensemble de propositions dans le cadre de la loi PACTE.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer