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La Métropole du Grand Paris lance son plan anti-pollution de l'air

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

La Métropole du Grand Paris  lance son plan anti-pollution de l'air
© DR

Dans un contexte de zones denses de plus en plus polluées, le principe de la ZFE (Zone à faibles émissions) a été adopté par la métropole en octobre 2018, dans le but de protéger les populations exposées. Il est entré en vigueur le 1er juillet, interdisant aux anciens véhicules portant la vignette Crit'air 5 de rouler.

Récemment, Le Monde relatait l'histoire d'une mère et sa fille, atteintes de troubles respiratoires dus à la pollution de l'air. Les deux intéressées ont en fait engagé un recours contre l'État en invoquant son inaction face à cette pollution. Et pour la première fois de l'Histoire, sa responsabilité a été retenue.

à l'échelle de la Métropole de Grand Paris (MGP), la pollution de l'air est un sujet pris très au sérieux. « La qualité de l'air dans la MGP est une problématique de santé publique qui nous concerne tous. Nous sommes responsables et nous ne pouvons pas rester inactifs face à ce drame », déclare Patrick Ollier, président de la Métropole. En effet, depuis 2015, une ZFE métropolitaine est en préparation. Depuis quelques jours, elle est lancée, en commençant par la réglementation autour des véhicules très polluants.

Les mesures de la ZFE

La première chose à savoir, c'est qu'une ZFE a pour principe d'encourager la circulation des véhicules les plus propres. Dans ce but, elle impose aux conducteurs qui l'empruntent de coller une vignette appelée Crit'air sur le pare-brise de leur véhicule. Ces vignettes classent les voitures en 6 catégories, des très peu polluantes (électriques et hydrogène, vignette verte) aux plus polluantes (véhicules de catégorie 5 datant de 1997 à 2000). Les véhicules plus anciens ne disposent pas de vignette et sont considérés comme les plus polluants. Ces deux dernières catégories ne seront pas autorisées à rouler dans la ZFE sur certaines plages horaires.

Pour aider les ménages à l'achat d'un véhicule dit « propre », électrique, hydrogène, ou encore hybride, la MGP propose une aide de 6 000 euros. « Elle était à
5 000 mais a récemment été réévaluée à la hausse », précise Patrick Ollier.

Des mesures qui devraient contribuer à réduire les impacts de la pollution sur la santé puisque « dans les variables explicatives des morts directement liées à la pollution dans les zones urbaines très denses, le premier facteur est le transport routier », précise Daniel Guiraud, vice-président délégué à la mise en œuvre de la stratégie environnementale et au développement des réseaux énergétiques.

En attendant 2021

Si la ZFE dans la MGP est effective depuis le 1er juillet, il faudra tout de même attendre 2021 pour que les mesures les plus fortes, notamment la verbalisation des véhicules, soient mises en œuvre.

« Si on attend 2021 pour la vidéo-verbalisation c'est parce que je souhaite que le niveau d'interdiction au sein de la métropole et au sein de la ville de Paris soit le même », précise le président Ollier.
« Je trouve que ce ne serait pas cohérent de sanctionner un véhicule de critère 5 et pas un critère 4 dans la métropole, alors que les critères 4 sont interdits dans la ville de Paris. En 2021 la métropole et Paris seront toutes deux en interdiction 4 et 5. »

La métropole précise également qu'elle a besoin de temps pour faire accepter ce projet aux habitants, et pour trouver des solutions complémentaires, afin que chacun puisse passer à la voiture non polluante. « L'objectif est qu'en 2030 nous ayons 100 % de véhicules propres. C'est un objectif très ambitieux », reconnaît Daniel Guiraud. Pour l'atteindre, la MGP doit donc en premier lieu faire preuve de pédagogie pour faire changer les comportements. « On est un peu dans la même situation que pour le tabac il y a 15 ans. Il fut un temps où on fumait dans les restaurants, puis on est arrivés à faire rentrer dans l'esprit des gens qu'il ne fallait pas fumer dans les lieux publics »,
enchaîne le vice-président. « Il y a eu modification des comportements et c'est ce qu'on cherche avec la ZFE. Mais pour cela il faut un peu de temps. »

Pour l'achat des véhicules propres, malgré les aides, il y a un « reste à payer » qui peut freiner le changement, notamment pour les revenus les plus faibles. « Nous allons poursuivre les démarches avec le Gouvernement pour affiner le reste à payer et savoir quelles modalités ils souhaitent mettre en place », affirme Patrick Ollier. Avec tout de même quelques idées.
« Le prêt à taux zéro garanti par l'Etat pourrait être une solution », avance Daniel Guiraud.

Les effets de la pollution sur la santé

Le docteur Ludovic Toro, président de l'Organisme régional de la santé (ORS), souligne les effets néfastes de la pollution de l'air sur l'organisme. Reprenant l'exemple de la cigarette, il expose ce constat dramatique : « on peut arrêter de fumer mais on ne peut pas arrêter de respirer ». Selon lui, 8,8 millions de décès seraient liés à la pollution dans le monde contre 7,2 millions pour le tabac.

« Il faut surtout agir. En 2013, l'OMS déclarait la pollution atmosphérique comme agent cancérogène. Et depuis, aucune mesure efficace n'a été prise », regrette le président de l'ORS. Et il n'est pas le seul. 140 000 signataires, médecins et scientifiques, se sont associés pour dénoncer les effets de la pollution de l'air, dans une tribune du Monde, qui serait responsable de 60 000 décès par an en France.

Elle touche également les plus jeunes. « Aujourd'hui un enfant qui nait a déjà dans son corps des polluants. Ils sont véhiculés par sa mère pendant neuf mois », explique Ludovic Toro.

Ces polluants les plus néfastes sont en fait des particules fines qui ont la faculté de pénétrer beaucoup plus facilement dans l'organisme et bouchent les artères.

« Il y a des cas d'infarctus chez des gens de plus en plus jeunes, qui n'ont jamais fumé mais respirent ces micros particules », fait remarquer le médecin.

Plus surprenant, dans les cas d'Alzheimer on parlerait aussi d'une possible implication de ces particules fines.

« Ce que fait la MGP est enfin un geste qui améliorera la santé de ses habitants », conclut le docteur Toro. « Si on ne bouge pas, on est dans une position de non-assistance à personne en danger. » Et au regard des récents événements, la justice pourrait bien s'en mêler.






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