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Lancement de l'Observatoire du Lobbying : un secteur boosté par la crise sanitaire

La toute première édition de l'Observatoire du Lobbying montre qu'en 2020 en France, près d'une action de lobbying sur sept (soit 14,9 %) était directement liée à la crise sanitaire d'après les données renseignées auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, et que ce registre public a connu une croissance de plus de 11 % en un an.
Lancement de l'Observatoire du Lobbying : un secteur boosté par la crise sanitaire

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Le 9 mai 2017, le décret relatif au répertoire numérique des représentants d'intérêts introduisait une petite révolution dans le monde des affaires publiques : les lobbyistes sont désormais tenus de déclarer leurs activités à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui, dans une volonté de confiance et d'accessibilité des informations, a décidé de mettre ces données à disposition de tous via l'Open Data.

Rebondissant sur cette opportunité inédite, la start-up françaises Smart Lobbying, fondée cette année par trois passionnés des technologies, d'entrepreneuriat et de politique, a donc décidé de lancer un Observatoire, seulement un mois après l'échéance déclarative de mars 2021, afin de fournir au public des prévisions chiffrées et analysées sur le métier de lobbyiste dans l'Hexagone.

Un secteur dynamisé par la pandémie

Le premier constat révélé par cette enquête réalisée à partir des données de la HATVP est que l'an dernier près de 15 % des actions de lobbying étaient directement liées à la crise sanitaire, soit 1 380 actions sur 9 267.

Parmi ces activités d'affaires publiques, une sur cinq visait à demander des aides pour les entreprises (20,3 %), une sur sept était liée à la santé ou au médico-social (14,3 %) et une sur dix était liée au budget de l'Etat (11,2 %).

Cette première édition de l'Observatoire du Lobbying montre également que ce secteur a été particulièrement dynamique en 2020, puisque le registre a connu une croissance de plus de 11 % en un an.

196 millions d'euros pour 2019

Ce panorama général des lobbyistes établi aussi une estimation précise des coûts investis en la matière. Et le moins que l'on puisse dire est que ce budget est relativement important. Les dépenses moyennes de lobbying en France ont ainsi été estimées à 196 millions d'euros, toutes organisations confondues, sur l'exercice 2019, et à 148 millions d'euros sur l'exercice 2020.

Il révèle par ailleurs que 6 709 personnes effectuent de la représentation d'intérêts en France, soit un lobbyiste pour 10 000 Français environ, dont près de deux tiers sont des hommes (63,7 %). Cette répartition reste toutefois moins déséquilibrée chez les lobbyistes qu'elle ne l'est chez les dirigeants d'organisations.

En outre, les sociétés commerciales sont les organisations les plus inscrites au registre (29,5 %), suivies de près par les organisations professionnelles (22,6 %), puis les associations (19 %) et les syndicats (12 %). Les cabinets de conseil ne représentent, eux, que 5 % de la base de données (7,2 % si on leur ajoute les consultants indépendants).

Les thèmes "Environnement", "Économie" et "Travail/Emploi/Solidarité" occupent le podium des secteurs d'activités où le lobbying est le plus actif en France. En revanche, les domaines régaliens comme "Affaires étrangères, coopération internationale", "Défense, sécurité", "Justice" ou encore "Questions migratoires" sont dans les dernières positions, signe qu'ils ne font pas encore l'objet de beaucoup d'actions de lobbying.

Enfin, cette étude nous révèle sans surprise que ce sont les parlementaires qui font le plus l'objet de lobbying en France (66,7 % des activités), loin devant le ministère de l'Economie et des Finances (19,7 %), le Premier ministre (17,2 %) ou même le Président de la République et ses collaborateurs (14,1 %).

Télécharger l'Observatoire du Lobbying pour découvrir toutes les informations sur les réseaux d'influence à travers 50 pages de données commentées.

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