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La grève aura-t-elle des conséquences sur les mobilités ?

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

La grève aura-t-elle des conséquences sur les mobilités ?
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à la suite d'une grève inédite dans les transports, le bureau de recherche 6t livre les résultats d'une enquête sur ce qu'ont été les mobilités des Parisiens durant cette période délicate. Des mobilités qui perdureront à l'avenir ? Les modes qui ont le plus progressés (co-voiturage et marche à pied) ne sont pas nécessairement annoncés par les usagers comme ceux qui perdureront le plus (le vélo).

C'est un épisode de grève sans précédent qui a clôt 2019 et ouvert 2020 en région Île-de-France. Le mouvement illimité ouvert le 5 décembre aura duré 47 jours, loin, très loin devant la référence 1995 et ses 22 jours. Cette grève a-t-elle été pour de nombreux franciliens l'occasion d'explorer de nouvelles mobilités ? Des explorations qui auraient induit des changements durables dans les choix modaux ? Une étude récente menée par 6t, bureau de recherche indépendant spécialisé dans les mobilités et les modes de vie, et sponsorisée par Cityscoot, Communauto et Virtuo, se saisit de cette question. Un questionnaire a ainsi été administré à
1 062 actifs franciliens, représentatif de la population selon le sexe, l'âge et la catégorie socio-professionnelle pour avoir des données. Notons qu'il concerne la journée du 9 décembre, plutôt en début de grève donc, mais à un moment où le télétravail connaissait ses premières limites, et avant les vacances scolaires. Une étude complémentaire sur l'ensemble de la période serait intéressante.

Qui a été le plus touché ?

Le 9 décembre dernier, 72 % des actifs se sont déplacés pour aller travailler. En moyenne, la durée des trajets a augmenté de 58 % (22 minutes de plus en moyenne), mais pour 27 % des usagers, le temps de trajet a été multiplié au moins par deux.

Ce sont les résidents de la petite couronne, d'après ce qui transparaît des résultats de l'enquête, qui ont connu les difficultés les plus importantes. Ils sont en effet les plus dépendants des transports en commun car il leur est plus compliqué d'utiliser la marche par rapport aux Parisiens et la voiture par rapport aux habitants de grande couronne.

Il ne surprendra personne que ce sont aussi les trajets longs qui ont été le plus au cœur des difficultés. La moitié des trajets supérieurs à une heure habituellement ont vu leur durée augmenter de plus de 50 %. 75 % des trajets de moins de 15 minutes n'ont pas été plus longs que d'habitude.

Quels modes de transport ont le plus progressé ?

L'ordre du podium a de quoi surprendre. Le mode de transport qui enregistre la progression la plus importante est le covoiturage, passé de presque rien en temps normal à près de 4 % des modes utilisés pour se rendre au travail. « C'est plutôt du co-voiturage informel », précise Nicolas Louvet, directeur de 6t devant les caméras de Parigo. « On a co-voituré avec son voisin ou avec son collègue. Il sera difficile que cette percée perdure sans plateforme structurante ».

La marche a, elle, vu sa part multipliée par deux (de 9 % à 18 %). « La ville de surface, on ne la connaît pas bien quand des transports souterrains existent. C'est intéressant que la marche se développe pour désaturer les centres urbains », ajoute-t-il.

Le vélo est donc loin d'être le grand gagnant, passant de 4 % à 6 % (+50 %), de part modale. L'enquête ne compte même pas assez d'utilisateurs pour faire analyse spécifique selon s'il s'agit de propriétaires de vélo ou d'usagers de services partagés type Velib'.

Quels nouveaux usages pourraient perdurer ?

S'il n'enregistre que la troisième progression, le vélo est toutefois le mode pour lequel le plus de gens qui l'ont découvert pour la première fois ont envie d'y retourner et de l'utiliser. 59 % de ceux qui n'avaient jamais utilisé le vélo pour aller travailler disent qu'ils vont continuer à le faire (ils le disaient, du moins, le 9 décembre), contre seulement 35 % de ceux qui découvraient le co-voiturage, et 22 % des premiers marcheurs, ses deux poursuivants dans ce classement spécifique.

Le 9 décembre, ils n'étaient que 31 % dans les transports en commun parmi les personnes se rendant au travail (contre 52 % en temps ordinaire). La voiture avait, elle, connu une progression de 15 % (de 31 % à 36 % des migrants pendulaires).

De belles découvertes ?

Au total 19 % ont utilisé un mode de transport qu'ils n'avaient jamais utilisé pour se rendre au travail. Si les temps de trajet ont en moyenne augmenté, l'étude révèle toutefois que 4 % des Franciliens ont découvert un mode de déplacement plus rapide, et 29 % une alternance aussi rapide, ce qui n'est pas négligeable. De là à conclure que la grève aura un impact durable sur les comportements des Franciliennes et Franciliens ? « Rien ne permet de dire que la grève va radicalement changer les mobilités. On a beau critiqué les transports en commun en Île-de-France, ils sont quand même de grande qualité », conclut Nicolas Louvet.




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