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La crise sanitaire pèse lourdement sur les comptes de la SNCF

Touchée successivement par la grève contre la réforme des retraites et la crise du coronavirus, la SNCF a subi une lourde perte au premier semestre, jouant aux équilibristes entre incertitudes et « reconquête » des passagers en attendant une aide de l'État.
La crise sanitaire pèse lourdement sur les comptes de la SNCF
DR - Le chiffre d'affaires de la SNCF a reculé de 21 % à 14,1 milliards d'euros au premier semestre.

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Le groupe public a publié une perte nette de 2,4 milliards d'euros, contre un modeste bénéfice net de 20 millions sur les six premiers mois de 2019. En effet, la grève en décembre et janvier lui a fait perdre 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, avant que le coronavirus ne mette quasiment ses TGV à l'arrêt au printemps.

Le chiffre d'affaires de la SNCF a reculé de 21 % à 14,1 milliards d'euros au premier semestre. Le manque à gagner dû à la fin de la grève en janvier est presque négligeable (275 millions) par rapport au trou creusé par la crise sanitaire (3,9 milliards).

Si Geodis (logistique) a résisté avec un chiffre d'affaires en très légère progression de 0,3 %, les autres composantes du groupe public ont vu fondre leurs revenus: -37 % pour SNCF Voyageurs (TGV, TER et banlieue parisienne), -12 % pour Keolis (transports publics), -20 % pour le fret et -20 % pour SNCF Réseau.

La grève, la crise sanitaire et le confinement ont fait baisser la fréquentation de 50 % dans les TER par rapport au premier semestre 2019, et de 55 % dans les TGV dont la SNCF tire habituellement ses bénéfices.

Pour limiter les dégâts, la direction a lancé un « plan d'action exceptionnel et volontariste » pour dégager 1,8 milliard d'euros d'économies sur l'année (dont 1,1 milliard sur le premier semestre). Ce plan comprend notamment des mesures pour réduire les coûts « sans toucher à l'effectif de production », de même que le report ou l'abandon de certains projets.

Plan de reconquête

Le groupe a renoncé à environ 10 % des 5 milliards d'investissements qu'il devait autofinancer cette année et a été obligée de « brûler du cash à hauteur de 2,8 milliards » d'euros sur le semestre. D'où un alourdissement de la dette, qui a augmenté de 3 milliards d'euros à 38,3 milliards au 30 juin.

L'État en avait tout juste repris 25 milliards au 1er janvier. La SNCF va continuer à serrer les boulons, être « très sélective » sur les investissements et dorloter sa trésorerie, « sans que ce soit au détriment de tout ce qui est essentiel, urgent et indispensable à l'exploitation ferroviaire ».

La SNCF a lancé un « plan d'action commerciale » avec des petits prix « pour faire revenir le loisir dans le TGV », de même qu'elle s'est associée aux régions pour promouvoir les TER.

« La reconquête des voyageurs d'affaires va être une de nos cibles à la rentrée » avec en particulier des offres pour les voyages occasionnels, pour ceux qui prennent moins le train à cause du télétravail, a poursuivi M. Trévisani. La SNCF va également s'intéresser au fret ferroviaire, dans le cadre du plan de soutien que prépare le Gouvernement.

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