Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

La CPME Paris Île-de-France soutient les réalités de terrain

le - - Entreprise - Vie des entreprises

La CPME Paris Île-de-France soutient les réalités de terrain
@ DR

Le confinement et les fermetures imposées frappent les TPE-PME de plein fouet ; des entreprises qui, en Île-de-France, avaient déjà dû faire face à d'importants chocs sur leur activité au cours des 18 derniers mois. Comment les petits patrons font-ils face à la crise sanitaire ? Quelles sont leurs craintes et leurs attentes ? Eléments de réponse avec Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Île-de-France.

Affiches Parisiennes : La première semaine de ce que l'on n'ose nommer « confinement » vient de s'achever. La CPME a appelé au respect scrupuleux des consignes de sécurité édictée par le Gouvernement et les autorités sanitaires. Quels sont les premiers retours des patrons que vous représentez, notamment au sein de la cellule de crise que vous avez mise en place ?

Bernard Cohen-Hadad : Nous sommes de ces entrepreneurs qui prônent une responsabilité citoyenne des entreprises. Nous avons ainsi d'excellents retours des adhérents sur la volonté de ne pas amener de la difficulté dans une période extrêmement compliquée à la fois pour les entreprises et pour leurs collaborateurs. Nous avons fortement communiqué sur la disponibilité des équipes CPME Paris Île-de-France pour informer l'ensemble des entrepreneurs, adhérents ou pas, des mesures gouvernementales, régionales ou même municipales quand elles existent.

Les retours et les questions que l'on reçoit concernent, avant le « combien ? », le « comment faire ? ». Beaucoup d'annonces ont été faites sur le chômage partiel, le confinement, la capacité d'aller travailler, les réductions de charges et bien d'autres choses. Cependant, mettre tout cela en musique constitue une vraie problématique. Les textes viennent d'être ou vont être votés et il ne faudrait pas ajouter à une crise sanitaire une crise de confiance des entrepreneurs et une angoisse liée à une absence de réponses ou des promesses non tenues.

A.-P. : Quels sentiments vous paraissent pour l'heure dominants chez les patrons de TPE-PME ? De l'angoisse, du stress, de la résignation ?

B. C.-H. : Aujourd'hui, ce qui est plus fort que la crise sanitaire elle-même, ce sont les questions de la durée de confinement. Dans quelle mesure les entreprises vont-elles pouvoir tenir ? Quelles mesures seront effectivement mises en place pour répondre à la diversité des situations ? Car les situations ne sont pas homogènes. Dans les TPE-PME, il existe toute une mosaïque de situations individuelles. On essaie aujourd'hui de synthétiser les propositions faites aux différents échelons : Gouvernement, Région, préfectures, villes, Direccte. Comment répondre à des mesures globales dans des situations qui ne sont pas homogènes ?

A.-P. : Vous avez utilisé le mot « synthétiser ». C'est vrai que des dispositifs d'aide fleurissent d'un peu partout (Gouvernement, Région, Direccte…). La CPME appelle aussi à d'autres formes de solidarité, notamment auprès des bailleurs pour qu'il y ait un mois d'avril franc sur les loyers. Deux caractéristiques semblent se dégager de tout cela : des dispositifs très nombreux et qui se veulent généreux. Est-ce qu'ils vous semblent suffisamment lisibles et suffisants, même si vous nous dites que la question du « combien ? » n'est pas celle qui se pose pour l'heure ?

B. C.-H. : Pour ce qui est de notre appel pour un mois d'avril franc, c'est vrai qu'il y a des trous dans la raquette. Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a eu des annonces extrêmement fortes en moyens : 300 milliards, sans compter l'intervention des banques et des administrations. Ce qui importe aujourd'hui est que de faire en sorte que cet élan de solidarité des institutions se traduise dans une vraie opérativité des mesures sur les entreprises.

À la CPME, nous devons aussi être attentifs à faire remonter les demandes des adhérents qui ne sont pas uniquement financières. Nous avons, par exemple, la question des commandes. Après 18 mois de galère gilets jaunes et transport, une relance de l'activité avait été anticipée et des stocks avaient été constitués. Beaucoup s'aperçoivent qu'ils ne vendront jamais le leur, surtout quand les denrées sont périssables. Des magasins adhérents préparaient, par exemple, les chocolats de Pâques pour des particuliers et pour les commandes d'entreprises. Que faire aujourd'hui de ces stocks ? Les rembourser ? Les retourner ? Tout ceci est aussi valable, dans une autre mesure, pour l'habillement et la maroquinerie qui ont des dynamiques saisonnières. Faut-il attendre les prochains soldes ? Nous demandons aux entrepreneurs de faire chacun le point sur ce qu'il ne pourra pas écouler pour que l'on puisse envisager des aides avec nos partenaires financiers. Il s'agit de reporter des échéances, mais aussi d'en supprimer car, quand elles s'accumulent, on peut se retrouver dans des difficultés insurmontables. C'est aussi cela la réalité.

A.-P. : Les entreprises parisiennes encaissent un troisième choc en un laps de temps réduit après les mouvements sociaux des gilets jaunes et les grèves dans les transports, vous l'évoquiez. On parle des deux dernières crises comme celles pouvant renouveler durablement nos approches du travail, avec notamment l'avènement du travail à domicile. La CPME nationale publiait d'ailleurs récemment un kit du télétravail. Croyez-vous à ce renouvellement durable dans les PME parisiennes ?

B.C.-H. : La question n'est pas nouvelle. La CPME avait lancé sa réflexion « mieux vivre et mieux travailler ». Les nouvelles relations au travail, mais aussi les nouvelles façons de produire nous intéressent depuis plusieurs mois. Il faut bien se rendre compte que l'humain est la principale richesse et on le voit particulièrement dans cette crise sanitaire. C'est l'humain qu'il faut protéger, avec ses savoir-faire. Un chef d'entreprise doit aussi être en bonne santé, car c'est un capitaine d'équipe, surtout dans nos TPE-PME. C'est lui qui prend les risques, qui motive et sait s'entourer de collaborateurs responsables et disponibles.

Nous sommes donc dans une nouvelle façon de penser le travail et la production, avec une volonté de relocaliser un certain nombre de fabrications et d'avoir une moins grande dépendance envers un certain nombre de pays. Il ne faudrait toutefois pas faire un retour sur soi et mettre à bas la mondialisation, car s'isoler, c'est se priver d'une diffusion à l'international des bonnes pratiques et des produits de bonne qualité : il y a un équilibre à trouver. Il ne faudrait pas non plus que ce troisième choc sanitaire qui nous touche sonne le glas d'un certain nombre d'avancées sociétales que nous avons bâties et ce qui a été institutionnalisé avec les ordonnances travail ou la loi Pacte.

On ne peut pas non plus faire du télétravail pour tout : le rôle d'une entreprise est aussi de permettre aux collaborateurs de ne pas être isolés, de travailler ensemble. Pour trouver ce juste dosage, l'élément qui peut nous sauver est la révolution numérique qu'il nous faut domestiquer, que nous devons digérer dans les petites et moyennes entreprises pour valoriser de nouveaux process.

Les difficultés qui apparaissent doivent aussi nous amener à faire attention au monde proche et aux petits commerces qui nous entourent et que certains avaient tendance à oublier.

A.-P. : En somme, vous espérez aussi que cette crise fera naître un nouveau rapport à la proximité ?

B.C.-H. : On a une guerre sanitaire et il faut penser à dessiner une victoire qui ne soit pas une victoire à la Pyrrhus. Il faut sortir plus forts et plus grands, ce que le président de la République a dit lors de ses allocutions. Je ferai tout pour que le “pas comme avant” dont il parle, soit valorisé à travers tout ce que font les petits entrepreneurs et ce lien humain qualitatif que chacun peut avoir avec eux. J'espère que ce que nous vivons nous permettra de revenir à l'authentique de nos relations.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer