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La lutte numérique contre les inégalités sociales

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La lutte numérique contre les inégalités sociales
© A.P. - Lucas Jakubowicz (animateur), Angelina Lamy, Jean-Christophe Arnauné, Juliette Jarry et Laëtitia Houdard.

Le second jour de l'Université du numérique du Medef, les intervenants de la dernière conférence se sont penchés sur le numérique comme facteur d'inclusion ou d'exclusion.

Angelina Lamy, déléguée générale de la Fondation Accenture, Jean-Christophe Arnauné, directeur d'Acces – Inclusive Tech, Laëtitia Houdard, team player chez MySezame et Juliette Jarry, vice-présidente déléguée au numérique à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ont tenté de répondre à la question complexe « Le numérique pourra-t-il unir le patchwork social français ? ».

Il s'agissait de comprendre comment, au-delà des infrastructures, assurer à tous les citoyens des compétences numériques élémentaires, afin d'éviter la « fracture numérique ». Les intervenants ont ainsi présenté différents projets permettant de former et d'inclure les jeunes, les seniors, les femmes et les populations les plus éloignées du numérique.

Le numérique au service de l'égalité

Pour Angelina Lamy, le numérique peut constituer un facteur d'exclusion. Elle a notamment rappelé que 13 millions de Français sont en difficulté avec le numérique. Néanmoins, le numérique comporte un fort potentiel d'inclusion.

« Le numérique, par définition, n'a pas de frontière. C'est un puissant levier d'insertion », déclare la déléguée générale d'Accenture.

Elle en est persuadée : le numérique peut rétablir une forme d'égalité. En effet, une formation au numérique peut donner des compétences communes aux actifs, et aux personnes en recherche d'emploi, permettant une certaine homogénéité. Pour Angelina Lamy, le numérique peut être un solide facteur d'inclusion, selon la façon et le stade à partir duquel on l'absorbe.

Mouvements associatifs, sociétés publiques ou privées, start-up, nombreux sont les acteurs, comme Emmaüs Connect, qui forment les populations aux nouvelles techniques du numérique. L'objectif est de garantir à tous un accès à, au moins, une partie des outils actuels. Laëtitia Houdart a précisé que parmi ces 13 millions de personnes en difficulté avec le numérique, sont compris neuf millions de concitoyens qui n'ont pas les moyens financiers d'accéder au numérique.

Les intervenants ont débattu des enjeux sociaux du numérique. © A.P.

Elle souligne que ces neuf millions de personnes souffrent de ce que l'on appelle une « double peine ». Le numérique étant présent dans toutes les facettes de la vie quotidienne, ces Français isolés n'ont pas accès aux services devenus entièrement numériques. Et ces personnes n'ont pas non plus accès aux services numériques permettant d'améliorer le quotidien.

Il existe, par exemple, des applications dédiées à la formation pour une meilleure gestion de budget. L'idée est d'utiliser le numérique pour permettre au plus grand nombre d'avoir une situation financière convenable et éviter ainsi un "patchwork social".

Enfin, cette conférence a été l'occasion de mettre en lumière une réalité : seulement 28 % de femmes dans le secteur du numérique en France. Il faut donc travailler sur ce point dans l'avenir, afin de faire en sorte que les femmes se sentent plus concernées.

La question de l'acculturation au numérique

Une multitude d'initiatives, locales ou d'envergure nationale, sont mises en place afin de faire connaître, mais également de former à l'utilisation du numérique. L'acculturation au numérique peut prendre diverses formes.

Juliette Jarry a notamment présenté l'exposition itinérante dans des lycées de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Car, si les jeunes sont nés avec le numérique, il faut néanmoins les éduquer à une bonne utilisation. La question des données est ici primordiale, l'exposition sert à leur expliquer que leur identité numérique peut avoir des impacts sur leur vie professionnelle future.

Une formation au numérique doit également être dispensée aux personnes éloignées du numérique (migrants, chômeurs, travailleurs handicapés, etc.) afin d'éviter toute marginalisation. C'est la mission sociale que se donnent aujourd'hui les « entreprises tremplins sur les métiers du numérique ».

Jean-Christophe Arnauné a présenté Acces-Inclusive Tech durant cette dernière conférence de l'Université du numérique. Cette entreprise d'insertion du Groupe Ares dédiée aux métiers du numérique, qui opère en Seine-Saint-Denis, reçoit des personnes en difficulté pour une durée limitée (maximum deux ans), afin de leur enseigner les rudiments du digital et de leur assurer un emploi pérenne ou une formation professionnelle.

La motivation des candidats est cruciale, mais pas seulement. Pour intégrer les équipes d'Acces, il faut passer un processus de recrutement « à 360° », durant lequel différents critères sont pris en compte (sociaux, RH...). Cette entreprise s'inscrit dans une perspective d'inclusion sociale, tout en proposant la réalisation de missions de qualité. Angelina Lamy a d'ailleurs confirmé qu'Accenture était satisfaite par les missions réalisées au sein de la fondation.

Pour clôturer cette Université du numérique, Geoffroy Roux de Bézieux (photo ci-dessus) a rappelé à l'ensemble des participants que le numérique constituait une «révolution de temps long», et que les choses devaient donc être mises en perspective.

Selon le vice-président délégué du Medef, chacun doit « accepter sa propre obsolescence », le numérique nécessitant une formation « tout au long de la vie ».

Le Campus Région du numérique

Ouvert en septembre 2017, le Campus Région du numérique réunit sept écoles et 16 formations au cœur de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette « petite sœur de l'école 42 » lancée par Xavier Niel accueille 500 étudiants, formés à différents
métiers du numérique. Ce projet a vu le jour grâce à une forte implication de la région Auvergne-
Rhône-Alpes, qui finance à 70 % le campus.

Le Campus est situé à Lyon, mais des formations sont dispensées sur l'ensemble de la région. Il est ouvert 24h/24, tous les jours de la semaine, et
364 jours par an. L'objectif est d'en faire un hub du numérique, comme l'explique Juliette Jarry, vice-présidente déléguée au numérique à la
Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Des formations initiales et continues sont proposées, pour former massivement les jeunes bacheliers, ou les jeunes en décrochage scolaire. Les profils sont donc divers, l'âge des étudiants étant compris entre 18 et 30 ans. Les premières promotions seront bientôt diplômées, si elles ne sont pas recrutées par les entreprises durant l'année.




Anne MOREAUX
Journaliste

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