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La REF Territoires : comment rééquilibrer une France territorialement morcelée

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La REF Territoires : comment rééquilibrer une France territorialement morcelée
© Medef - Fabrice Lundy, journaliste animateur des débats, et Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ont discuté des causes

Le 5 mai dernier, la REF Territoires, organisée par le Medef, s'est réunie pour débattre, lors d'un évènement 100 % digital, avec les meilleures experts et dirigeants d'entreprise sur le thème de l'attractivité des territoires, et notamment sur la façon de remédier à l'effacement des zones périphériques face à la puissance économique des grandes métropoles, en redonnant davantage de « manœuvre au terrain ».

Lancée par Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, et animée par Fabrice Lundy, journaliste et chroniqueur, la dernière Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée autour du thème des territoires avait pour titre « la France façon puzzle ». Durant trois heures, élus et dirigeants d'entreprise se sont penchés sur les fractures et inégalités territoriales qui persistent en France et que la crise sanitaire a endiguées. Aujourd'hui, les quinze plus grandes métropoles concentrent 81 % de la croissance économique alors qu'elles ne représentent que 30 % de la population française. Quant aux territoires situés en dehors des grandes métropoles, dits « épars », ils connaissent une croissance économique, ainsi qu'un niveau de vie en stagnation, voire en déclin, selon les chiffres du rapport de l'Institut Montaigne, intitulé « Rééquilibrer les territoires », publié en mars dernier.

Agir pour réduire les fractures territoriales

En introduction de l'évènement, Geoffroy Roux de Bézieux est revenu sur le morcellement territorial français. En effet, le pays reste déséquilibré, avec des disparités territoriales bien installées, qui opposent les métropoles et les territoires plus petits. Ce sont dans les métropoles que les entreprises sont les plus agiles, s'installent et se développent. Avec la crise, un regain d'intérêt s'est opéré dans les villes moyennes, proches de Paris, avec une augmentation de la demande immobilière, accentuée par le phénomène du télétravail. Toujours d'actualité, l'enjeu est de rester compétitif dans la mondialisation lorsque l'on est une ville moyenne sans pôle de compétitivité ou d'affaires particulier.

« Il n'y pas de fatalité pour les endroits excentrés et il est possible de créer de l'emploi en dehors des métropoles », considère le président du Medef. Pour ce dernier, il est nécessaire que les élus locaux installent un écosystème favorable aux entreprises, en termes de fiscalité, de logement ou encore de santé. La qualité de vie est également un facteur très important. Enfin, parce que le poids de l'industrie dans le PIB national (12 % en France contre 20 % en Allemagne) a reculé, alors que le secteur se développe dans les villes moyennes, l'enjeu reste de réindustrialiser la France pour rester compétitif.

Paul Hermelin, président de Capgemini et auteur du rapport de l'Institut Montaigne suscité, propose quant à lui de favoriser un meilleur équilibre des territoires avec des investissements dans les centres attractifs de province comme à « Nantes, Toulouse ou Grenoble » car « le constat statistique est que 80 % du PIB par tête a lieu dans les 15 métropoles françaises où travaillent seulement 30 % des salariés. Nous avons donc favorisé la richesse dans nos métropoles. A l'inverse, en Allemagne et en Italie du Nord, c'est très différent et les richesses sont davantage éparpillées ». Les solutions pratiques qu'il préconise consistent à améliorer les offres de formations, notamment universitaires « qui fonctionnent comme un aspirateur des talents vers les métropoles », et le maillage territorial des transports publics.

« Pour améliorer l'accès aux villes secondaires on parle de centaines de milliers d'euros et pas de millions ! », c'est donc tout à fait faisable selon lui.

« L'emploi dans les villes moyennes est probablement la nouvelle industrie », s'exclame-t-il en citant l'exemple du label FrenchTech d'Avignon qui n'a que 90 000 habitants, là où il travaille et est élu et où se développe une véritable dynamique entrepreneuriale.


Boris Ravignon, Alain Perea, Marie-Cécile Tardieu, Elaine Poirier et Philippe Renaudi.

Quelle mutation vers plus d'attractivité ?

Une première table ronde s'est intéressée aux territoires dits « mutants », qui se sont adaptés et ont innové pour devenir davantage attractifs. Philippe Renaudi, président du comité des Métropoles du Medef, a abordé l'exemple de la Côte d'Azur, fort d'un tourisme très développé mais aussi très fragilisé par la crise. Le territoire continue de mener une réflexion sur la façon de renforcer son attractivité. Qu'il s'agisse du Parc Sofia Antipolis, qui accueille de grandes entreprises ou encore de Nice Eco Vallée, spécialisée dans la smart city et l'intelligence artificielle, les efforts déjà menés pour être compétitifs et attractifs au-delà du tourisme doivent être consolidés. Pour Philippe Renaudi, il est nécessaire de fournir un travail avec les Chambres de commerce et les collectivités, pour faire entendre auprès des décideurs politiques la voix des acteurs économiques.

Les participants se sont également accordés sur l'importance de l'innovation et de la formation tout en s'appuyant sur les forces existantes des territoires, en les modernisant. Pour le député de l'Aude Alain Perea, il faut « s'appuyer sur ses propres compétences et s'interroger sur comment en développer d'autres pour être pluridisciplinaires, se tourner vers des secteurs, des ‘locomotives' qui tirent le territoire vers le haut, et envoyer une image positive du territoire à l'international ».

Sur ce point précis, Marie-Cécile Tardieu, directrice générale déléguée Invest chez Business France, souligne que les investisseurs étrangers sont très attentifs à l'état du marché, à la facilité de trouver des clients et aux conditions de connectivité, en termes de logistique. Pour la France, l'enjeu fondamental est la formation
des talents car tous les pays sont dans une course aux meilleurs d'entre
eux. « Tous les territoires ont leur chance », précise-t-elle. Pour certains territoires, ce n'est pas tant la formation que la fuite des cerveaux qui est un enjeu de taille. Elaine Poirier, dirigeante d'une entreprise de consulting en Guadeloupe, en atteste. Ce territoire doit être plus attractif pour convaincre les jeunes diplômés partis en métropole de revenir travailler chez eux, notamment en leur offrant une meilleure information des différents emplois disponibles sur leur île.


Fabrice Lundy (journaliste animateur), Sophie Garcia (entrepreneuse présidente du Medef Occitanie), Sophie Errante (députée LREM de Loire-Atlantique présidente du conseil de surveillance de la Caisse des Dépôts) et Bernard Cazeneuve (avocat et ancien Premier ministre).

Booster les synergies entre collectivités et entreprises

Une première table ronde s'est intéressée aux territoires dits « mutants », qui se sont adaptés et ont innové pour devenir davantage attractifs. Philippe Renaudi, président du comité des Métropoles du Medef, a abordé l'exemple de la Côte d'Azur, fort d'un tourisme très développé mais aussi très fragilisé par la crise. Le territoire continue de mener une réflexion sur la façon de renforcer son attractivité. Qu'il s'agisse du Parc Sofia Antipolis, qui accueille de grandes entreprises ou encore de Nice Eco Vallée, spécialisée dans la smart city et l'intelligence artificielle, les efforts déjà menés pour être compétitifs et attractifs au-delà du tourisme doivent être consolidés. Pour Philippe Renaudi, il est nécessaire de fournir un travail avec les Chambres de commerce et les collectivités, pour faire entendre auprès des décideurs politiques la voix des acteurs économiques.

Les participants se sont également accordés sur l'importance de l'innovation et de la formation tout en s'appuyant sur les forces existantes des territoires, en les modernisant. Pour le député de l'Aude Alain Perea, il faut « s'appuyer sur ses propres compétences et s'interroger sur comment en développer d'autres pour être pluridisciplinaires, se tourner vers des secteurs, des ‘locomotives' qui tirent le territoire vers le haut, et envoyer une image positive du territoire à l'international ».

Sur ce point précis, Marie-Cécile Tardieu, directrice générale déléguée Invest chez Business France, souligne que les investisseurs étrangers sont très attentifs à l'état du marché, à la facilité de trouver des clients et aux conditions de connectivité, en termes de logistique. Pour la France, l'enjeu fondamental est la formation des talents car tous les pays sont dans une course aux meilleurs d'entre eux. « Tous les territoires ont leur chance », précise-t-elle. Pour certains territoires, ce n'est pas tant la formation que la fuite des cerveaux qui est un enjeu de taille. Elaine Poirier, dirigeante d'une entreprise de consulting en Guadeloupe, en atteste. Ce territoire doit être plus attractif pour convaincre les jeunes diplômés partis en métropole de revenir travailler chez eux, notamment en leur offrant une meilleure information des différents emplois disponibles sur leur île.

Booster les synergies entre collectivités et entreprises

Dans une autre table ronde intitulée « Réduire les fractures, sans augmenter les factures », un panel d'experts a évoqué les moteurs et les freins de la revitalisation des territoires et de la cohésion sociale.

La mue de nos métropoles en pôles d'attractivité économique, démographique et culturelle, de rangs européen et mondial, est un atout indéniable pour la France. « La France et son territoire sont très attractifs notamment grâce à ses transports et ses moyens en matière de décarbonisation », témoigne Sylvie Ouziel, présidente internationale Envision Digital, qui a l'ambition d'installer une usine de batteries électriques de véhicules dans les Hauts-de-France et ouvre trois fermes d'éoliennes en Bourgogne. Toutefois, cette “métropolisation” a favorisé l'émergence d'un sentiment d'abandon dans les territoires et même, poussée à l'extrême d'une « gilets-jaunisation » des rapports sociaux.

« Aujourd'hui, la politique d'aménagement au niveau national n'existe plus », dénonce Dominique Bussereau, président de l'Association des Départements de France, qui milite pour l'installation de la fibre partout, l'amélioration des transports et des investissements routiers, ferroviaires et portuaires. L'ancien ministre met aussi l'accent sur la nécessité d'avoir des établissements de santé et des médecins à proximité pour attirer les travailleurs en province. « Le Département est à la fois le banquier et le distributeur de services publics », annonce-t-il, convaincu que les collectivités territoriales sont au cœur des actions de vitalité des territoires.

Sur la même longueur d'onde, Dorothée Ferreira, directrice générale d'Indépendance Royale, présidente du Medef Limousin et membre du Comex40, défend les partenariats entreprises/collectivités sur les sujets qui s'adressent au plus près des usagers. Née à Limoge, elle y est restée car « le limousin nous a permis de créer une vraie culture d'entreprise avec une communauté de travail soudée autour de valeurs communes ».

« C'est important d'essayer de comprendre pourquoi certains territoires ruraux ou industriels s'en sortent bien et que d'autres non. L'explication est donc socio-politico-culturelle. Avec un bon leadership, il n'y a aucune fatalité », explique Pierre Veltz, professeur émérite à l'École des Ponts ParisTech, chercheur en sciences humaines. Selon lui, « il faut penser davantage aux synergies et à la collaboration entre les métropoles et leurs territoires adjacents ». Il prend ainsi l'exemple des partenariats à nouer entre les start-ups et les PME industriels en milieu rural.


Fabrice Lundy, Dominique Bussereau, Paul Hermelin, Dorothée Ferreira, Pierre Veltz et Sylvie Ouziel.

Vers une décentralisation progressive ?

La décentralisation peut–elle rééquilibrer le territoire ? Quelle place à l'expérimentation, à la différenciation, à la déconcentration ? Ce sont les questions que s'est posé le dernier panel lors du débat intitulé « De la République déséquilibrée a la République décentralisée ? ».

Bernard Cazeneuve, avocat et ancien Premier ministre, pense « qu'il faut aller très vite beaucoup plus loin dans la déconcentration ». ll se dit en accord avec Xavier Bertrand sur le rôle des préfets dont il considère qu'ils sont « de grands coordinateurs et connaisseurs des territoires avec une véritable vision de l'intérêt général ». L'homme d'Etat croit aussi beaucoup aux partenariats entre les régions, les métropoles et les territoires et milite pour la réindustrialisation qui permettra de retrouver le chemin du plein emploi.

« La crise sanitaire a montré que, quand l'ensemble des institutionnels sont autour de la table ils peuvent trouver une solution et c'est formidable », considère Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie, convaincue qu'il faut prendre les problèmes de façon globale avec divers interlocuteurs. « Cette crise est le moment où jamais d'utiliser la composante territoriale des villes moyennes avec une nouvelle forme de travail et un besoin de qualité de vie qui leur profitent parfaitement », explique la dirigeante d'entreprise en mettant en avant le télétravail et l'emploi des jeunes.

La question de l'apprentissage et de la formation tout au long de la vie a été vivement soutenue par les Régions, rappelle Bernard Cazeneuve. Il estime aussi qu'il faut aussi lutter contre le sentiment de relégation et de discrimination au détriment des villes moyennes. « La crise des Gilets jaunes est un précipité de raisons dont l'inégalité devant les services publics », assure-t-il.

« Il faut prendre ce qui vient du terrain, faire confiance aux élus locaux, être pragmatique, prendre des risques, réduire les délais et s'adapter aux besoins », conclut Sophie Errante, députée (LREM) de Loire-Atlantique, présidente du conseil de surveillance de la Caisse des Dépôts et consignation, qui a participé aux programmes Banque des Territoires et Cœur de Ville.

Réduire la fracture territoriale par le numérique

Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, a, quant à lui, témoigné de la façon dont le numérique est un levier de réduction de la fracture territoriale.

Tout d'abord, il permet de garder des liens sociaux à distance, il donne accès à l'information, à la culture et rompt l'isolement. Le numérique assure aussi l'égal accès des Français aux bien de consommation. En effet, 7 consommateurs sur 10 achètent en ligne. Le numérique permet aussi de désenclaver les régions en offrant la possibilité à toutes les entreprises de vendre en ligne et de s'affranchir des barrières de distance et de logistique pour pratiquer leur activité. Comme l'a souligné Frédéric Duval, le numérique a sauvé des TPE et PME au plus fort de la crise et leur a permis de garder leur activité au sein de leur territoire et leur boutique physique grâce au ‘click and collect'. A ce titre, 89 % des PME interrogées considèrent que les activités physiques et numériques sont complémentaires et les entreprises qui vendent aussi sur internet ont augmenté leur chiffre d'affaires de 14 %. Pour le directeur d'Amazon France, il est primordial de pousser la digitalisation des entreprises françaises qui sont en retard par rapport à celles européennes. C'est pour cela que le géant du commerce en ligne a mis en place un programme de formation, l'Accélérateur du numérique, à destination des entrepreneurs français, pour les aider dans leur transition numérique.

La vision des Français sur la cohésion territoriale

Grand témoin de cette matinale digitale, Jérôme Fourquet, directeur de l'institut de sondages Ifop département « Opinion et stratégies d'entreprise », et auteur de l'essai L'Archipel Français, a présenté les conclusions du sondage commandé par le Medef « La France et ses Territoires ».

Selon ce dernier, 8 Français sur 10 pensent que la France recouvre des inégalités au sein de ses territoires et 6 sur 10 estiment que ces fractures ont augmenté durant les dix dernières années. Les causes de la « gilet-jaunisation », cette révolte contre la fragmentation des territoires et la prime à la proximité des métropoles, n'ont pas disparu, alerte Jérôme Fourquet.

En effet, 64 % des Français vivant dans les centres villes et les grandes agglomérations pensent s'en sortir mieux que ceux habitant dans les banlieues, et 50 % qu'il y a des écarts de niveau de vie entre les habitants des métropoles et des grandes agglomérations. Néanmoins, 7 Français sur 10 ont tout de même le sentiment de vivre dans un territoire attractif.

En analysant un peu plus profondément les réponses, il apparait que les Français sont globalement satisfaits de l'écosystème dans lequel ils gravitent : plus de 80 % sont ravis des établissements scolaires aux alentours,
77 % de l'accessibilité aux réseaux internet, 74 % de leurs commerces de proximité et 73 % de l'accès aux soins.

Toutefois, seuls 62 % pensent que l'offre de logement est satisfaisante dans leur commune et seuls 42 % estiment qu'il est facile de trouver un emploi dans leur commune ou celles environnantes. Ainsi, un tier des répondants envisage de déménager dans un territoire plus attractif, un chiffre qui monte à 50 % chez les chômeurs.

Interrogés sur ce qu'il faudrait renforcer pour améliorer l'attractivité du territoire où ils résident, 34 % répondent l'emploi, 30 % la sécurité et 28 % l'accès aux soins.

Enfin, les Français semblent avoir intégré l'idée que les problèmes territoriaux se règlent via des solutions concrètes, pragmatiques et surtout créés en concertation avec l'ingénierie locale. Jérôme Fourquet estime ainsi que la question de la décentralisation « va structurer les débats de la prochaine Présidentielle ».

Le modèle des Hauts-de-France

« On l'oublie souvent mais les Hauts-de-France c'était 2 régions très différentes, la Picardie et le Nord et on en a fait la première région de France en matière d'implantation industrielle selon Business France et EY », annonce Xavier Bertrand, son président, ventant le dynamisme de son territoire.

« Ce n'est pas Lille et le désert autour, c'est un territoire entier très tourné vers l'industrie. On a réussi à dessiner un nouvel espoir économique », se réjouit l'ancien ministre. Prenant les exemples du projet du canal du Nord et du développement de la ligne de TGV entre Amiens et Roissy, il explique qu'il poursuit l'objectif de créer de l'emploi partout sur le territoire.

Pour cela, il n'hésite pas à ouvrir le portefeuille. « L'investissement c'est l'emploi de demain, il faut bien faire la différence entre les dépenses de fonctionnement de la Région et ses investissements », souligne l'élu qui a l'ambition de créer un nouvel écosystème de l'industrie automobile électrique pour soutenir la relance des Hauts-de-France. Il a d'ailleurs envoyé récemment une lettre aux maires en faveur d'une « République des territoires » disant que « le centralisme parisien est mort et nous encombre » ayant pour objectif d'investir massivement dans les infrastructures afin de pouvoir sortir des métropoles. S'il rappelle que « la France sans Etat ne peut pas marcher », il milite toutefois pour transférer certaines compétences aux territoires, notamment via les préfets « tout à fait capables d'endosser ce rôle ».




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