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Précarité la crise a accentué les problématiques sociales dans la capitale

Un an et demi après le début de la crise sanitaire, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a publié les résultats de son enquête concernant l’impact social de la crise sanitaire.
la crise a accentué les problématiques sociales dans la capitale
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Au début de l’année 2021, une démarche d’observation des impacts sociaux de la crise à Paris a été engagée dans le but d’analyser, d’anticiper et de coordonner les réponses sociales sur le territoire parisien. Cette démarche mise en place par l’Apur a pour objectif d’aider les services de la Ville de Paris pour qu’ils puissent disposer d’informations récentes et précises sur les effets sociaux de la crise. Pour cela, plusieurs associations ont été interrogées et l’enquête se base sur les résultats du questionnaire qui leur a été soumis au début de l’été. Tous types d’acteurs publics ou associatifs, quels que soient leur thématique et leur niveau d’intervention, pouvaient répondre à ce questionnaire anonyme d’une durée de 10 à 15 minutes. Il a ensuite fait l’objet d’un travail de rédaction conjoint, entre la Ville de Paris, la Caf, le Samu social et l’Atelier parisien d’urbanisme. Au total, 864 questionnaires ont été collectés et étudiés. Parmi les répondants, près d’un tiers (32 %) relève directement de la Ville de Paris. 

Ils appartiennent à plusieurs directions : majoritairement au Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP), que ce soit en établissements sociaux et médico-sociaux, en services de proximité ou en administration centrale, mais aussi à la Direction des familles et la petite enfance, à la Direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé (Dases), à la Direction de la démocratie, des citoyens et des territoires (DDCT) ou encore de la Direction des affaires culturelles (Dac). Autre donnée importante, trois répondants sur quatre interviennent de façon quotidienne, en lien direct avec les publics concernés par les effets sociaux de la crise sanitaire.

Pour près d’un répondant sur deux (46 %), les effets sociaux de la crise sanitaire sont déjà perceptibles et mesurables, seuls 8 % estiment que la crise est à venir et qu’on n’en mesure pas encore l’ampleur. Parmi les effets observés, les acteurs sociaux notent une crise de l’emploi, une augmentation des situations d’isolement, d’anxiété chez les personnes en situation de précarité, un accès plus difficile aux aides sociales et aux services sociaux…

Différentes inégalités selon le type de public

La suite du questionnaire proposé s’intéressait à l’impact de la crise en fonction des publics. Pour la moitié des répondants (51 %), les adultes isolés sont les plus impactés. Viennent ensuite, les responsables de famille monoparentale (46 %) et les seniors (38 %). Environ trois répondants sur dix mettent en avant l’impact des bouleversements sociaux sur les étudiants (32 %), les couples avec enfants (30 %), les enfants/mineurs (29 %) et les personnes en situation de handicap (28 %). Les jeunes non-étudiants, sont évoqués par un répondant sur quatre. Les couples sans enfants sont moins souvent cités
(14 %). Les impacts les plus régulièrement soulevés, sont l’isolement et la perte de lien social. Viennent ensuite les difficultés liées à la scolarité, à la garde d’enfants, ainsi qu’à l’augmentation de la précarisation des publics déjà en difficulté avant le début de la crise sanitaire.

A l’inverse des catégories précédemment évoquées, les commerçants, artisans et salariés en CDD à temps complet sont moins souvent évoqués. Parmi les « autres » réponses (11 %) à la question portant sur la situation professionnelle, on peut évoquer les profils suivants qui ont été cités : les personnes retraitées, les personnes en intérim, les personnes en situation de handicap titulaires de l’AAH, les allocataires RSA, les personnes à la rue, les personnes
« sans statut » ou sans autorisation de travail, les personnes en attente de leurs droits. 

De nouveaux besoins nécessaires

La crise sanitaire a fait émerger de nouvelles problématiques et avec elles, de nouveaux besoins sont désormais nécessaires, notamment pour les personnes précaires. Interrogés sur les besoins des personnes qu’ils accompagnent, 40 % des répondants estiment que les besoins des publics ont très clairement changé et 32 % remarquent qu’ils ont changé de façon limitée. Seuls 14 % ont le sentiment qu’ils n’ont pas réellement changé. Pour l’écrasante majorité des sondés (78 %), les besoins sanitaires et liés aux fragilités psychologiques des personnes ont été multipliés par la crise sanitaire. Arrivent ensuite le besoin d’un renforcement d’une facilitation des démarches pour l’accès aux droits (56 %), les sondés estiment également qu’il faut augmenter la vigilance sur les budgets des familles.

Enfin, les besoins en aides financières sont également évoqués par les sondés. Ces derniers ont notamment observé une fragilisation du budget des ménages. Les écarts entre les champs d’intervention prioritaires évoqués par les répondants demeurent toutefois limités, ce qui témoigne du fait que les répondants jugent finalement que de nombreux champs du social sont à renforcer. Les retours textuels font ainsi état de besoins humains importants pour répondre de façon globale aux besoins des personnes en situation de fragilité et/ou de précarité.

Globalement, ce que l’étude met en avant est une augmentation de l’isolement des personnes ainsi qu’une accentuation des problématiques déjà présentes avant le début de la pandémie, au niveau social.

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