AccueilActualitéEuropeLa transition écologique va impacter l’économie à court terme

La transition écologique va impacter l’économie à court terme

Le mercredi 16 novembre, la commission des affaires économiques et la commission des affaires européennes ont organisé une table ronde sur le thème « Ambitions européennes et chocs économiques actuels ».
Ambitions européennes et chocs économiques actuels.
© Sénat - Ambitions européennes et chocs économiques actuels.

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Animée par Sophie Primas, présidente de la commission des Affaires économiques, et Jean-François Rapin, sénateur du Pas-de-Calais, la table ronde a réuni trois experts du secteur. Jean Pisani-Ferry, professeur à Science-Po, Xavier Timbeau, directeur principal de l’Observatoire français des conjectures économiques (OFCE), et Charles Wyplosz, professeur honoraire à l’Institut des études internationales et du développement (IHEID) à Genève, ont échangé sur le sujet « des ambitions européennes et des chocs économiques ».

« Le projet européen est ambitieux par nature ! », a lancé Jean-François Rapin pour introduire la séance. Avant de poser le décor : « L’Union européenne, qui avait l’ambition de rebondir après le choc conjoncturel de la pandémie, et qui affiche aussi des ambitions de plus long terme couplant les nécessaires transitions verte et numérique, voit ses efforts contrariés par la guerre en Ukraine. Elle assume désormais vouloir construire son autonomie stratégique pour défendre ses intérêts et soutenir ses valeurs sur le plan international et elle entend décliner cette autonomie aux niveaux militaire, industriel, pharmaceutique, alimentaire et spatial. Nous nous situons donc dans un contexte européen paradoxal, avec d'un côté des ambitions qui sont toujours plus grandissantes et de l'autre des chocs économiques qui s'accumulent ». Une remise en contexte qui a amené une question simple de Sophie Primas : « Comment réduire pour l’Europe et la France le coût de la transition, et même faire de cette transition une opportunité pour de nouveaux emplois dans de nouveaux secteurs, et finalement une croissance plus sobre en carbone et plus riche en emploi ? ».

Une fatalité à court terme, mais de l’optimiste sur le long terme

« La montée en puissance des préoccupations climatiques et la tentative de l’Union européenne d’affirmer une stratégie va avoir des impacts, que nous allons continuer à travailler dans le cadre de la mission que m’a confié la Première ministre » a répondu Jean Pisani-Ferry. Pour lui, « le capital en place va devoir être mis au rebut et des qualifications acquises vont devoir être perdues ». Même si l’économiste a affiché une certaine fatalité à court terme, il est optimiste pour un horizon de 20 à 30 ans.

« Nous sommes rentrés dans un monde d’externalité, dans lequel l’intervention publique est essentielle. En effet, la transition ne se passera pas sans cette intervention, mais cela percute les règles du commerce, perturbe les règles budgétaires et tout un ensemble d’éléments de l’Union européenne. Nous sommes face à une redéfinition assez complète des finalités, des priorités et des modes d’action de l’UE. Enfin, nous ne sommes plus centrés sur l’intégration entre nous, mais sur la réponse aux défis globaux ».

« Une dimension macroéconomique à la transition énergétique »

Xavier Timbeau a rejoint à 100 % les déclarations de Jean Pisani-Ferry, même s’il est resté plus mesuré. « Aujourd’hui, il n’y a pas à discuter de quelle politique doit être exécutée pour la transition environnementale. Il faut d’abord s’attacher à mesurer les conséquences, parce que s’il y a une dimension macroéconomique à la transition énergétique, alors il y a une somme incroyable de différentes couches qu’il faut mobiliser toutes ensembles. Elles sont disparates, pas toujours complémentaires, ni toujours sans contradiction les unes avec les autres, mais il va falloir les articuler, les expliquer, les mettre en œuvre pour arriver au meilleur résultat possible, toujours en anticipant et en réduisant au maximum la confusion ».

La taxe carbone, une solution a envisagé ?

De son côté, Charles Wyplosz est d’accord pour dire que le changement climatique va coûter relativement cher. Il a ensuite insisté sur une solution qui selon lui arrangerait tout le monde, mais pose une véritable problématique : la création d’une taxe carbone. « Pour des raisons politiques, et notamment les manifestations ou encore les gilets jaunes, rares sont les pays qui sont prêts à envisager cette solution qui a pourtant l’avantage d’être simple et de résoudre tous les problèmes pratiquement d’un seul coup. Mais je ne suis pas complètement désespéré sur la taxe carbone, qui est pour moi indispensable. Et le mécanisme d’ajustement aux frontières peut permettre de l’obtenir ».

Pour conclure et montrer les difficultés de la transition écologique dans son ensemble, le professeur de Science-Po a souligné un point frappant dans la façon de l’envisager. « Pour les Français, c’est une manière de devenir aussi autarcique que possible, alors que pour les Allemands, c’est une occasion de faire du commerce international. Chacun répond donc aux mêmes défis, mais avec ses propres réflexes. Il faut donc être attentif car ces deux réponses ne sont pas spontanément compatibles ».

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