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La révolution de la LegalTech en France

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La révolution de la LegalTech en France
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Dans une société où le juridique est de plus en plus omniprésent, les nouvelles technologies sont venues modifier le rapport des usagers avec le droit.

Dans ce contexte extrêmement favorable où les justiciables et les entreprises s'aperçoivent toujours plus des problématiques d'ordres juridique auxquelles elles sont confrontées, le marché de la legaltech poursuit actuellement une croissance record. Un véritable décollage même pour ce marché encore jeune, dans lequel les justiciables attendent une relation de service client/prestataire du droit toujours plus accessible, rapide et facile d'accès, et où seules 13 % des legaltech proviennent de professionnels du droit (selon l'observatoire Village-Justice) dans un milieu ultra dominé par des startups toujours plus innovantes.

La legaltech: kezako ?

Ce terme issu du terme anglo-saxon "legal technology" (ou technologie au service du droit en français), désigne tous les services juridiques proposés par les nouvelles technologies, des plateformes, des logiciels ou la mise en relation par internet avec des prestataires du droit accessibles en ligne. Il s'agit autrement dit d'une accessibilité renforcée et largement simplifiée au droit que ce soit pour les supports, les procédures d'accès ou d'usage de services juridiques, mais également la connexion avec des prestations juridiques instantanées ou dématérialisées en ligne. Censée faciliter les opérations juridiques des opérateurs économiques mais également plus largement de l'ensemble des justiciables, la legaltech est particulièrement utilisée par les entrepreneurs pour l'accompagnement ou l'accomplissement de leurs procédures de création d'entreprise. Un processus qui nécessite une compétence juridique indéniable afin de garantir un bon démarrage de l'activité, et pour lequel la legaltech apporte une réponse idéale de simplicité, rapidité et fiabilité.

Les objectifs très variés de la legaltech

Avant tout de répondre à un besoin nouveau. Il ne faut effectivement pas oublier que les nouvelles technologies apportent à travers la legaltech des solutions à des besoins juridiques eux-mêmes nouveaux, et largement entraînés par les nouvelles technologies elles-mêmes.

Au-delà de cette dimension d'auto réponse à un besoin nouveau, il s'agit de permettre à des professionnels du droit de trouver de nouveaux clients ou de renforcer leur présence sur internet sans se lancer dans des campagnes B2B onéreuses et complexes, de se créer une vitrine numérique pour une palette de services juridiques bien plus larges et traditionnels. Mais il s'agit également d'alléger la charge de travail à travers des procédures automatisées, et une délégation maximisée grâce à une technologie allégeant largement les tâches de nombreux professionnels du droit grâce également à la délégation du recouvrement, de la rédaction ou de la relation client. Sans oublier un gain de temps indéniable grâce à l'extension d'usage de la technologie aux tâches juridiques, mais également une forte réduction des coûts.

Les professionnels du droit se frottent les mains, les particuliers aussi

Réduire la legaltech à un nouveau marché et à de nouvelles applications pour les professionnels du droit qui en seraient seuls bénéficiaires serait bien trop réducteur. Parce que les simples justiciables, "consommateurs" du droit bénéficient également de prestations juridiques bien plus faciles d'accès et peu onéreuses. Il suffit aujourd'hui de quelques clics pour obtenir un contrat de bail conforme loi Alur personnalisé et adapté à sa situation propre, ou pour rédiger de manière automatisée un contrat disposant de clauses particulières taillées sur mesure pour les besoins du client. Une prestation de service qui jusqu'à l'arrivée de la legaltech nécessitait une consultation d'avocat ou de notaire, une prise de rendez-vous, une attente importante et souvent un coût bien plus important.

Les principales applications de la legaltech

Plus de 40 % des besoins exprimés par le biais de la legaltech touchent au recouvrement de créances. En effet, les plateformes et logiciels permettant une gestion automatisée et optimisée des impayés, grâce notamment à l'usage de l'intelligence artificielle. Mais d'autres applications sont également très utilisées, y compris auprès des collectivités locales, services et établissements publics : pré-plaintes en ligne, demande d'autorisation d'urbanisme... des services qui sont parfois également juridiques et accessibles 24/7, ce qui est très apprécié par les usagers de ces différents services publics. Enfin, les entrepreneurs y trouvent largement leur compte, grâce en particulier aux statuts en ligne adaptables et personnalisables, ou encore aux procédures automatisées de création d'entreprise... Les créateurs d'entreprise non juristes trouvent grâce à la legaltech un accompagnement personnalisé et automatisé de grande qualité, accessible, permettant l'accomplissement de nombreuses formalités en toute simplicité et en toute sécurité juridique pour le démarrage de leur activité.

Quel avenir ?

Largement redoutée par le monde du droit, la legaltech n'est pourtant pas un concurrent très menaçant, mais au contraire un levier de croissance très complémentaire. En effet, l'intelligence artificielle ou les logiciels si performants soient-ils, resteront bien incapable de remplacer un conseil et une consultation juridique réelle, ainsi que l'expérience et l'expertise d'un professionnel du droit. En revanche, il est indéniable que la legaltech permet non seulement de régler de nombreux problèmes juridiques du quotidien et ainsi dé-saturer certains professionnels. Sans compter la capacité de la legaltech de susciter la curiosité, soulever des problématiques jusqu'alors ignorées des usagers et ainsi créer un besoin en services juridiques plus large qu'initialement prévu. Enfin, la legaltech est aujourd'hui le meilleur moyen pour un cabinet ou un professionnel du droit d'être présent sur internet, se faire connaître et fidéliser une clientèle nouvelle grâce à des services ou prestations numériques de qualité qui convaincront de nombreux clients à pousser les portes physiques des cabinets. D'où un monde juridique qui tend à devenir de plus en plus hybride, partagé entre les prestations "réelles" et les prestations numériques.

Avec le développement des nouvelles technologies, les possibilités de la legaltech tendent à s'étendre: des contrats immobiliers aux recouvrements contentieux, en passant par la rédaction d'un contrat de travail conforme avec le droit positif, la protection de la propriété intellectuelle... le numérique répond à des besoins qu'il créé lui-même, permettant dès lors d'envisager un développement toujours aussi soutenu, probablement relativement proche du développement du secteur des nouvelles technologies qui tourne actuellement autour de 15% en France d'après l'INSEE. A l'instar de la santé ou de l'éducation par exemple, mais également de certaines industries, les nouvelles technologies permettent en effet de remplacer de nombreux services physiques, et de faciliter leur accès. Le ciel de la legaltech reste donc largement dégagé, et son développement pourrait bien continuer sur une lancée très soutenue.




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