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La France redoute une nouvelle hausse de l'euro

La France, encore confrontée à un déficit commercial abyssal, redoute que la montée de l'euro ne vienne réduire à néant ses efforts de compétitivité, mais la valeur optimale de la monnaie unique varie selon les pays en raison des divergences au sein de la zone euro.
La France redoute une nouvelle hausse de l'euro
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Le niveau de la monnaie européenne donne lieu à un débat, qui tourne au dialogue de sourds entre Paris et Berlin, avec la Banque centrale européenne (BCE) en juge de paix. L'euro est "peut-être trop fort à certains égards", a estimé le ministre des Finances, Pierre Moscovici, inquiet pour les exportations hexagonales. Il "n'est pas surévalué" si on s'en tient à une "comparaison historique", a rétorqué le gouvernement allemand.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a semblé donner raison à l'Allemagne en affirmant que le niveau de la monnaie unique était proche de sa moyenne de long terme.

L'euro tourne actuellement autour de 1,35 dollar, après avoir touché un sommet depuis 14 mois, à 1,3711 dollar. L'été dernier, il était environ 11% moins cher, autour de 1,22 dollar.
Depuis ses origines en 1999, l'euro a varié de 0,82 à 1,60 dollar.

Pierre Moscovici lui-même reconnaît que les économistes sont "partagés" sur le fait de savoir si "l'euro est ou non surévalué". En fait, le niveau optimal d'une devise dépend du contexte économique. Selon une étude de Morgan Stanley, la "juste valeur" de la monnaie européenne est de 1,33 dollar, tandis que Gilles Moëc, chef économiste de Deutsche Bank, fixe aujourd'hui à 1,37 dollar le "seuil de douleur" au-delà duquel la zone euro risque de perdre en compétitivité.

Mais il s'agit de références globales. C'est tout le problème de l'Union économique et monétaire (UEM), une zone monétaire aux réalités très disparates, surtout en phase de crise.
Ainsi, l'Allemagne peut supporter un euro valant 1,53 dollar selon les calculs de Morgan Stanley, voire jusqu'à 1,94 dollar d'après Deutsche Bank, tandis que la compétitivité française commence à pâtir lorsque sa monnaie dépasse 1,23 dollar. L'Italie est en position encore plus délicate et la Grèce souffre dès que l'euro s'échange contre 1,07 dollar ou plus.

Paris estime d'ailleurs que si la devise européenne reste à son niveau actuel sur la durée, cela risque de coûter à sa croissance déjà atone 0,3 point de pourcentage.

D'où la difficulté d'établir une politique de changes qui convienne à l'ensemble des 17 Etats de l'UEM. Pire, selon l'ex-industriel Louis Gallois, auteur d'un rapport sur la compétitivité pour le gouvernement français, l'euro fort est "un élément de divergence et de dissolution de la solidarité industrielle européenne".

En effet, explique-t-il, les pays comme l'Allemagne, qui ont fait le pari de la qualité et peuvent fixer leurs prix sur les marchés étrangers, "ont bénéficié d'un euro fort qui réduisait le coût de leurs importations sans faire souffrir leur exportations". En revanche, "les pays exposés à la compétition par les prix --la France en fait partie-- ont vu leur compétitivité durement remise en cause" par l'appréciation de la monnaie.

Pour Louis Gallois, "l'euro fort renforce les forts et affaiblit les faibles".

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