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La ville durable contre la ville attractive ?

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La ville durable contre la ville attractive ?
@ A.P. - Dominique Bertinotti était récemment l'invitée de Bertrand Savouré.

Suite à l'indisponibilité de David Belliard, Bertrand Savouré et la Chambre des notaires de Paris recevaient récemment Dominique Bertinotti, candidate dans le 20e arrondissement et soutien de la liste Europe Ecologie les Verts. Alors que tout un chacun parle d'écologie, l'ancienne ministre de la Famille est notamment venue insister sur la profondeur du changement à opérer.

«ce n'est pas parce qu'on repeint les volets en vert que l'on change les fondations ». Interrogée par Bertrand Savouré, alors que la majorité des candidats à la Mairie de Paris se revendiquent « écolo », Dominique Bertinotti et le projet qu'elle soutient, celui porté par David Belliard, défendent « une écologie qui ne se résume pas à quelques espaces verts et à des pistes cyclables ». Importants, et celle qui est candidate dans le 20e arrondissement parle bien de « débitumer Paris » en ramenant le végétal au cœur du minéral, l'eau aussi en rouvrant la Bièvre (voir encadré), mais insuffisants : cela concerne des éléments plus profonds, tels que la surconsommation. Il ne faut pas se contenter de « mesures cosmétiques » ou d'une « écologie de la jardinière » pour reprendre des formules employées par l'ancienne ministre de la Famille.

De la ville durable

Qu'est-ce qu'une ville attractive aujourd'hui ? Une ville qui fait du chiffre d'affaires ? Une ville qui attire des touristes ? Oui, mais à quels coûts ? Pareille obsession peut impliquer une population qui ne soit qu'aisée avec des poches de pauvreté. Dominique Bertinotti dresse sur ce point un parallèle avec les villes américaines où la spéculation a entraîné une dégradation de l'hypercentre. David Belliard préfère la ville durable à pareille ville attractive. Et si la protection de la planète importe, c'est dans un sens plus global qu'il faut entendre « défense de l'environnement ». Ainsi la ville durable doit-elle inclure des indicateurs de bien-être dans un « Paris apaisé » et les impératifs écolo ne doivent-ils pas être générateurs de nouvelles inégalités ? « Les jeunes générations doutent que leur avenir sera meilleur que le présent de leurs parents ».

Il ne faut pas se contenter de « mesures cosmétiques » ou d'une « écologie de la jardinière » pour reprendre des formules employées par l'ancienne ministre de la famille.

« Sanctuariser le patrimoine municipal » et autres propositions pour le logement

Des thèmes favoris des notaires, c'est le logement qui a été le plus au cœur du débat. Témoignant du projet porté par David Belliard et Europe Ecologie les Verts, Dominique Bertinotti parle de « sanctuarisation du patrimoine municipal » pour influer sur la spéculation immobilière. Face aux enjeux concernant notamment les classes moyennes, les écologistes souhaitent s'appuyer sur des outils existants, comme l'office foncier solidaire créé en 2019 qui, séparant le foncier du bâti, permet d'acheter à un prix inférieur à la moyenne parisienne. Il s'agira aussi d'atteindre rapidement les 25 % de logements sociaux SRU et 30 % en 2030. Pour ce faire, pas de constructions nouvelles : « les projets de tours nous paraissent d'un autre monde que le monde durable que nous voulons ». Les listes Vertes comptent plutôt s'appuyer sur l'exercice du droit de préemption. Outre le fait d'agir contre AirBnB, les Verts proposent également un blocage des loyers durant cinq ans et un contrôle effectif du respect du blocage.

Offre, demande, des mesures qui ont fait débat

Les notaires n'ont pas semblé convaincus par toutes ces propositions. L'exercice du droit de préemption risque de provoquer un enchérissement des prix, quand le blocage des loyers, tissant un parallèle avec les lois de 1919 et 1948, pourrait « démotiver les acquéreurs et empêcher les propriétaires de réaliser des travaux, dont ceux de rénovation thermique que les Verts appellent de leurs vœux ». Thierry Delesalle, qui suit les questions immobilières pour la Chambre, souligne que le blocage des loyers risque aussi de générer des logements vacants. Et pour ce qui est de contenir les prix, il dit croire au jeu de l'offre et de la demande et, qu'à l'image de Rennes, construire est la bonne solution. Dominique Bertinotti n'est, elle, pas convaincu par la logique du marché. Une rue plus jolie implique une hausse des prix : « on est là pour améliorer la qualité de vie, pas pour alimenter la spéculation immobilière ».

Que le Grand Paris amène de la perméabilité contre une logique de barrière

« Si les classes moyennes vont habiter ailleurs, n'a-t-on pas intérêt à miser sur le Grand Paris plutôt que de s'obstiner à les maintenir intra-muros ? », demande Bertrand Savouré. « C'est un choix politique », répond Dominique Bertinotti. L'ancienne ministre souligne un problème qui ressemblerait à une sorte d'effet de cliquet : « une fois que l'on quitte Paris, on n'y rentre plus ». Or, on ne peut pas, selon elle, se permettre de mettre dans les transports les classes moyennes tous les matins : infirmiers et infirmières doivent par exemple avoir les moyens de vivre prêt de leur lieu de travail.

Ré-ouvrir la Bièvre dans Paris ?

C'est l'une des mesures proposées par les Verts pour ramener de l'eau et de la fraicheur au cœur de la capitale. Historiquement, cet affluent de la Seine pénétrait dans Paris entre les portes de Gentilly et d'Italie (par l'actuel parc Kellerman), passait du côté de l'actuelle manufacture des Gobelins via les rues Vergniaud, Vulpian et Pascal, puis par le jardin des plantes avant de se jeter dans la Seine du côté de la Gare d'Austerlitz. Prenant sa source à l'étang de la minière à Guyancourt, alimentant en partie les jardins de Versailles, s'écoulant par Jouy-en-Josas et Massy, elle est couverte à partir de 1950 depuis Anthony jusqu'à la capitale où elle était déjà enfouie dans les égouts depuis 1912. Les désagréments provoqués par les eaux usées des tanneurs, blanchisseurs et autres teinturiers qui jalonnaient son parcours avaient eu raison de sa présence en surface.

Dès 2001, un « plan de renaissance de la Bièvre » avait été exposé, proposant de ramener la rivière en surface dans Paris à trois endroits, notamment au muséum d'histoire naturelle. Une réouverture partielle un peu à l'image de ce que certaines communes de banlieue ont réalisé depuis, comme Cachan et L'Haÿ-les-Roses. D'autres projets ont depuis été exposés, avec la multiplication en surface d'élément rappelant sa présence jadis, lagune au parc Kellerman, plan d'eau dans le jardin Charles Trenet, plaques aux sols… 2 000 personnes participent par ailleurs chaque année à une « marche de la Bièvre » de la cathédrale Notre-Dame jusqu'à la source.




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